Après deux licenciements : Meesha devient marchand de noix de coco

Par Mario Boutia O commentaire
Meesha Fokeerbux

Meesha Fokeerbux a fini par reprendre le métier de son père : marchand de coco. Cela après avoir été licencié à deux reprises. Aujourd’hui, il se sent  bien dans sa peau.

Quoi de mieux que de se désaltérer avec une eau de coco bien fraîche quand on est accablé sous un soleil de plomb dans la capitale, en cette période estivale.  On se sent vraiment revigoré.   Si l’on est à proximité de la gare Victoria, à Port-Louis, on peut se rendre chez Meesha à la foire Decaën. On y trouve des cocos dont les prix varient entre Rs 25 et Rs 35 l’unité.  Un verre d'eau de coco est à Rs 12, alors que la pulpe se vend à Rs 10 le sachet. 

Sous cette chaleur estivale, nombreux sont ceux qui se pressent  pour étancher sa soif. Il ne suffit que quelques petites minutes au jeune vendeur de percer la noix de coco à l'aide d'un couteau, y introduire une paille, avant de servir la clientèle.

« C’est une question d'habitude », nous dit-il. 

C'est en novembre de l'année dernière que Meesha, 22 ans, s'est lancé dans le commerce de coco sur le conseil de son père, après avoir perdu son emploi en deux occasions pour  des raisons économiques.  « Travailler pour soi-même est plus gratifiant.  On ne vit plus dans la hantise de se retrouver au chômage du jour au lendemain, même si on doit faire des sacrifices » dit-il.

Au début, ce n'était guère facile. Habitant à Plaines des Roches, Rivière-du-Rempart, il faisait des kilomètres à motocyclette, à travers le pays pour acheter des noix de cocos chez des particuliers. « Ce n'était pas évident de les transporter à moto, mais il fallait le faire pour faire fructifier l’entreprise. Pas capave gagne tout lors plateau » explique-t-il. Ses efforts ont porté des fruits. Aujourd'hui, il dispose d'un fourgon pour transporter ses produits. Il loue aussi le service de personnes qui savent grimper aux cocotiers pour cueillir les noix de cocos.
Meesha commence à travailler à 9 heures du matin.  Il y restera aussi longtemps qu'il y a de la clientèle. Il explique que la vente est meilleure en été.

Il avoue qu'au début, sa tâche n’était pas facile, car il n'était pas habitué à travailler avec un public parfois exigeant. « Ce travail m'a appris la patience, même avec les clients les plus énervants » dit-il.

 Certes, c'est par la force des choses qu'il est devenu marchand, mais il ne le regrette pas. Son principal souci est de trouver un autre emplacement pour travailler, car le bruit court que les autorités vont déplacer les marchands de la foire Decaën, dans le sillage de l'introduction du Metro Express. « On ne peut empêcher le progrès, mais qu'on nous trouve une place où l’on peut continuer à gagner notre vie honnêtement » dit-il.