Giany Fokman, Project Manager : «Le secteur de la construction n’attire pas les jeunes»

By Leena Gooraya-Poligadoo O commentaire //
Giany Fokman

Diplômé en génie civil de l’université des Mascareignes et Project Manager, Giany Fokman soutient que les jeunes sont réticents à faire carrière dans la construction. Pourtant, dit-il, les potentiels sont énormes.

Vous avez fait vos études en génie civil à l’université des Mascareignes. En tant que professionnel dans le secteur de la construction, comment les choses évoluent-elles dans ce domaine ?
Depuis janvier, nous constatons une reprise au niveau du secteur. Pas mal de projets démarrent. Nous avons, par exemple, des chantiers de construction d’hôtels et des IRS. La relance économique y est aussi pour quelque chose. Au niveau des banques également, nous notons moins de réticences à accorder des prêts pour le secteur de la construction.

Quels sont les défis que devront relever les opérateurs cette année ?
Notre plus grosse contrainte est la main-d’œuvre locale, qui se fait de plus en plus rare. Le secteur de la construction n’attire pas les jeunes. C’est une des causes de la dévalorisation des métiers du bâtiment. Cependant, il faut tenir compte du fait que ces métiers nécessitent un réel savoir-faire.

Quelles sont les perspectives d’études dans le domaine de la construction et du bâtiment ?
Les perspectives d’études dans le domaine de la construction sont vastes. Nous avons le Quantity Surveying, qui concerne l’évaluation d’un projet de A à Z. Il y a le Land Surveying, relatif à l’étude topographique. L’architecture, la décoration intérieure et les études en génie civil sont autant de filières à privilégier pour trouver un emploi dans la construction. Durant mes études en génie civil, j’ai pu avoir des échanges avec des professionnels afin d’acquérir de l’expérience et être informé des perspectives de carrière. 

Quid des critères requis pour travailler dans le secteur ?
Le secteur de la construction requiert beaucoup de patience, de détermination et d’engagement. J’ai démarré en tant que technicien de terrain, puis j’ai gravi les échelons.

Quels sont les métiers porteurs de l’avenir ?
Je dirais architecte, ingénieur et paysagiste. Le paysage mauricien a besoin d’un remodelage. Il est important de planifier les constructions, car il y a eu trop de constructions sauvages. La tendance est le développement durable. Le génie civil aussi a toute son importance durant l’élaboration des projets.

La formation dans la construction figure dans le rapport des études prioritaires 2017-19 préconisées par la Tertiary Education Commission…
Ce rapport est intéressant et confirme notre constat sur le terrain. Il faut encourager les jeunes à opter pour les filières d’études dans la construction. La main-d’œuvre locale est importante. Les jeunes ont du potentiel et doivent avoir l’occasion de le prouver.