Husein Abdool Rahim : «Sundanum menaçait de me faire arrêter par la police»

Par Vel Moonien O commentaire
Husein Abdool Rahim

Le dénonciateur de Ravi Yerrigadoo affirme, cette fois, au Défi Quotidien qu’il n’y a jamais eu d’affaire de blanchiment impliquant Sylvio Sundanum, mais que l’idée a été suggérée par Roshi Bhadain auprès de Nad Sivaramen.

Nous ne vous promettons ni avocat, ni gîte, ni couvert. Dites-nous dans quelles circonstances avez-vous décidé de faire des révélations sur Ravi Yerrigadoo, Sylvio Sundanum et Dick Kwan Tat.
J’ai d’abord contacté Shakeel Mohamed - nous sommes « amis » sur Facebook - car Sylvio Sundanum menaçait de me faire arrêter par la police. Il m’a conseillé de me tourner vers Touria Prayag, rédactrice en chef de Weekly, qui, à son tour, m’a suggéré de rencontrer Nad Sivaramen.

Dès que Nad Sivaramen a vu le document signé par l’Attorney-General, il a appelé Shakeel Mohamed afin qu’il puisse m’assister dans une déposition à la commission anti-corruption (Icac). Shakeel Mohamed a dit qu’il allait le rappeler. Il ne l’a pas fait. Nad Sivaramen s’est alors tourné vers Roshi Bhadain, expliquant qu’il était le meilleur dans ce genre d’affaire.

Nad Sivaramen a expliqué à Roshi Bhadain qu’il avait devant lui, un garçon qui a une « bombe » pouvant faire tomber l’Attorney-General. Roshi Bhadain ne l’a pas cru et avait voulu voir le document. Nad Sivaramen, Yasin Denmamode et moi-même sommes partis au siège du Reform Party, à Quatre-Bornes, dans la nuit.

Que s’est-il passé ensuite ?
Quand Roshi Bhadain a eu le document et les manuscrits en main, il s’est esclaffé et a dit que j’ai effectivement une « bombe » en ma possession. Il a dit à Nad Sivaramen qu’il fallait que je jure un affidavit. Ils ont discuté d’un scénario susceptible de faire monter la mayonnaise.

C’est ainsi que l’idée d’évoquer un cas de blanchiment impliquant Sylvio Sundanum a germé. Moi, je ne cherchais simplement qu’une protection contre Sylvio Sundanum. Je n’étais même pas au courant que ces documents allaient faire tomber Ravi Yerrigadoo. L’express visait, lui, à fabriquer un scoop.

Qui a rédigé l’affidavit ?
Axcel Chenney et Yasin Denmamode chez Nad Sivaramen à Port Chambly. Ils semblaient contents d’être en présence d’un scoop qui allait faire tomber Ravi Yerrigadoo. Roshi Bhadain et Ashley Huranghee sont venus y animer des réunions.

Deux nuits de suite, ils m’ont séquestré. Ils m’ont interdit de sortir et d’entrer en contact avec d’autres journaux car ils voulaient l’exclusivité. Nad Sivaramen m’a donné à boire, à fumer et à manger.

Étaient-ils au courant de votre passé d’escroc et de beau parleur ?
Oui. Je leur ai tout déballé sur moi.

Venons-en à Bet365. Avez-vous volé l’argent de Sylvio Sundanum ? Quels documents sont vrais ? Lesquels sont faux ?
Sylvio Sundanum m’avait donné sa carte d’AfrAsia, afin de placer 10 000 euros sur son compte et le mien chez Bet365. Je ne l’ai pas volé. J’ai joué et j’ai tout perdu. Certains documents de Bet365 sont faux.

Vous avez misé ses 10 000 euros sans qu’il soit au courant ?
Oui. Il m’avait donné carte blanche pour parier.

Qu’en est-il des allégations de sextorsion portées contre vous par Joëlle Ah-Fat ?
Je ne sais pas qui est en train de lui monter la tête.

L’express peut aussi dire la même chose de vous. Qui vous monte la tête pour changer de version ?
Personne. Nad Sivaramen et Axcel Chenney m’ont laissé tomber. Dès que j’ai signé l’affidavit, ils n’ont plus répondu à mes appels.

Rien qu’à cause d’un manque d’attention, vous retournez votre veste ?
Ce n’est pas ça. Ils ont contribué à salir mon image. Ils m’ont utilisé pour faire tomber Ravi Yerrigadoo et m’ont jeté comme une chaussette sale. Les accusations de Joëlle Ah-Fat sont sans fondement.

Avez-vous demandé à votre petite-amie de faire du strip-tease pour d’autres hommes ? Avez-vous menacé de diffuser des photos intimes à sa famille ?
Elle n’a fait du strip-tease que pour moi. Elle l’a su par la suite. Elle m’a accompagné au siège de l’express.

Pourquoi avoir pris Rs 500 000 à Joëlle Ah-Fat pour payer un policier que vous avez escroqué ? Lui avez-vous montré un faux reçu de gains de 20 000 euros de Bet365 ?
C’est une affaire que je préfère ne pas évoquer.

Vous devez nous dire toute la vérité...
Les 20 000 euros, je les ai perdus au jeu. Quant à l’autre affaire, c’est une histoire d’amour qui a mal tourné. Je sortais avec la cousine du policier. Elle était victime d’un chantage. J’ai payé les Rs 500 000 à un maître-chanteur. 

Vous êtes souvent mêlés à des affaires de chantage, de piratage informatique et de faux documents. Est-ce une constante chez vous ? 
Pa kone kifer. Mo kwar mo trop zwe mo tro gayne. Je peux jouer une ou deux fois par mois.

Qu’en est-il des gains de 500 000 euros ?
J’ai reçu un faux mail m’annonçant que j’avais remporté cette somme.

Encore un faux ?
Pa koney… Kapav mo sans ki koumsa.

L’ex-de Hussein Abdool Rahim demande une protection policière

Malgré la déposition de Husein Abdool Rahim au Central Criminal Investigation Department (CCID), jeudi soir, il est loin d’être au bout de ses peines. Accusant Husein Abdool Rahim de sextorsion et d’escroquerie, la jeune femme s’est de nouveau rendue à la police mercredi. Accompagnée par  son avocat Deepak Ruthnah, elle a fait une déposition au poste de police de Terre-Rouge contre l’interessé, par mesure de précaution. Elle souligne qu’il était, jeudi matin, sur l’aire de stationnement du Jumbo de Riche-Terre lorsqu’elle a eu l’impression qu’elle était suivie.

Elle s’est, dit-elle, retournée et a alors vu Husein Abdool Rahim. Ce dernier se serait approché d’elle et aurait essayé de lui parler, mais elle aurait refusé. Elle a soutenu qu’elle n’avait rien dit à personne où elle se rendait. Elle soupçonne son ex-petit ami de l’avoir suivie. Elle en a informé son avocat. La jeune femme explique que Husein Abdool Rahim a déjà été violent envers elle dans le passé et qu’elle a peur pour sa sécurité.  Elle a réclamé une protection policière.