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Warren Permal : le foot, son autre scène

Par Le Dimanche /L' Hebdo
Publié le: 5 July 2026 à 19:00
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Guillaume Hoarau, un attaquant de talent qui a marqué le football français par son parcours, son humilité et sa passion du jeu.

Quand il quitte la scène, l’interprète troque le micro pour les crampons. Entre héritage paternel, nostalgie des albums Panini et matchs de gala avec des champions du monde, confidence d’un artiste pour qui le ballon rond est la plus belle des décompressions.

Ce samedi-là, sur un terrain de Mont-Roches, personne ne demande d’autographe à Warren Permal. On lui fait juste une passe. Crampons aux pieds, maillot de Chesterfield United sur le dos, l’homme qui fait chanter des salles entières n’est plus qu’un joueur parmi d’autres, courant après un ballon avec les copains du quartier où il a grandi. Rien, dans cette scène d’un week-end ordinaire, ne laisse deviner qu’à quelques kilomètres de là, des milliers de Mauriciens connaissent chacune de ses chansons par cœur. 

« Dès que mon emploi du temps me le permet, je vais jouer. Le football me permet de décompresser et de retrouver une énergie incroyable. Quand je suis sur le terrain, je ne pense plus aux répétitions ni aux concerts. Je profite simplement du moment », confie le chanteur. Pour lui, il n’existe aucune différence entre l’émotion ressentie devant un public et celle vécue après un beau but ou une victoire collective : dans les deux cas, il s’agit de partager des instants de bonheur avec les autres.

Car avant même que les applaudissements ne rythment ses concerts, Warren Permal courait déjà derrière un ballon. « Le football fait partie de ma vie depuis mon enfance. Dès que j’avais un moment libre, j’étais dehors avec un ballon », raconte-t-il en souriant. Bien avant de devenir l’un des chanteurs les plus appréciés du pays, il rêvait surtout de marquer des buts avec ses copains de quartier. 

Cette passion ne l’a jamais quitté, malgré un emploi du temps aujourd’hui chargé entre spectacles, répétitions et voyages. « Quand je joue, je redeviens simplement Warren. Pendant 90 minutes, il n’y a plus de scène, plus de musique, seulement le plaisir de jouer avec les amis. »

Un héritage paternel

Chez les Permal, le football est avant tout une histoire de famille. Warren garde des souvenirs particulièrement précieux des soirées passées devant la télévision avec son père : Coupe du monde, Championnat d’Europe, Ligue des champions – aucun rendez-vous important n’était manqué. Père et fils partageaient les mêmes émotions, les mêmes joies et, parfois, les mêmes déceptions. « Mon père m’a transmis cet amour du football. Nous regardions énormément de matchs ensemble et ce sont des moments que je n’oublierai jamais. » Aujourd’hui encore, lorsqu’il regarde un grand match, il repense naturellement à ces souvenirs d’enfance. 

Cette complicité s’incarnait aussi dans un rituel plus modeste : la chasse aux vignettes Panini. Chaque Coupe du monde était une aventure : pochettes achetées, autocollants échangés avec les camarades, pages qu’on rêvait de compléter. Le père partageait cette passion et participait volontiers à la traque des joueurs les plus rares. « Nous collectionnions les albums ensemble. Quand il me manquait un joueur, nous faisions tout pour le trouver. C’était une période magnifique », se souvient Warren Permal. 

La tradition s’est arrêtée avec le temps, moins par lassitude que par raison : « Aujourd’hui, cela représente un budget important. Nous avons préféré garder les souvenirs plutôt que continuer les collections. » Mais à chaque grande compétition, la nostalgie de ces années-là refait surface.

Comme beaucoup de jeunes de sa génération, Warren Permal a longtemps vibré pour la Seleção brésilienne. « Quand j’étais plus jeune, j’étais un grand supporter du Brésil. J’adorais leur façon de jouer, leur créativité et leur spectacle », explique-t-it. Mais avec les années, en découvrant la régularité et la discipline de l’équipe de France, son cœur a progressivement changé de camp. « Maintenant, je soutiens la France. C’est une équipe solide, expérimentée et qui sait répondre présent dans les grands rendez-vous. J’aime leur mentalité et leur capacité à se battre jusqu’au bout. »

À l’heure où les amateurs de football rêvent d’une affiche entre l’Espagne et la France, le chanteur affiche d’ailleurs une confiance assumée : « Ce sera certainement une très belle finale. L’Espagne possède de jeunes joueurs extraordinaires, mais je pense que la France a davantage d’expérience. Pour moi, les Bleus vont gagner. » Un pronostic lancé avec la conviction de celui qui croit profondément en son équipe et qui dit aussi, à sa manière, la fidélité qui caractérise l’homme, aussi bien dans sa carrière musicale que dans ses passions.

Sur le terrain, aux côtés des légendes

Grâce à sa notoriété et à plusieurs matchs de gala organisés à Maurice, Warren Permal a vécu des moments dont rêvent de nombreux passionnés de football. Le plus marquant reste sa rencontre avec Christian Karembeu. Évoluer aux côtés d’un champion du monde est un souvenir qu’il n’oubliera jamais : « C’est quelqu’un de très simple, très accessible et surtout très humble. Malgré son immense carrière, il reste proche des gens. Jouer avec lui était un véritable honneur. »

Il a aussi partagé le terrain avec Guillaume Hoarau, dont la générosité et le sens du collectif l’ont marqué : « Guillaume est quelqu’un d’extraordinaire. Il joue toujours avec le sourire et il prend le temps d’échanger avec tout le monde. Ce sont des moments qui restent gravés dans une vie. » 

Plus tard, une rencontre avec Florent Sinama-Pongolle l’a impressionné par sa qualité technique et sa vision du jeu : « On comprend immédiatement pourquoi ces joueurs ont évolué au plus haut niveau. Même lors d’un match amical, leur talent saute aux yeux. »

Le football est aussi devenu un terrain de complicité entre artistes mauriciens. Warren Permal participe régulièrement à des rencontres amicales réunissant plusieurs chanteurs de l’île, dont Bigg Frankii, dans une ambiance conviviale faite d’éclats de rire et de taquineries. « Sur scène, nous sommes collègues. Sur le terrain, nous devenons coéquipiers. C’est une autre façon de partager notre passion et de passer du temps ensemble. » Ces matchs révèlent au public une facette plus spontanée des artistes, loin des projecteurs et des salles de spectacle.

Pour Warren Permal, la musique et le football suivent finalement les mêmes règles : discipline, travail, persévérance, esprit d’équipe. « Dans un groupe de musique comme dans une équipe de football, personne ne réussit seul. Il faut apprendre à écouter les autres, à se remettre en question et à toujours donner le meilleur de soi-même. » Une philosophie qui l’accompagne depuis le début de sa carrière.

À Mont-Roches, ce week-end encore, Warren Permal reprendra sa place sur le terrain, sous le maillot de Chesterfield United. Pour ses coéquipiers, il ne sera pas une star. Juste un joueur de plus, venu chercher, entre deux passes, ce que la scène ne lui donne pas.

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