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Violence psychologique : une famille «harcelée» au téléphone depuis bientôt cinq ans

Une femme de 34 ans et mère de deux enfants vit un véritable calvaire étant victime d’un harceleur depuis cinq ans, sans pour autant que ce dernier soit retracé par la police. Elle a même songé au suicide.

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Le harcèlement est une violence insidieuse, souvent invisible, qui occasionne de réelles souffrances chez ceux et celles qui en sont victimes. Dernièrement, la police a enregistré les plaintes d’une quinzaine de membres d’une seule famille. Dont principalement une mère de famille qui semble être la cible principale d’un harceleur qui se cache derrière des sms. La victime a plusieurs fois tenté de se suicider.

Sarita, 34 ans et mère de deux enfants de 13 ans et dix ans, habite Petit-Raffray et travaille comme bonne à tout faire. Depuis presque cinq ans, elle dit vivre un calvaire. Tout débute en 2013. Elle reçoit des messages « indécents » et « insultants » sur son portable. Cela va bouleverser sa vie et celle de sa famille jusqu’à devenir un cauchemar. Elle ne sait plus à quel saint se vouer pour y mettre fin.

Sarita compte 12 ans de mariage. Elle jure qu’elle n’a jamais eu d’amant. Elle a déposé plus d’une dizaine de plaintes au poste de police de Goodlands et avoir changé de ‘sim cards’ en dix fois. « Mo gaygn plis ki 15 mesaz par zour e anviron 20 ‘miss call’, mo pa konpran kouma li gaygn mo nouvo limero asak fwa ki mo sanz mo sim card, se lamente-t-elle. Son époux et sa fille reçoivent aussi des messages insultants. « Dans ses sms, il me dit des gros mots, il me traite de ‘trainer’ et de p… du quartier », confie Sarita. Il envoie aussi des sms à mon époux disant ‘to fam ena 10 galan et mo osi mo so galan mo dormi ar li tou lezour’.

Elle a fini par craquer

Au départ, ces messages causent des problèmes dans son couple car le mari de Sarita doute d’elle. Heureusement, il se rend vite compte que ces sms sont des mensonges en plus des commentaires indécents envers leur fille de dix ans. Le harceleur va plus loin : même le papa de Sarita n’y échappe pas. Pire : le harceleur semble bien connaître les membres de sa famille. Il a aussi leurs coordonnées.

« Li avoy mesaz mo papa, li dir al dormi ar to tifi. Li mem avoy sms mo frer, mo ser, bofrer, belser. Li insilte zot, li indesan. Mo bann fami dir kouma sa dimoun la finn gaygn zot limero e zot soupsonn ki kapav mo mem kinn donn sa bann limero la. Akoz sa dimoun la, zordi boukou fami finn aret frekant mwa », ajoute Sarita. Un jour, elle craque et décide de mettre fin à ses jours. Elle est sauvée in extremis. Elle a fait plusieurs autres tentatives de suicide. « Tou sa la fatig mwa terib. Mo vreman plin ar mo lavi !»dit Sarita.

Son époux et ses proches ont aussi déposé plainte à la police de Grand-Gaube. Triolet et Flacq, entre autres, mais en vain. Le harceleur sévit toujours au nez et à la barbe des autorités. « Je suis allée à la Child Development Unit pour montrer les grossiers messages adressés à ma fille et on m’a référé à la police. Je suis partie à la station mais des policiers m’ont dit que ce n’est pas la peine de porter plainte à nouveau et qu’ils enquêtent sur cette affaire. »

Sarita a aussi informé la police que l’auteur de ces messages est un homme qui a déjà téléphoné à son frère et toujours pour proférer des insultes envers elle. De même, elle a donné les deux numéros de téléphone que le harceleur utilise. Sarita lance un appel au Commissaire de police et à la Cybercrime office pour que cesse son calvaire et celle de sa famille. « Nous vivons un enfer quotidien ! », murmure une Sarita abattue et traumatisée…

 

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