Live News

Décédée d’un cancer - Noellie Bactora : la maladie, la douleur et la morsure de rat

Noellie Bactora était très aimée de ses proches et son entourage.

La polémique enfle dans le sillage du décès de l’octogénaire. Patiente souffrant du cancer, elle est morte dans la nuit du dimanche 9 au lundi 10 avril. Le jour de ses obsèques, ses proches ont découvert une marque de morsure de rat sur sa joue.

Publicité

Elle n’était pas mariée, n’avait pas d’enfants. Mais qu’est-ce qu’elle était aimée par ses proches et son entourage. Le décès de Noellie Bactora, 89 ans, dans la nuit du dimanche 9 au lundi 10 avril, à l’hôpital Victoria, Candos, les a plongés dans une immense douleur. 

Cependant, à ce chagrin est venue se greffer une polémique. Une morsure de rat a été remarquée sur le visage de la défunte le jour de ses obsèques, le mardi 11 avril. Le ministère de la Santé a ouvert une enquête.

Cela faisait trois ans que Noellie Bactora souffrait d’un cancer. L’habitante de Florida Lane, à Résidence Vallijee, avait subi une opération du côlon mais son état de santé ne s’était guère amélioré. « Elle faisait le va-et-vient à l’hôpital », relate Jessy Louis, 72 ans, qui connaissait Noellie Bactora depuis 49 ans, suivant son mariage avec un neveu de la défunte.

Au cours de ces trois dernières années, Noellie Bactora a affronté la maladie avec courage et détermination, entourée de l’amour de ses proches et de son entourage. Ancienne employée de la compagnie Dry Cleaning et présidente d’un groupe de 3e âge à Résidence Vallijee, elle forçait le respect tant elle rayonnait de positivité. 

« Elle était une bonne vivante et croquait la vie à pleines dents. Elle était aimée de tous dans le voisinage. La joie de vivre émanait d’elle », confie Jessy Louis. 

Lorsque l’octogénaire n’était pas à l’hôpital mais chez elle, une de ses cousines, le fils de celle-ci et Jessy Louis s’occupaient d’elle. Son état de santé s’étant détérioré quelques jours avant son décès, elle avait dû être hospitalisée. « Elle avait été admise à l’hôpital Jeetoo, à Port-Louis avant d’être transférée au centre de santé de Carreau Laliane. Par la suite, elle a été admise à Candos », dit Jessy Louis. 

Depuis l’admission de Noellie Bactora à l’hôpital, elle lui rendait régulièrement visite. Elle s’y trouvait d’ailleurs la veille de sa mort. « Quand je suis allée la voir samedi, elle se portait mieux que d’habitude. Je lui ai nettoyé le visage. Il n’y avait aucune marque de morsure de rat. Je lui ai mis de la poudre. Même les infirmières la taquinaient et disaient que grand-mère était très chic et qu’elle allait partir au bal. Elle a ri. Je lui ai donné du lait à boire. Elle a bu et m’a dit que c’était bon. Elle parlait un peu plus que d’habitude. J’étais rassurée qu’elle se sente mieux », raconte Jessy Louis. 

Ce serait mentir si on disait que les infirmières n’ont pas pris soin d’elle. Au contraire, elles étaient dévouées et à son chevet»

Le lendemain, d’autres proches sont allés la voir. Encore une fois, il n’y avait aucune marque sur son visage. C’est dans la nuit de dimanche à lundi que la famille a été informée du décès de Noellie Bactora. Une compagnie de pompes funèbres a récupéré le corps le lendemain. 

Mardi, le cercueil de la défunte est arrivé chez elle à Résidence Vallijee. « C’est à ce moment-là que nous avons vu une bande sur son visage. Sur le coup, nous ne nous sommes pas posé de questions car c’était un moment difficile. Nous ne nous attendions pas à la perdre aussi subitement », soutient Jessy Louis. Noelli Bactora a été incinérée le mardi 11 avril à Cipaye-Brûlé à Vallée-des-Prêtres, comme elle le souhaitait.

C’est finalement quelques jours après que les proches de Noellie Bactora ont su qu’elle avait été mordue par un rat qui infecterait la salle où elle était admise. « Elle n’est pas morte à cause de la morsure. Elle souffrait de son cancer », précise Jessy Louis. D’ailleurs, ajoute-t-elle, « ce serait mentir si on disait que les infirmières n’ont pas pris soin d’elle. Au contraire, elles étaient dévouées et à son chevet ». 

La septuagénaire avance que la famille a souhaité alerter les autorités sur l’état insalubre des salles à l’hôpital Victoria. « Un rat a mordu Noellie. Demain cela peut être un autre patient et même un enfant. Il faut que les autorités prennent ce problème au sérieux et s’assurent qu’il y a plus de propreté et d’hygiène à l’hôpital », martèle-t-elle. Les proches sont d’avis qu’il est essentiel que le gouvernement prenne rapidement des mesures pour améliorer les conditions de soins de santé et garantir la sécurité des patients.

Selon Jessy Louis, la disparition de Noelli Bactora laisse un grand vide dans sa vie. « Sa disparition soudaine a créé un vide immense dans nos vies et dans nos cœurs. On doit maintenant faire face à la difficile tâche de surmonter cette perte et de continuer à vivre sans elle. Elle n’était pas mariée et n’avait pas d’enfant. Nous nous occupions d’elle pour qu’elle ne se sente pas seule. » La septuagénaire se remémore les bons souvenirs de la défunte, notamment la célébration de son anniversaire, le 20 novembre dernier. 

Danny, un voisin de Noelli Bactora, est lui aussi très attristé par son décès. Avant la maladie, elle aimait profiter de la vie, indique-t-il. « On a passé d’agréables moments à la mer, à l’hôtel. En tant que présidente d’un groupe de 3e âge de la localité, elle organisait plusieurs sorties », déclare-t-il.

Il révèle aussi que Noellie Bactora s’était occupée de lui quand il était petit. Quand elle est tombée malade, il se rendait souvent à son chevet. « J’allais la voir quand elle était de retour à la maison. Elle me disait qu’elle avait des douleurs et je massais ses pieds pour la soulager. Je ne m’attendais pas à la perdre aussi subitement… »

 

Notre service WhatsApp. Vous êtes témoins d`un événement d`actualité ou d`une scène insolite? Envoyez-nous vos photos ou vidéos sur le 5 259 82 00 !