Mise à jour: 17 janvier 2026 à 18:00

Vols, menaces, extorsions : le calvaire d’un père face à la violence d’un fils toxicomane

Par Kendy Antoine
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Le papa n’en peut plus du comportement violent de son fils.
Le papa n’en peut plus du comportement violent de son fils.
  • « Li vey mwa leve avek lapins ek kouto »

Ramesh (prénom fictif), âgé de 52 ans, domicilié à Beaux-Songes, est à bout. Son fils aîné, âgé de 25 ans, est devenu incontrôlable. Accro à la drogue depuis un certain temps, le jeune homme lui réclame de l’argent presque chaque jour et n’accepte aucun refus : vols, menaces, injures et extorsions sont devenus le quotidien de Ramesh. Tôt mercredi matin, il a réclamé Rs 1 000 à son père, qui n’en disposait pas. Le jeune homme a alors ouvert le gaz dans la cuisine et menacé de faire exploser la maison. Face à cette situation, le quinquagénaire a alerté la police. Il a consigné une plainte. Son fils a été placé en détention.

« Touletan li rod larzan, gramatin tanto li rod kass », déplore Ramesh. Ce dernier se retrouve, comme beaucoup de parents, impuissant face aux ravages de la drogue sur son fils. Il explique que depuis le collège, celui-ci a connu une descente aux enfers. « Il s’est laissé influencer », indique le quinquagénaire. Chaque jour qui passe, ce père de famille peine davantage à voir son fils s’enfoncer un peu plus.

« Je lui ai parlé plusieurs fois », dit-il. Au départ, il l’envoyait faire des cures dans un centre en espérant qu’il prenne conscience du mal qu’il se fait ainsi qu’à sa famille, mais le père s’est vite rendu à l’évidence : cette solution ne fonctionne que pour un certain temps. « Li al dan sant pou de semen…, apre trwaziem semenn li revinn parey », explique Ramesh, le cœur lourd.

Et depuis plusieurs semaines maintenant, son fils ne cesse de lui réclamer de l’argent. « Je suis divorcé et mes deux fils habitent avec moi. Mo gran garson la pa travay, tou zafer mo-mem », raconte-t-il. Dès le matin, il demande à son père de lui avancer des sous. « Il réclame Rs 1 000, cela presque quotidiennement. Lorsque je ne lui donne pas, il vole dans la maison. Il peut prendre n’importe quoi », explique-t-il. La dernière fois, son fils avait fait main basse sur les provisions. « Li pran laviann, pwason… li pran kari tou li ale. Ti ena de mikro-ond, linn fini pran. Li pran grinder. Kan mo sorti travay, mo trouve kitsoz inn disparet », souligne-t-il.

Crainte pour sa sécurité

Il y a plusieurs jours de cela, le jeune homme avait haussé le ton avec son père qui, par crainte pour sa sécurité, avait dû faire appel à la police. « La polis inn koz ar li, li dir li pou arete, me tou sa koze la pass par enn zorey, sorti par lot kote », ajoute le papa.

Lundi 12 janvier, Ramesh a été surpris de voir son fils dans un lit à côté de lui dans sa chambre. « Linn asize, li ti pe vey mwa leve. Ti ena enn la pins dan so lame ek enn kouto dan lot lame. Li ti pe komans rod kass ar mwa. Linn rod Rs 2 000 ar mwa. Monn dir li mo pena. Monn koz ar li, mo dir li bizin al labank. Monn reste koz ar li. Linn rod tape », relate-t-il.

Le jour suivant, son fils est revenu à la charge. Il a réclamé Rs 1 000 et Ramesh n’a pas eu d’autre choix que de lui remettre la somme demandée pour éviter qu’il ne lui fasse du mal. « Monn donn li pou evit problem », concède-t-il.

C’est un calvaire que ce père de famille dit vivre. Tôt mercredi matin, son fils lui a de nouveau réclamé de l’argent. « Linn demann mwa Rs 1 000, mo ti ena zis Rs 200, monn donn li », mais cela n’a pas empêché son fils aîné de se rendre dans la cuisine. « Linn ouver gaz, four. Monn demann li ki li pe fer, li dir li pou eklat partou », se souvient le papa. Il exigeait le reste de l’argent. Le père lui a remis la somme. Et une fois que son fils est parti, Ramesh s’est rendu à la police de Bambous pour dénoncer le jeune homme. « C’est la première fois que je porte plainte contre lui », confie le quinquagénaire. Le jeune homme a été appréhendé et inculpé pour « demanding money by threat ».

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