Zul Ramiah : la voix de l’engagement élevée au rang de MSK
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Le Défi Quotidien
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De son vrai nom Jean-Georges Ramiah, l’artiste connu sous le nom de Zul Ramiah a été élevé au rang de Member of the Order of the Star and Key of the Indian Ocean (MSK). Cette distinction vient saluer une carrière entière dédiée à la chanson mauricienne. « C’est un honneur d’être récompensé pour ma contribution. Sans prétention, je pense avoir apporté ma pierre à l’édifice de la musique locale », confie l’artiste avec la simplicité qui le caractérise.
La passion de Zul Ramiah pour la musique remonte à son enfance, mais sa carrière prend véritablement son envol vers l’âge de 20 ans. Admirateur inconditionnel de Kishore Kumar, il commence par apprendre le répertoire indien sur le bout des doigts. « Je ne comprenais pas vraiment la langue hindi, mais j’adorais ces chansons. Je les apprenais phonétiquement pour les chanter avec un orchestre », se souvient-il.
Parallèlement à sa passion, il mène une carrière de fonctionnaire, débutant comme clerc pour terminer Office Supervisor à l’âge de 51 ans. C’est cette double vie qui va façonner son art. « J’étais dans la politique active, mais en tant que fonctionnaire, je ne pouvais pas m’exprimer librement. J’ai donc choisi de dire les choses à travers la chanson engagée », explique-t-il. Zul Ramiah a été l’un des acteurs majeurs de la scène musicale des années 70-80. Il débute au sein du Grup kiltirel IDP. Il participe également au mythique premier album du Grup Latanier, Krapo Kriye.
Son répertoire, riche d’une cinquantaine de chansons et de cinq albums, compte des titres forts tels que ‘Sirandann’, ‘Omaz Tou Bann Mama’, ‘Fer Atansyon’ ou encore ‘Bizin Sanzman. Pour lui, la musique a une mission noble : « Elle doit éveiller les consciences sur des valeurs comme la justice sociale, la fraternité, la solidarité et l’écologie. J’essaie de réconcilier le message et le divertissement. »
Ancien président de la Mauritius Society of Authors (MASA), Zul Ramiah a toujours lié son art à ses convictions. En 1982, il prête sa voix à une composition de Rama Poonoosamy, ‘Sanzman’. Des années plus tard, en 2005, ce morceau devient ‘Bizin sanzman’ pour porter les couleurs de l’Alliance sociale. S’il a longtemps milité au sein du MMM, il fait aujourd’hui partie du Parti travailliste.
Pourtant, il précise : « Je ne mettais pas en avant ma couleur politique dans mes chansons. Je parlais avant tout des problèmes de société, sans donner de mot d’ordre. » Au-delà de la politique, il est fier d’avoir contribué à l’acceptation du séga dans tous les foyers mauriciens. À une époque où ce rythme était parfois mis de côté, la chanson engagée a permis au séga de « rant dan lakaz dimounn » et de « gagner » ses lettres de noblesse.