Camp-Yoloff : une mère aveugle et dialysée jetée à la rue

Par Reshad Toorab O commentaire
Nureiza, Fazal et son fils

Une mère aveugle et sous traitement de dialyse est expulsée de sa maison avec sa famille. Ses effets et meubles sont jetés à la rue. Son époux lance un appel de détresse au public et aux autorités.

Moment de bouleversement pour la famille Beeharry. Nureiza (52 ans) souffre de plusieurs maladies. Également sous traitement de dialyse, elle est devenue aveugle en janvier 2016, après des complications liées à ses maladies.

Mariée et mère de deux enfants, Nureiza habitait rue Stevenson, à Camp-Yoloff. Hélas, depuis le samedi 7 octobre, la famille a dormi à la belle étoile, en raison de l’exécution d’un Eviction Order servie par la cour, en faveur de leur propriétaire.

Fazal (54 ans), l’époux de Nureiza, relate la misère que sa famille doit endurer. « Notre famille occupait ces lieux depuis 26 ans. Nous nous acquittions d’un loyer mensuel de Rs 2 000. Depuis un an, un litige nous opposait à notre propriétaire. Il nous a demandé d’évacuer les lieux. Le prétexte invoqué : la maison est délabrée, il doit la démolir pour en construire une autre. Une affaire a été déposée à la cour. L’instance judiciaire  nous a accordé un délai de six mois pour vider les lieux. Le dernier jour de ce moratoire était le 30 septembre dernier », concède ce père de famille désabusé.

« Il m’a été impossible de trouver une maison à louer avec un loyer modéré. Autre problème : mon épouse ne peut pas monter les escaliers. J’ai bien eu une proposition d’une maison à louer, mais elle est située à l’étage. Impossible d’y emménager, ma femme éprouve les plus grandes peines pour marcher et son traitement de dialyse la fatigue terriblement. Comment voulez-vous qu’elle monte des escaliers ? » argue Fazal.

Expulsé manu militari

Les effets dans la rue.

Ainsi, samedi vers 11 heures, c’est la catastrophe. La famille est évacuée des lieux manu militari. Elle n’a pas eu le temps d’emballer ses affaires. Un huissier s’est présenté, accompagné par des policiers et du propriétaire des lieux pour mettre à exécution l’avis d’expulsion.

Et Fazal d’ajouter : « Nous savions bien que nous devions partir, mais il était inutile de nous traiter comme des chiens. Les policiers n’ont eu aucune compassion à notre égard. Zot finn tir tou nou pake ek depoz zot kot gagne lor lari. Ils ont jeté des paquets contenant des objets fragiles, lesquels se sont brisés sous le choc. »

Plusieurs habitants de la localité et des voisins sont venus manifester leur sympathie à la famille qui ne sait plus où trouver un toit. L’événement le plus dur s’est produit le jour même de leur expulsion. Vers 13 heures, une ambulance de l’hôpital est venue récupérer Nureiza. Elle devait se rendre à hôpital pour sa session de dialyse.

« Contrairement à un patient normal, qui a besoin de beaucoup de repos quand elle revient exténuée de sa session de dialyse (qui laisse le patient comme demi-mort), ma femme n’a pas eu un instant de repos. Elle a passé la nuit à la belle étoile avec sa famille. Depuis dimanche, elle a pu trouver refuge chez sa mère, en attendant que nous trouvions une maison »,
explique Fazal.

L’époux lance un appel à Showkutally Soodhun, ministre du Logment et des Terres, , afin qu’il les aide à obtenir un toit décent. « Nous pouvons faire des sacrifices et payer jusqu’à Rs 4 000 de loyer, pour un logement situé au rez-de-chaussée. » Ceux et celles qui souhaitent aider cette famille à se trouver une maison peuvent appeler Fazal au 5 7648947 et notre rédaction au 2080662 ou  2071311.