Industrie manufacturière : CIEL Textile se mesure aux milliardaires de la vente en ligne

Par Kamlesh Bhuckory O commentaire
Eric Dorchies.

Avec les ventes en ligne qui se sont enracinées dans les habitudes occidentales, les détaillants traditionnels sont déstabilisés. Leurs fournisseurs font maintenant face à des demandes plus contraignantes. L’industrie du textile n’est qu’au début d’un cycle de changement.

Sa fortune dépasse les 90 milliards de dollars, soit plus de six fois le Produit Intérieur Brut de Maurice. Si l’Américain Jezz Bezos est l’homme le plus riche aujourd’hui, c’est parce que sa compagnie, Amazon.com, est le premier site de vente en ligne au monde. Jack Ma, est, lui, le premier milliardaire chinois avec une fortune de quelque 40 milliards de dollars. Son business, alibaba.com, est un réseau d’entreprises de vente en ligne.

Le marché de l’habillement en Europe et aux États-Unis subit donc la loi de la révolution numérique. « Les nouveaux gagnants sont clairement les sites de vente en ligne, comme Amazon. Les détaillants traditionnels, qui représentent la grande majorité de notre clientèle, sont en position désavantageuse. Nous devons redéfinir notre future approche au marché et adapter notre offre aux nouvelles exigences »,  affirme Eric Dorchies, le nouveau Chief Operating Officer de CIEL Textile.

Le capital humain nécessaire

Dans un entretien accordé à CIEL Stories, journal d’entreprise de la holding CIEL Limited, Eric Dorchies ajoute de nouveaux éléments dans l’argumentaire à l’effet que l’industrie manufacturière locale, incluant le textile, évolue dans un environnement difficile. Les exportations mauriciennes ont chuté de Rs 544 millions au deuxième trimestre de 2017 comparées à la période similaire l’année dernière. CIEL Textile, premier opérateur dans l’habillement à Maurice avec des activités, en Asie et à Madagascar, a vu des profits après impôts de quelque Rs 110 millions pour les mois de juillet à septembre contre Rs 155,4 millions. Le chiffre d’affaires est en hausse, ayant atteint Rs 3,18 milliards.

« Nous sommes au début d’un changement majeur dans le mode d’opération de notre industrie. Quand les industries du textile et de l’habillement ont commencé à quitter l’Europe et les États-Unis pour des pays ayant un faible (coût de production) il y a 30 ans, l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement a été construit sur l’hypothèse que les détaillants sauront – six à neuf mois en avance – qu’est-ce qu’ils vendront dans leurs boutiques et qu'ils contacteront et ensuite ils rechercheront les meilleurs 'deals' pour l’approvisionnement », fait-il ressortir.

Avec une hausse dans la consommation au fil des années, une grande partie des habits a été achetée longtemps en avance. Elle a ensuite été distribuée dans les points de vente. Le client a payé le prix fort. Or, telle n’est plus le cas aujourd’hui. Les détaillants sont contraints de réduire leurs marges à travers des soldes pour écouler leur stock à rotation lente.

Ce faisant, les détaillants doivent s’assurer qu’ils ont les meilleurs produits. Les fournisseurs, à l’instar de CIEL Textile, devront opérer dans un délai réduit avec plus d’efficacité et de rapidité dans la prise de décision. « Je considère ces changements comme une grande opportunité pour CIEL Textile et nous avons une vision claire sur l’avenir », a précisé Eric Dorchies, tout en mettant l’accent sur le capital humain nécessaire pour déterminer les modèles opérationnels.