AAH Upholstery : le garnissage taillé sur mesure prend son envol

Par Kamlesh Bhuckory O commentaire
Le couple Anwar et Neloofar Himamalee.

Difficile pour une entreprise de se faire une place au soleil quand les produits importés ont les faveurs de la clientèle. AAH Upholstery semble faire exception à la règle en jouant sur la carte de l’originalité et, ce faisant, assure la survie du métier de garnissage.

Basée à Camp Chapelon, Pailles, l’entreprise amorce une phase cruciale depuis sa création, en juillet 2012. Elle compte s’installer dans ses propres locaux et doubler la production. Elle a ainsi entamé les démarches pour recruter de la main d’œuvre qualifiée de l’étranger. Et depuis fin septembre, AAH Upholstery est certifiée « Made in Moris », un label promu par l’Association of Mauritian Manufacturers.

AAH Upholstery est la vitrine d’une passion pour le garnissage. Qui dit garnissage dit travaux d’aménagement intérieur du véhicule, la confection de housses pour les sièges, de nouveaux revêtements pour sofas et poufs. C’est à ce talent – jadis présent dans chaque ville et village –qu’Anwar Himamalee, 36 ans, le fondateur de l’entreprise, compte redonner ses lettres de noblesse. Car, il est tombé dans ce monde dès l’âge de 16 ans, en tant qu’apprenti dans un atelier de garnissage, situé à la rue Brabant, dans la capitale. Son épouse, Neloofar Himamalee, directrice des ressources humaines, n’hésite pas une seconde pour mettre en évidence cet aspect.

« Il a quitté l’école et a cherché un emploi pour aider sa famille », fait-elle ressortir. « Mais il a cet ADN d’entrepreneuriat en lui. Il a toujours voulu se faire connaître et être respecté en tant que tel. Sa passion pour le métier aidant, il a voulu voler de ses propres ailes et il a fondé AAH Upholstery Limited. Au début, il a commencé par la fabrication de sofas pour des particuliers. Avec le business qui était sur la courbe ascendante, il a fait appel à son frère et ils se sont partagé les responsabilités. »

C’est au rez-de-chaussée d’un bâtiment où se trouve déjà un garage appartenant à un proche que tout se déroule. Dans cet espace restreint, production et administration se côtoyaient auparavant. Aujourd’hui, cette même superficie est dédiée exclusivement à l’administration et l’accueil des clients. L’atelier a pris place à l’étage du même bâtiment. En tout, on retrouve une quinzaine d’employés, dont quatre ouvriers du Bangladesh, car la disponibilité de la main-d’œuvre s’est faite de plus en plus rare. Au fil des années, un second frère d’Anwar Himamalee s’est joint à l’entreprise après ses études. De son côté, Neloofar Himamalee intègre l’équipe après ses études au Charles Telfair Institute.

« Nous offrons à nos clients du taillé sur mesure. Tout est dans l’attention à chaque détail dans la chaîne de fabrication. C’est ce qui fait notre force. Par exemple, quand une personne cherche une housse pour les sièges de son véhicule, nous lui offrons une matière et un design qui est en harmonie avec ce qu’il a déjà. Tout est inclus, allant de la coupe, la couture et l’installation. Or, quand on achète dans un magasin, il faut toujours chercher un artisan pour les fixer », précise Neloofar Himamalee.

Dans ce marché-niche, des surprises, l’entreprise en a connu beaucoup. Lors d’une exposition de ses produits à Bagatelle, relate la femme de l’entrepreneur, des personnes n’ont pas caché leur étonnement quant à la qualité de l’ouvrage. Certains comparent le travail à l’original provenant de l’étranger, ignorant que c’était du « Made in Mauritius ». Et ainsi, AAH Upholstery décide de se joindre au label « Made in Moris »

qui devait donner à l’entreprise un sceau de qualité. « C’est une opportunité pour l’entreprise d’être reconnue en tant que fabricant crédible et faisant partie d’un réseau reconnu et qui est dédié à des produits de qualité », dit-elle.

En attendant que l’entreprise occupe ses nouveaux bureaux, la direction est à la recherche d’ouvriers qualifiés. Le recrutement à Maurice étant une course perdue d’avance, c’est vers l’Asie ou Madagascar que se tourne la direction.

« Nous sommes à la recherche de perles rares », conclut Neloofar Himamalee.