Diplôme : du plomb dans l’aile !

Par Shaffick Hamuth O commentaire

Le Premier ministre a, lors d’une récente fonction, fait la remarque que beaucoup de personnes sans diplômes appropriés deviennent journalistes. Or, le métier de journaliste a évolué depuis longtemps. Aujourd’hui, avec la technologie et les réseaux sociaux, on voit exploser le phénomène de « citizen journalism. »  À Maurice, des jeunes qui n’arrivent pas à trouver un emploi se font embaucher comme reporters. D’autres sont recrutés pour un traineeship dans le cadre du Youth Employment Programme.

Pour en revenir à la question de diplôme, fini le temps où une personne exerçait un métier qui correspondait exactement à sa filière d’études. Diplôme ne rime plus avec compétences. Et cumuler des diplômes ne veut pas dire acquérir de vraies compétences. À vrai dire, le diplôme n’est plus un sésame qui ouvre des portes.

Aujourd’hui, nous avons des gradués qui plantent des légumes, des médecins qui bossent dans des calls centres, des personnes sans aucun diplôme qui dirigent des grandes entreprises, etc. Si on fait le tour des organismes publics, on verra que, dans la plupart des cas, les qualifications que détiennent les personnes à leur tête ne sont pas en ligne avec leurs fonctions. Mais cela ne veut nullement dire qu’elles sont incapables de deliver. 

L’auteur de ces lignes, un économiste, est probablement le premier Mauricien à avoir eu un Master’s en Public Policy and Management de Londres, mais il n’est nullement impliqué dans la Public Policy. Narendra Modi, un Chai Walla, dirige une super puissance qui fait pâlir l’Occident. Dans le passé, une personne passait toute sa vie dans une seule fonction. Aujourd’hui, quelqu’un peut changer de boulot chaque année sans acquérir d’autres diplômes. Dans le monde du travail aujourd’hui, personne ne va prendre sa retraite dans le métier qu’il exerce en ce moment. Alors que les qualifications sont nécessaires pour se faire embaucher dans le secteur public, dans le privé, la dictature du diplôme est en passe de disparaître. Certains employeurs favorisent la compétence de l'individu plutôt que son diplôme.

La ténacité, le sens du business, l’art du management des équipes ne s'apprennent pas dans les livres. Les dirigeants d’entreprises, qui emploient des milliers de personnes, ont, pour la plupart, gravi les échelons en commençant à la base, ce qui leur a donné une vraie compréhension des réalités du terrain. Donc juger une personne à travers ses diplômes est un peu simpliste…