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Visham Ramsurrun : au cœur des autres

Visham Ramsurrun

À 37 ans, Visham Ramsurrun fait preuve d’un grand altruisme. À travers l’organisation non gouvernementale « Dear Mauritius » qu’il a mise sur pied en février 2018, il arrive à apporter un peu de lumière dans l’existence de ceux et celles secoués par les aléas de la vie. Rencontre avec un homme qui a du cœur…

«Ne doutez jamais du fait qu’un petit nombre de gens réfléchis et engagés peuvent changer le monde. En vérité, c’est la seule chose que l’on n’a jamais fait. » Cette citation de l’anthropologue culturelle américaine Margaret Mead prend tout son sens quand on rencontre Visham Ramsurrun. Il est le fondateur de l’organisation non gouvernementale (ONG) Dear Mauritius. Aux côtés des bénévoles membres de l’association, il s’engage au quotidien pour aider les malheureux.

Visham Ramsurrun, qui est Senior Lecturer informatique à la Middlesex University Mauritius, est issu d’une famille qui met beaucoup d’accent sur les valeurs humaines. Il a d’ailleurs grandi dans un environnement où parents et voisins s’entraidaient sans distinction de castes, de croyances, de religions ou de statut social. Adolescent, il a eu l’occasion d’assister à plusieurs séminaires résidentiels organisés par le Human Service Trust Group.

« Cela m’a permis de voir la précarité dans laquelle vivaient les pauvres de même que les handicapés physiques et mentaux. J’ai pris conscience de la valeur de l’effort, mais surtout du pouvoir de la compassion envers autrui. En tant qu’être humain, je ne pouvais pas rester indifférent à la souffrance de ces personnes vivant sur la même île que moi », confie Visham Ramsurrun.

C’est donc tout naturellement que lui est venue l’idée de lancer Dear Mauritius. L’ONG à but non lucratif, officiellement enregistrée le 29 février 2018, a pour mission de contribuer au développement social de Maurice et de ses habitants, à travers de multiples activités. Si le fondateur a choisi ce nom pour l’association, c’est pour témoigner de sa gratitude envers son pays et de son amour pour sa patrie.

Dear Mauritius a démarré avec un groupe d’amis issus de divers horizons : scientifiques, ingénieurs, comptables, avocats, éducateurs, médecins, artistes, femmes au foyer, enfants, étudiants et retraités de tous âges. Vouant une passion commune au travail social, ils ont, pendant quelques années, fait de petites activités informelles, comme l’organisation de jeux extérieurs ou encore des petites fêtes pour la Noël à l’intention des enfants de divers centres tels que la Centre d’éducation et de développement pour les enfants mauriciens, le Foyer Père Laval et d’autres groupes à Quatre-Bornes, Tranquebar et Rose-Hill. 

La fibre sociale

« C’est gratifiant de passer du temps avec ces enfants et de constater la joie que nous leur apportons. Mais c’est déchirant de voir l’environnement dans lequel vivent certains. On s’est alors rendu compte du nombre effarant de familles qui vivent encore dans une pauvreté abjecte à Maurice », précise Visham Ramsurrun. D’où sa décision de prendre une position plus forte pour aider les moins fortunés.

Le but de la vie n’est pas simplement d’être heureux, confie le fondateur de Dear Mauritius. Il faut aussi se rendre utile et être compatissant envers les autres. Visham Ramsurrun a la ferme conviction que nul n’a le droit d’être indifférent à la souffrance de ses semblables. « Les pauvres et les personnes les plus vulnérables de la société sont avant tout des êtres humains. Il y a cette perception selon laquelle ces gens sont paresseux et ne méritent donc pas de recevoir de l’aide. Je pense qu’il faut essayer de comprendre la psychologie de ceux qui sont dans le besoin et faire de véritables efforts pour les sortir du cycle de la pauvreté. Le but étant de les aider à devenir autonomes. » 

Pour le jeune homme, la fibre sociale est une force de transformation si puissante qu’elle arrive à toucher la vie des autres. « Les gens sont tellement absorbés dans leur lutte personnelle au quotidien pour gagner leur vie décemment qu’ils n’ont ni le temps ni le désir de penser aux moins fortunés », déplore-t-il. Il explique que le système socio-économique dans lequel nous vivons encourage la concurrence, l’égoïsme, la corruption et l’exploitation des faibles. « Il ne promeut pas des valeurs comme l’altruisme, la compassion, le respect et l’amour », regrette-t-il.

Toutefois, il nourrit l’espoir qu’il y a encore du bien dans ce monde. Il admire le dévouement de toutes les ONG et des travailleurs sociaux qui œuvrent sans relâche sur le terrain pour faire de Maurice une île où il fait bon vivre. Visham Ramsurrun trouve cependant inadmissible qu’il y ait encore des gens qui vivent dans une pauvreté abjecte dans un pays qui vient de fêter ses 50 ans d’indépendance et qui a connu de nombreux progrès scientifiques et technologiques.

D’où la mission de Dear Mauritius qui tente de développer des stratégies en vue d’assurer le bien-être de nos compatriotes les moins fortunés. L’ONG ne se limite pas qu’à aider les nécessiteux. Elle s’efforce aussi de soutenir toute l’île au niveau de l’environnement et de la population. Cependant, l’exécution des projets implique des coûts élevés. En raison d’un manque de fonds, Dear Mauritius n’est pas en mesure de mettre en œuvre ses projets à la vitesse souhaitée.

Ses adhérents affichent néanmoins l’optimisme. « Ensemble nous surmonterons les obstacles et nous trouverons des solutions pour lancer nos projets dans un très proche avenir », fait ressortir Visham Ramsurrun, soulignant que cela ne peut se faire sans l’aide de volontaires. Il lance donc un appel à ceux qui souhaiteraient rejoindre l’association. L’adhésion à Dear Mauritius est gratuite.

Les projets à venir

  • Organisation de campagnes de sensibilisation sur l’agriculture biologique, les énergies renouvelables et le recyclage.
  • Embellissement de Maurice à travers la mise en terre de fleurs, d’arbres décoratifs et d’arbres fruitiers.
  • Installation de panneaux de signalisation avec des messages positifs pour créer un impact positif sur la psychologie des Mauriciens.
  • Conception de maisons intelligentes à très faibles coûts (environ 200 000 roupies) avec l’aide d’ingénieurs et d’architectes.
  • Des séances gratuites de bilan médical à l’intention des nécessiteux.
  • Don de matériel scolaire aux enfants des quartiers pauvres de l’île.
  • Identification et réhabilitation des bidonvilles dans différentes parties du pays afin de créer un meilleur environnement de vie pour les personnes.

En aparté

Visham Ramsurrun est Senior Lecturer à plein-temps au département informatique de la Middlesex University Mauritius. Ex-élève du collège Royal de Curepipe, il est titulaire d’un BSc et d’un doctorat en Computer Science & Engineering de l’Université de Maurice où il a complété sa bourse de recherche postdoctorale en 2015. Durant les 14 dernières années, il a travaillé dans le domaine informatique. « Je suis également chercheur. Je travaille sur divers projets pour le développement de nouvelles technologies intelligentes. » Ses loisirs : la natation, le trekking et la musique.