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Visite technique à Baie-du-Jacotet : des raisons géopolitiques auraient motivé le survey

Le journaliste Nad Sivaramen et l’avocat Neelkanth Dulloo sur le plateau de Radio Plus.

La situation géopolitique entre l’Inde et la Chine serait la principale théorie pouvant expliquer le « survey » du 15 avril 2022 à la « landing station » de Baie-du-Jacotet, selon des intervenants de l’émission « Au cœur de l’info » ce lundi.

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La raison du « survey » effectué le 15 avril dernier à la station d’atterrissage du câble sous-marin de fibre optique South Africa Far East (SAFE), à Baie-du-Jacotet, pourrait être liée aux tensions entre l’Inde et la Chine. C’est du moins ce que suggèrent des intervenants de l’émission « Au cœur de l’info » de ce lundi. Les journalistes Ruth Rajaysur et Patrick Hilbert ont reçu sur le plateau l’avocat Neelkanth Dulloo et Nad Sivaramen, directeur des publications de La Sentinelle. Jean Claude de l’Estrac, ancien ministre et homme de presse, Rajen Bablee, directeur exécutif de Transparency Mauritius, et Jean-Luc Mootoosamy, directeur de Media Expertise en Suisse et ancien rédacteur en chef de Radio One, sont intervenus par téléphone ou par visioconférence.

Jean Claude de l’Estrac pense que le « survey » a été demandé par Narendra Modi, le Premier ministre indien, à son homologue mauricien Pravind Jugnauth. « Cela expliquerait pourquoi Pravind Jugnauth a du mal à donner des éclaircissements. La prochaine guerre froide sera entre la Chine et l’Inde et elle se déroulera dans l’océan Indien. L’Inde pourrait penser que la Chine a des informations car l’infrastructure de télécommunications à Maurice est fournie par la compagnie chinoise Huawei. Des pays boycottent Huawei car ils estiment que la firme sert la Chine dans son espionnage. Le gouvernement n’a pas besoin de ce système pour espionner les Mauriciens. Le PM doit dire s’il s’agit d’un problème géopolitique. Il a lui-même amené les Chinois puis les Indiens ici. Nous avons courtisé la Chine pour avoir des fonds et nous avons une relation historique avec l’Inde. D’ailleurs, quand le PM dit qu’il n’y a pas de base indienne à Agalega, c’est un mensonge. La question de haute trahison se pose », explique-t-il.

« Il faut une stratégie diplomatique bien définie. Pravind Jugnauth doit dire clairement quel est le problème qui a conduit à ce qu’il a fait. Qu’il dise clairement que la vérité c’est un problème géopolitique et que l’Inde veut avoir des informations sur la Chine. N’oublions pas l’influence de la France dans l’océan Indien à travers l’île de La Réunion. Il y a eu un viol de la section 12.1 de la Constitution qui interdit les interférences sur la correspondance. Il y aura des répercussions légales », ajoute Me Neelkanth Dulloo.

Sécurité nationale

Rajen Bablee réitère les propos de Transparency Mauritius récemment publiés dans un communiqué de presse : « Nous pensons que les accusations de Sherry Singh (ancien Chief Executive Officer de Mauritius Telecom) contre le Premier ministre sont très graves. Il faut donc que la lumière soit faite sur cette affaire par une commission d’enquête dont les membres seront choisis conjointement par le gouvernement et l’opposition. Il y a une enquête de la police mais il y a une perception qu’elle peut être biaisée. Nous avons tous vu des nuances dans les déclarations du Premier ministre. Cela nous rappelle l’affaire du Watergate aux États-Unis. La presse peut beaucoup aider pour faire la lumière », dit-il.

Ashok Radhakissoon demande au gouvernement de dire « ce qui s’est réellement passé ». « Que le Premier ministre et ministre de l’Intérieur dise quel était le risque pour la sécurité nationale ». Quant à Jean-Luc Mootoosamy, il s’étonne justement que le gouvernement n’ait pas dévoilé les détails sur les risques liés à la sécurité nationale qui auraient expliqué le « survey ».

 

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