Politique

Xavier-Luc Duval prévient contre les dérives du Safe City

Xavier-Luc Duval

Le leader de l’opposition s’inquiète des abus potentiels du projet de surveillance Safe City. Il prend comme exemple la province de Xinjiang, en Chine, où des caméras CCTV intelligentes sont utilisées pour brimer les libertés politiques et individuelles.

Il faut prendre garde à ne pas tomber dans la dérive sécuritaire, selon le leader de l’opposition Xavier-Luc Duval. Celui-ci a attiré l’attention sur un article dans The Economist, qui critique l’utilisation de caméras CCTV intelligentes dans une province chinoise par une entreprise réputée, la même qui épaule Mauritius Telecom pour le projet de vidéo surveillance Safe City.

L’article récemment publié, auquel a fait référence le leader de l’opposition, s’intitule The Surveillance State. Le magazine  parle de la province de Xinjiang, où des caméras intelligentes ont été installées. « En Chine, on utilise des caméras CCTV intelligentes pour terroriser des personnes dans les régions où il y a des dissensions », a-t-il expliqué. « C’est la même firme chinoise qui s’occupe du Safe City Project. »

Xavier-Luc Duval a évoqué les appareils de surveillance téléphoniques qui existent déjà pour des raisons de sécurité, mais qui sont utilisés pour tenir à l’œil des hommes politiques et des journalistes. « Nous allons prendre quelque chose qui, au final, contrôlera la politique et limitera les libertés », estime le leader de l’opposition. Selon lui, le projet de Safe City pourrait représenter un danger plus grand encore que la carte d’identité biométrique.

Xavier-Luc Duval est aussi revenu sur la polémique de la marche LGBT de samedi dernier, ainsi que sur la manifestation illégale de la place d’Armes, où Salim Abbas-Mamode, élu du Parti mauricien social démocrate (PMSD), était aussi présent. « Il a eu l’occasion de m’expliquer les circonstances de tout cela », a expliqué Xavier-Luc Duval. « Il était à la conférence de presse du PMSD et après, il a été récupérer un colis à la poste. En sortant, il a rencontré quelques imams et il a été interrogé par un journaliste de Channel News. »

à cet instant, la manifestation illégale n’aurait pas encore démarré et la question posée ne portait pas sur la marche LGBT, mais sur des propos jugés blasphématoires publiés sur Facebook. Cependant, il a reconnu que les propos de son député étaient ambigus : « Il faut toutefois avouer que sa façon de s’exprimer peut prêter à confusion. »

Parmi les autres sujets abordés, le leader de l’opposition a parlé de la présentation du Budget, qu’il estime devoir être le dernier du présent gouvernement, en disant qu’il s’attendait à une panoplie d’effets d’annonce. Il a aussi attaqué le bilan économique de Pravind Jugnauth, en clamant que « le pays est dans un marasme économique et dans une spirale de dettes ».

Xavier-Luc Duval a aussi commenté les récents développements dans l’affaire Gaiqui. Ce suspect, qui avait été ligoté nu à une chaise lors de son interrogatoire au bureau de la Criminal Investigation Division de Curepipe, vient d’être exonéré de toute charge par le tribunal. Il a fait savoir qu’un avocat du PMSD serait prêt à le représenter gratuitement pour réclamer des dommages à la force policière.