Allégation de négligence médicale : zones d’ombre sur les circonstances de la mort d’un sexagénaire

Par Reshad Toorab O commentaire
Premduth Dookhy

Premduth Dooky a poussé son dernier soupir, le vendredi 2 février, sur son lit d’hôpital. Selon ses proches, le sexagénaire a été admis à l’hôpital Dr A. G. Jeetoo, le 1er février au soir, souffrant d’étouffements. Ses proches estiment qu’il n’a pas reçu les soins nécessaires. Sa fille Sangeeta a porté plainte au poste de police d’Abercrombie le 7 février. Elle compte écrire au ministère de la Santé.

Chez la famille Dooky à Vallée-des-Prêtres, c’est un sentiment de révolte et d’incompréhension qui règne après le décès soudain de Premduth Dooky, âgé de 65 ans. Ce dernier ne s’étaitpas senti bien le jeudi 1er février au matin. « Il se sentait faible et nous l’avions conduit dans une clinique privée de la capitale. On lui a administré des traitements et on nous a dit qu’il avait contracté une gastroentérite. Dans l’après-midi, son état s’est détérioré. Nous l’avons ramené à la clinique. Zot finn donn li tretman e finn fer enne vaksin antigrip avek li. Li finn otorize al lakaz », raconte Sangeeta.

Selon ses dires, l’état de santé de son père ne s’est pas amélioré. Vers 19 heures, Premduth avait du mal à respirer, il manquait d’oxygène. Cette fois, les proches le conduisent à l’hôpital Dr A. G. Jeetoo. Auparavant, ils passent à la clinique privée pour obtenir un rapport des traitements reçus.

Eau dans les poumons ?

« Vers 23 heures, nous avions conduit mon père aux urgences de l’hôpital Jeetoo. Le médecin de service lui a prescrit une série d’examens : ECG, test du diabète, d’hypertension et une radiographie. Tout était normal, sauf qu’au département radiologie, le médecin nous a dit avoir remarqué peut-être la présence d’eau dans ses poumons. Il a référé mon père à un spécialiste. Faute de place, mon père a été admis au Transit Ward. Il souffrait de plus en plus et nous a dit qu’il n’arrivait plus à respirer. Il était environ minuit. Il est resté sans aucun soin médical », ajoute Sangeeta.

Les proches se sont rendus à l’hôpital vendredi matin. « Mon père était toujours souffrant, il se plaignait de ne pouvoir respirer. Aucun médecin n’est venu le voir », fustige Sangeeta qui dénonce l’attitude des médecins présents dans la salle ce jour-là. « Ti ena 10 dokter pe get pasian. Monn dir zot get mo papa li pas pe santi li bien. Zot dir non pa zot pasian sa. Pour moi, c’est un refus de porter assistance à une personne en danger », affirme la fille du défunt.

Spécialiste injoignable

Vers 10 heures, Premduth devait passer une écographie. Malheureusement, l’appareil est tombé en panne. C’est vers 14 h 20 qu’il a subi son échographie. « Nous avions pu contacter le médecin spécialiste qui était supposé voir mon père. Il est arrivé vers 14 h 40. Il n’a pas apprécié qu’on l’appelle sur son portable. Il nous a fait des reproches. Il a demandé de faire placer le patient à l’Intensive Care Unit sans même nous dire ce qu’il avait. Alors que l’on cherchait une place aux soins intensifs pour mon père, il est décédé vers 15 h 15. C’est alors que tous les docteurs ont accouru pour l’examiner », ajoute sa fille.

Sangeeta et ses proches indiquent qu’ils ne resteront pas les bras croisés. La famille lance un appel au ministre Anwar Husnoo pour qu’il prenne  en considération leur doléance, afin qu’un tel incident ne se reproduise pas. « Nous ne comprenons pas pourquoi aucune autopsie de mon père n’a été pratiquée. Un médecin a simplement noté sur le certificat médical qu’il est mort d’une ‘Severe Sepsis and Pneumonia’. »

Premduth laisse derrière lui une veuve de 55 ans, deux enfants et un petit-enfant. Il était un …ex-Attendant au ministère de la Santé. Ses funérailles et son incinération ont eu lieu le samedi 3 février.

Du côté du ministère de la Santé, on invite les proches de la victime à lui soumettre leur plainte par écrit, par la suite, une enquête sera ouverte pour faire la lumière sur cette affaire.