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Wazir Siddick : à 29 ans, il fait des faratas qui cartonnent

Par Azeem Khodabux
Publié le: 15 février 2026 à 20:00
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Wazir Siddick à l’œuvre, chaque farata cuit à la perfection grâce à sa rigueur artisanale. Ses faratas séduisent particuliers, hôtels et pâtisseries grâce à leur authenticité et leur qualité.

Le début du Ramadan est imminent. Pour Wazir Siddick, cela signifie des journées qui démarrent encore plus tôt, des commandes qui doublent, une production artisanale qui doit tenir le rythme. Depuis des années, il fabrique des faratas à la main. 

Les journées de Wazir Siddick commencent très tôt. Elles vont commencer encore plus tôt d’ici peu. Le Ramadan approche, et avec lui, la période la plus intense de l’année pour son activité. La demande en faratas explose, chez les particuliers comme dans les hôtels et les pâtisseries qu’il fournit. 

« Il faut être prêt, bien organisé, et maintenir la même qualité malgré l’augmentation des volumes », explique-t-il. C’est à la fois une opportunité et un défi, une période qui confirme chaque année le potentiel du marché tout en testant sa capacité à tenir ses engagements.

À 29 ans, Wazir a fait un choix simple : produire seulement deux types de faratas – plain et blé – et les faire bien. Pas de dispersion, pas de diversification à tout-va. Juste la maîtrise de deux produits artisanaux préparés à la main, selon un procédé qu’il a appris en observant ses parents. Ils fabriquent des faratas depuis plus de 30 ans et lui ont transmis les bases d’un métier exigeant, où chaque détail compte. « On n’apprend pas ce métier en quelques semaines. Il faut comprendre la matière, le temps, la cuisson, et surtout respecter les méthodes », dit-il.

Cette transmission est devenue le socle de son projet. Dès l’adolescence, il a découvert l’univers de la production alimentaire artisanale au contact de ses parents, dans un environnement où l’apprentissage se fait par l’observation et la répétition des gestes. Aujourd’hui, c’est cette rigueur qu’il applique à chaque étape de sa production : la régularité de la pâte, la finesse du façonnage, la maîtrise de la cuisson. « La simplicité demande de la précision. Un produit basique n’a pas droit à l’erreur », souligne-t-il.

Derrière l’activité, il y a surtout une organisation stricte. Wazir démarre ses journées aux aurores pour garantir fraîcheur et ponctualité dans les livraisons. Cette discipline quotidienne est devenue l’un des piliers de son entreprise, non pas une contrainte, mais une condition essentielle à la crédibilité professionnelle. « Quand un client passe une commande, il attend de la régularité. C’est cette confiance qui permet de durer », souligne-t-il. Ce sens de l’engagement lui permet aujourd’hui de répondre à une demande croissante sans compromettre la qualité, et ses faratas sont désormais fournis à plusieurs supermarchés, hôtels et pâtisseries.

La croissance ne s’est pas faite du jour au lendemain. Elle est le résultat d’un bouche-à-oreille positif, nourri par la satisfaction des clients. « Les recommandations comptent énormément dans ce secteur. Quand un professionnel est satisfait, il en parle autour de lui », observe Wazir. 

Au fil des années, il a compris que produire ne suffit pas. Il faut aussi savoir gérer, anticiper, planifier. L’entrepreneuriat l’a amené à développer une vision plus large de son activité, où chaque aspect – gestion des commandes, respect des délais, relation client, organisation de la production – est pensé avec rigueur. « Une entreprise ne grandit pas par hasard. Elle grandit parce qu’on prend les bonnes décisions au bon moment », confie-t-il.

Aujourd’hui, Wazir se projette vers l’avenir avec lucidité. Son ambition n’est pas une croissance rapide, mais une expansion maîtrisée. Il souhaite augmenter progressivement sa capacité de production tout en préservant l’authenticité artisanale qui fait la réputation de ses faratas, et reste ouvert aux commandes professionnelles ainsi qu’aux propositions de collaboration ou d’investissement, dans une logique de partenariat structuré. « Grandir doit se faire étape par étape. Il faut savoir consolider avant d’élargir », insiste-t-il.

Son message aux jeunes Mauriciens qui souhaitent entreprendre est clair : la réussite ne se mesure pas uniquement à la vitesse, mais à la solidité du projet. « Il faut accepter de commencer petit, d’apprendre chaque jour et de rester discipliné. C’est comme cela que l’on construit quelque chose de durable », affirme-t-il. 

Dans un contexte où la valorisation de la production locale devient essentielle, son parcours rappelle l’importance du savoir-faire artisanal et démontre qu’un produit traditionnel peut répondre aux exigences du marché moderne, à condition d’être porté par une organisation sérieuse et une vision claire. À 29 ans, installé à St-Paul, il poursuit son chemin avec patience, convaincu que la constance reste la meilleure alliée de la réussite.

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