Éducation - Une mère : «Tous les enfants ne peuvent être dans la même classe»

Par Raj Bissessur O commentaire
élèves

Aucune réforme ne se fait sans polémique. Le lancement de la deuxième phase de la réforme éducative n’échappe pas à la règle. Explications.

Nashreen habite Baie-du-Tombeau. Son fils passe au secondaire cette année (Grade 7). En principe, il a obtenu une place dans un collège du Nord. Mais vu ses résultats (il a obtenu sept unités), la maman estime qu’il aurait dû obtenir un meilleur collège. Elle soutient que même le recteur de ce collège du Nord ne veut pas prendre son fils, estimant qu’il mérite mieux. « Ici, nous acceptons les élèves qui ont eu 17 ou 18 unités », lui a-t-il dit.

La maman approuve cette opinion. Elle s’insurge aussi contre le fait que le ministère de l’Éducation ne fasse aucune distinction entre un élève ayant décroché 75 points et un autre qui a obtenu entre 90 et 100 points et qu’il considère qu’ils doivent tous décrocher une unité.  « Le ministère doit comprendre qu’on ne peut classer ces deux élèves dans le même groupe. C’est encore plus injuste pour mon fils. Il a décroché sept unités. Il ne peut être dans la même classe qu’un élève qui a eu 17 unités.  Il faut revoir cette politique », dit-elle.

À l’heure où nous écrivions ces lignes, le fils de Nashreen était à la maison, n’ayant pas obtenu de collège. La mère ne sait plus quoi faire. Une situation que vivent d’autres parents.

Contacté par l’équipe d’Xplik ou K, Deenesh Seeharry, attaché de presse du ministère, a déclaré : « Je suggère à ces parents de se tourner vers le Directorate du secondaire du ministère, avec tous les documents requis pour que leur cas soit étudié. »

Casse-tête pour enseignants

« Cette différence de niveau entre élèves d’une même classe causera aussi des problèmes aux enseignants », estime Roshan Boodnah, président de la Government Secondary School Teachers Union. « Les autorités doivent trouver une solution », a-t-il affirmé à une de nos journalistes. 

Avec l’accent mis sur les Mixed Abilities dans la deuxième phase de la réforme éducative, tous les collèges ont accueilli des élèves aux capacités différentes, répartis selon les unités obtenues. Comme Nashreen, plusieurs parents insistent sur le fait qu’un enfant ayant décroché 75 points ne peut être placé dans la même classe que celui qui se rapproche des 100 points.

Mixed Abilities dans les collèges catholiques

Si certains craignent les problèmes que peuvent poser les Mixed Abilities, d’autres enseignants estiment, en revanche, que c’est une expérience enrichissante. C’est l’avis de Lysie Ribot, enseignante au collège Lorette de Quatre-Bornes et présidente de la Secondary and Preparatory School Teachers and Other Staff Union.

Elle souligne qu’il faut admettre que le niveau académique n’est pas uniforme. Que dans une classe de Mixed Abilities, il faut des compétences additionnelles, compétences qui font défaut actuellement, d’où la nécessité d’une formation adéquate. Elle explique que quand tous les élèves sont du même niveau dans une classe, leur progression est rapide et homogène. Par contre, quand une classe comporte des élèves aux compétences inégales, certains seront pénalisés par rapport à d’autres. Une situation qui crée inévitablement de la frustration. Rappelons que les Mixed Abilities sont une méthode appliquée dans les collèges catholiques depuis de longues années.