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Zones inondables : ils vivent les pieds dans l’eau

De beaux appartements de la NHDC, mais construits au creux d’une pente, à Chebel.
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Rohit Ramkissoon a fait d’énormes pertes dans sa boutique populaire à Fond-du-Sac.

Avec la période des grosses averses, ils sont nombreux à craindre que leurs maisons soient inondées comme à chaque fois. Ces habitants de différentes régions de l’île se confient.

Il est tout nouveau tout beau le complexe de la National Housing Development Company à Chebel. Et pourtant, certains occupants ont perdu le sourire. Les appartements flambant neufs se trouvant dans la dernière rangée sont sujets à des problèmes d’accumulation d’eau.

Dominique Casse, garde-malade, n’en revient toujours pas. Elle a connu trois inondations en deux semaines. « J’habite l’appartement depuis juillet 2021 et jusqu’à décembre, je n’ai pas connu de grosses pluies. Mais le 26 décembre, c’était le déluge généralisé », raconte celle qui fait aussi du nettoyage à temps partiel. 

Sak fwa ki ena lapli, mo trakase parski mo fi’nn perdi boukou kitsoz…»

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Sevarah Kumar en a vu de toutes les couleurs, sa maison se situant plus bas que la route à Fond-du-Sac.

« L’eau est entrée par les portes de la cuisine et du salon. La moquette de ma chambre a été inondée et j’ai dû la jeter car elle était irrécupérable. Tir dilo ek ti lamok », poursuit Dominique Casse. Elle ajoute avoir perdu son matelas, des planchettes, son placard de cuisine et d’autres meubles en bois. 

Et rebelote les 6 et 8 janvier de cette année. « De nouveau, l’eau a inondé ma maison. » Dominique Casse dit avoir dû acheter une pompe pour évacuer l’eau de pluie. « Je ne peux m’absenter à chaque fois qu’il y a de la pluie car on me coupe ma journée. J’ai alerté la NHDC afin qu’elle me rembourse tout ce que j’ai perdu. »

Sa voisine d’à côté et celle d’en face abondent dans le même sens. Elles soutiennent que c’est le calvaire et la peur quand la météo annonce de grosses averses. Rosie Husson estime que c’est parce que les appartements sont construits dans un « ventre ». « Nous sommes au bas d’une pente et l’eau descend vers nous. À chaque fois qu’il pleut c’est le même problème et nous vivons dans la crainte parce que nous sommes dans une période de pluie. »

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Rosie Husson de la NHDC de Chebel.

À Résidence Sugar Planters à Pointe-aux-Sables, c’est un caniveau qui pose problème. Mélinda et Hortense Spéville aiment leur nouvelle maison « low cost » D’ailleurs, le couple a pu agrandir cette maisonnette de deux chambres et une cuisine. Mélinda nous montre le caniveau à quelques pas de chez elle. « Sak fwa gro lapli, kanal-la deborde e vinn ek nou. Nou finn bizin met enn beton ot pou ki dilo pa rantre. »

Nous sommes au bas d’une pente et l’eau descend vers nous. À chaque fois qu’il pleut c’est le même problème.»

Vis-à-vis c’est pire, parce que la maison se trouve à un niveau plus bas. Une dame âgée explique qu’elle se fait du souci à chaque grosse averse et craint les jours et semaines à venir si on annonce du mauvais temps.

Direction Fond-du-Sac. Rohit Ramkissoon, boutiquier connu de la région, déclare avoir fait d’énormes pertes à plusieurs reprises lorsque son commerce a été inondé par l’eau de pluie. « Dilo rantre koumadir larivyer, ziska six pie oterr. Tou mo bann prodwi perisab gate, mo bann meb ek vitrinn gagn bate. Tou fini, pa enn fwa, boukou boukou fwa », lance-t-il.

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Mélinda et Hortense dans leur petit cocon à Pointe-aux-Sables.

De guerre lasse que les autorités fassent la sourde oreille à ses nombreuses sollicitations, il interpelle le Premier ministre venu dans l’endroit. « Il a fallu que Pravind Jugnauth intervienne pour qu’un caniveau soit construit un peu plus loin pour canaliser toute l’eau qui sort des champs de canne. Les habitants d’ici et moi lui en sommes reconnaissants. » C’est plus exactement la compagnie Terra qui a construit le caniveau et un pont qui passe au-dessus, à la suite de quoi le problème a été résolu.

À 100 mètres de la boutique vit Sevarah Kumar, 40 ans. Sa maison se situe deux mètres plus bas que la route… En la visitant, on voit encore les traces qu’a laissées l’eau boueuse aux murs à trois pieds du sol. « Sak fwa ki ena lapli, mo trakase parski mo fi’nn perdi boukou kitsoz : larmwar, bife, lili, 3 TV mo fi’nn bizin zete, marb leve. »

Certes, depuis la construction du caniveau, « nou inpe trankil ». N’empêche, confie Sevarah Kumar, « kan ena gro lapli, mo trakase, mo viv dan laper mo dir ou ».

 

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