Aquariophilie : Tabreze Roossaye, comme un poisson dans l’eau

Par Mario Boutia O commentaire
Tabreze Roossaye

Depuis que la naturaliste française Jeanne Villepreux-Power a crée le premier aquarium en 1832, l’aquariophilie a passionné des générations de petits et de grands à travers le monde. Un jeune Mauricien est devenu accro de ce loisir qui le rend heureux comme un poisson dans l’eau.

L’aquariophilie est le loisir qui consiste à s’occuper d’animaux et de plantes aquatiques dans un aquarium ou un étang en mettant en valeur l’aspect esthétique. Des poissons nourris en aquarium apportent un plus au décor de la maison et même des bureaux. Importés principalement d’Asie, les poissons d’aquarium sont vendus dans des boutiques spécialisées à travers le pays. Nous nous sommes rendus chez Apollo Self Service à Chemin Grenier, dont le gérant est Tabreze Roossaye. Plongée en aquarium.

La principale attraction est sans conteste l’Arowana argenté d’Asie. On l’appelle aussi poisson dragon. Datant de l’ère préhistorique, son berceau est en Amazonie mais on trouve aussi certains spécimens en Asie où  il est élevé dans des fermes sur une base commerciale. On ne le trouve plus à l’état sauvage, de nos jours.

L’Arowana est connu pour être un prédateur hors-pair dans le monde des poissons. On dit qu’il peut faire un saut de deux mètres pour attraper un insecte ou un oiseau posé sur une branche.

Poisson le plus cher au monde

Mais c’est aussi l’un des poissons les plus chers au monde. Selon Tabreze Roossaye, celui qui nage dans son aquarium vaut actuellement Rs 75 000. Il l’a acheté à Rs 1 200, il y a cinq ans. Durant cette période, sa taille est passée de 4 cm à 75 cm.  « À mesure qu’il grandit, je dois lui trouver un plus grand aquarium, d’ici quelques années, je vais le mettre carrément dans un bassin », dit-il. Il explique que dans son milieu naturel, ce poisson peut atteindre environ un mètre de long. Chez Tabreze, ce poisson carnivore se nourrit, entre autres, de poissons morts dans l’aquarium.

Il avance que dans certains pays, l’Arowana peut se vendre jusqu’à 100 000 euros. Pourquoi tant d’engouement pour ce poisson d’aquarium? Connu aussi comme le poisson-dragon dans le Feng Shui, on dit qu’il apporte abondance, richesse et prospérité à son propriétaire. Vous l’aurez compris : l’Arowana de Tabreze n’est pas à vendre.

On quitte la demeure de l’Arowana pour plonger dans  un autre aquarium où l’on trouve des koi, goldfish et d’autres espèces. On a sous nos yeux de petits poissons aux multiples couleurs allant de l’argenté au noir, en passant par l’orange, le blanc et le jaune. Un spectacle éblouissant qui inspire le calme et la sérénité. Tabreze nous explique que le goldfish et le koi ne sont pas de la même famille. Quand le goldfish grandit, il prend de la grosseur, tandis que le koi grandit en longueur, fait-il comprendre.

On apprend aussi que ces poissons d’aquarium sont fabriqués en laboratoire et qu’ils sont le produit de croisements de diverses espèces. Ils sont importés à Maurice par avion principalement des pays d’Asie. Tabreze achète ses poissons d’un importateur de Beau-Bassin.

Des aquariophiles du Sud y viennent non seulement pour acheter des poissons d’aquarium mais aussi de la nourriture et des gadgets pour leurs aquariums. Les prix des poissons varient selon leurs espèces. Par exemple, un japanese koi peut coûter entre Rs 50 et Rs 800.

Les clients viennent aussi pour des conseils, car Tabreze est un expert dans la culture de poissons d’aquarium. Une passion qu’il nourrit depuis sa tendre enfance. « Durant cette période hivernale, plusieurs personnes viennent me voir, car leurs poissons ne sont pas en pleine forme. Je leur conseille alors de mettre un système de chauffage dans leur aquarium, car les poissons souffrent du froid. Et ça marche », dit-il.

Mais le commerce des poissons n’est pas sans risque. Tabreze explique qu’il y a toujours la possibilité que les poissons nouvellement importés ne s’adaptent pas à leur nouvel environnement. « J’ai déjà perdu une centaine de poissons en un jour », nous dit-il. Mais sa passion pour l’aquariophilie transcende tous les risques.

Soulignons que cette petite entreprise ne propose pas que des espèces aquatiques. On peut aussi y trouver des tortues, des oiseaux ou encore des hamsters.