Cécile Gobin : Vingt ans à chausser les pieds des dames

Par Mario Boutia O commentaire
Cécile Gobin

Malgré l’invasion des chaussures étrangères, Cécile Gobin continue tant bien que mal à fabriquer des chaussures pour dames dans son atelier à la route Nicolay, depuis une vingtaine d’années.

La naissance de son enfant  a fait son bonheur. «  C’est après sa naissance que j’ai eu une proposition de me joindre à une cordonnerie d’une personne, qui voulait mettre fin à ses activités. J’ai accepté même si j’étais une novice dans le domaine », confie Cécile.

C’est sur le tas qu’elle va s’initier à son nouveau métier. Elle apprend la coupe du tissu, cuir et autres parties d’une chaussure et leur assemblage. Avec patience, persévérance et  assiduité, elle va vite maîtriser l’art de la fabrication et la réparation des chaussures.

Quelque temps après s’être assurée qu’elle a maîtrisé tous les rouages du métier, le partenaire quitte l’atelier, laissant Cécile seule face à son destin. Un défi qu’elle va relever avec brio. Aujourd’hui, elle gère  Tina Unic Shoes, une petite entreprise qu’elle a fondée et elle fait tout pour la garder à flots malgré les difficultés.

Elle fabrique plusieurs modèles de chaussures, de sandalettes, de ballerines et de savates pour dames de tout âge ainsi que pour les enfants. Elle fabrique même des chaussures pour les nouvelles mariées et pour des personnes qui ont les pieds sensibles. Elle travaille aussi sur commande et d’après modèle.

À ce jour,  elle en  a produit au moins 500 modèles, les uns plus attrayants que les autres.  Tout est 100 % fait main.  Dans le temps, elle a même fabriqué ses propres talons, mais aujourd’hui elle a confié ce travail à un garçon qu’elle a formé. C’est seulement la couture qui est faite à la machine.

Pourquoi Cécile ne produit que des chaussures pour dames ? C’est plus pour une question de marketing. « Les dames changent de chaussures plus souvent que les hommes », dit-elle en riant. Ce n’est pas pour autant qu’elle pratique le prix fort. Ses chaussures sont de Rs 200 à monter.

Mais aujourd’hui, l’importance des chaussures importées est une menace pour la survie des cordonneries locales.

«  Les gens achètent de plus en plus de chaussures importées malgré qu’elles ne sont pas aussi solides que celles fabriquées localement. Si la tendance continue, plusieurs cordonniers seront contraints de fermer boutique », dit-elle.  Tout comme les autres cordonniers, elle est d’avis qu’il faut imposer une taxe sur les chaussures importées pour protéger l’industrie locale.

Dans le temps, Céline avait une petite entreprise qui employait une vingtaine de personnes, mais avec l’invasion des chaussures importées, elle a été contrainte de se séparer d’elles. Aujourd’hui, elle fabrique seule ses chaussures. Dépendant des modèles, elle peut fabriquer quatre paires par jour. Elle a aussi été contrainte de fermer ses magasins qui se trouvaient à la rue La Corderie et à Workshop, Port-Louis. Elle livrait même des chaussures dans des magasins mais, aujourd’hui, ce n’est plus le cas.  Elle souhaite relancer ses affaires et créer des emplois si la situation s’améliore. Mesdames, si vous êtes intéressées par les chaussures de Cécile, elle participe à une exposition-vente chaque premier lundi du mois à la rue du Vieux Conseil à Port-Louis. Elle participe aussi à des foires organisées par la SMEDA et le National Women Council.