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Xinjiang Police Files : révélations sur la répression des Ouïghours par le régime chinois

Pour la première fois sont publiées quelque 5 000 photos de Ouïgours, âgés de 3 à 94 ans, pour beaucoup des paysans, prises au poste de police ou au centre de rééducation entre janvier et juillet 2018, à Konasheher. Crédit photo : BBC

« À l'intérieur d'un camp d'internement chinois — détenus du camp ouïgour » : c’est le titre d’un article publié sur le site Web de la BBC ce mardi 24 mai 2022. Il met en lumière la « machine répressive chinoise » contre les Ouïgours - un peuple turcophone et à majorité musulmane sunnite habitant la région autonome ouïghoure du Xinjiang, situé au nord-ouest de la République populaire de Chine.

Ces révélations coïncident avec la visite qu’entame ce mardi la cheffe de l'ONU pour les droits de l'Homme, Michelle Bachelet. Visite extrêmement attendue dans la région chinoise du Xinjiang, où Pékin est accusé de mener une répression féroce contre les musulmans ouïghours.

Les systèmes de contrôle très coercitifs et potentiellement mortels utilisés contre les groupes minoritaires dans les camps d'internement chinois ont été révélés dans une énorme cachette de documents secrets partagée avec la BBC.

Des milliers de photographies prises au cœur du système très secret d'incarcération massive de la Chine au Xinjiang, ainsi que de la politique du « tirer pour tuer » pour ceux qui tentent de s'échapper, figurent parmi une énorme cache de données piratées des serveurs informatiques de la police dans la région.

Les ʹXinjiang Police Files ʹ, comme on les appelle, ont été transmis à la BBC au début de l'année. Après des mois d'efforts pour les examiner et les authentifier, ils offrent un nouvel éclairage sur l'internement des Ouïghours et des autres minorités turques de la région.

À partir des informations contenues dans ces documents, la BBC a reconstitué l'un de ces camps — le Shufu County New Vocational Skills Education and Training Centre — pour révéler les méthodes utilisées à l'intérieur.

Le camp se trouve juste au sud de la ville de Kashgar.

Les documents montrent qu'il accueille 3 722 « étudiants », gardés par plus de 366 policiers.

Les documents divulgués détaillant les protocoles, ou règles, de garde des camps font partie d'une cache de dizaines de milliers de documents, datant pour la plupart de 2017 et 2018.

Le journal français Le Monde rapporte que « pour la première fois sont publiées quelque 5 000 photos de Ouïgours fichés, âgés de 3 à 94 ans, pour beaucoup des paysans, prises au poste de police ou au centre de rééducation entre janvier et juillet 2018, à Konasheher. Parmi elles, 2 884 internés ont pu être authentifiés avec certitude. Le plus jeune a 15 ans, le plus vieux 73 ans ».

Les Xinjiang Police Files - titre donné à la cachette par un consortium de journalistes internationaux dont la BBC fait partie - comprennent des discours classifiés de hauts fonctionnaires, des milliers d'images de détenus ouïghours, des feuilles de calcul détaillant leur statut d'internement, ainsi que les informations personnelles de centaines de policiers.

Une source anonyme, qui affirme avoir piraté, téléchargé et décrypté les fichiers à partir d'un certain nombre de serveurs informatiques de la police dans la région du Xinjiang, les a d'abord transmis à un spécialiste du Xinjiang basé aux États-Unis, le Dr Adrian Zenz, qui les a ensuite communiqués à la BBC.

Pour sa part, la Chine insiste sur le fait que le réseau d'installations sécurisées construites dans la région du Xinjiang n’est que des « écoles » de lutte contre l'extrémisme auxquelles les « étudiants » s'inscrivent volontairement.

Mais, le contenu des dossiers de la police du Xinjiang qui ont fait l'objet d'une fuite suggère une autre histoire.

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