Visham Ramdoo : de l’enfer de la drogue à la renaissance
Par
Ajagen Koomalen Rungen
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Ajagen Koomalen Rungen
À 29 ans, Visham Ramdoo, humoriste à succès de Forest Side, brise le silence sur son parcours. Un témoignage brut et violent. De l’enfer de la drogue à la guérison et à l’amour.
À première vue, Visham Ramdoo est un artiste accompli. Un humoriste qui enchaîne les spectacles, deux à trois par semaine, qui fait rire les foules et qui vit confortablement. Mais derrière ce sourire se cache une vérité beaucoup plus sombre.
« De 23 à 27 ans, j’ai consommé tout ce que vous pouvez imaginer. Héroïne, cocaïne, crystal meth, simik, LSD, comprimés. J’étais perdu », lâche-t-il sans détour. « J’étais devenu dépendant. Je ne contrôlais plus rien. Je n’étais plus moi. » Son regard se fige. « C’était un cauchemar éveillé. »
Dans sa maison de Forest Side, tout avait pourtant bien commencé. Son père est chauffeur et sa mère est cuisinière dans un restaurant. C’est une famille modeste, mais digne, qui croyait en lui. « J’étais ingénieur en mécanique. Intelligent, j’avais un avenir », explique-t-il.
Mais très vite, il change de vie. « J’ai quitté cette voie pour devenir artiste. Je voulais être libre, créer, faire rire. » Le succès arrive rapidement. « Je gagnais très bien ma vie. Je suis devenu multimillionnaire. » Puis la chute. « La drogue a tout détruit. Environ Rs 12 millions sont parties en fumée », dit-il. « Littéralement. »
Tout commence par curiosité. « J’ai voulu essayer. Juste une fois. » Une décision banale en apparence. « Tu crois que tu contrôles… Mais c’est elle qui te contrôle. » « Très vite, je suis devenu accro. Sans m’en rendre compte. » La spirale est rapide. « Tu passes de l’essai à la dépendance sans voir la frontière. »
Quand la pandémie frappe et que le monde s’arrête, Visham sombre encore plus profondément. « Pendant la covid-19, je n’avais plus toute ma tête », avoue-t-il. « Je sortais quand même pour aller chercher la drogue. » Le danger ne compte plus. « Rien ne comptait à part ça. » Une obsession. « C’était devenu une nécessité dans ma tête. »
Les conséquences ne tardent pas à tomber. Problèmes avec la justice. « J’ai eu plusieurs démêlés. J’ai même passé quelques jours en prison. » Mais rien ne l’arrête. « Quand tu es dépendant, tu ne réfléchis plus. Tu fais tout pour consommer. » Ses parents tentent tout. « Ils m’ont emmené dans presque tous les centres de désintoxication du pays. » Un combat sans fin. « Je rechutais à chaque fois. » Et parfois, la vie bascule. « J’ai frôlé la mort plusieurs fois », confie-t-il.
Sa voix devient plus grave. « Je suis devenu un poids pour mes parents. Un poids très lourd. » La douleur familiale est immense. « Ma mère souffrait énormément. Mon père aussi. » Chaque sortie devient une angoisse. « Quand je quittais la maison, ils avaient peur que je ne revienne pas. » Une peur quotidienne. « Leurs paroles ne changeaient rien à mon comportement. »
Puis vient le moment qui change tout. « J’avais 27 ans. J’ai vu mes parents pleurer. » Un instant suspendu. « Ce jour-là, quelque chose s’est cassé en moi », dit-il. « J’ai compris que je devais changer. » Pas pour les autres. Mais pour lui. « La décision est venue de moi. »
Commence alors un combat intérieur. « J’ai lutté mentalement et physiquement », explique-t-il. « Chaque jour était une bataille. » Il apprend à se reconstruire. « J’ai commencé à croire que rien n’est impossible. » Une philosophie simple, mais puissante. « Le mental, c’est tout. Si le mental va bien, tout va bien. » Ses parents deviennent son pilier. « Ils m’ont soutenu énormément. » Aujourd’hui, le verdict est clair. « Ça fait trois ans que je ne prends plus de drogue. Je suis guéri. »
Sur scène, Visham n’est plus le même. « L’humour m’a sauvé », dit-il. « C’est devenu ma thérapie. » Chaque spectacle est une libération. « Faire rire les gens, c’est ce qui me fait vivre aujourd’hui. » Le succès est là, mais différent. « Aujourd’hui, je gagne ma vie honnêtement. Je contrôle ma vie. Je suis fier de moi. »
Et puis, il y a cette rencontre qui change tout. Il y a deux mois, sa vie prend une nouvelle direction. Aménia Quirin, 22 ans, danseuse professionnelle originaire de Morcellement Saint-André. « Nous nous sommes rencontrés à travers un ami », raconte-t-il. « Mo ti pe rod enn danseuse pou mo nouvo sante. » Un projet musical autour d’un titre signé Alain Ramanisum. Mais très vite, quelque chose de plus fort naît. « Ce que j’apprécie chez Aménia, c’est qu’elle ne juge pas », confie-t-il. « Elle a accepté mon passé. » Un amour sincère. « Elle est ma joie de vivre. Mon soleil. »
À 29 ans, Visham Ramdoo regarde son passé avec lucidité. « La drogue détruit tout », dit-il. « Elle t’enlève ta famille, ton argent, ta dignité. » Mais son message est clair. « On peut s’en sortir. » Aujourd’hui, il avance avec détermination. « J’ai des projets, une carrière, une femme que j’aime. » Une nouvelle vie. « Aujourd’hui, je vis vraiment. Et je ne veux plus jamais retourner en arrière. »