Violence domestique : vingt-cinq ans entre les griffes de son bourreau

Par Kendy Antoine O commentaire
line barrack

C’est le scénario classique : le mari porté sur la bouteille qui bat régulièrement sa femme. Une épouse prête à tout endurer à cause des enfants et parce qu’elle aime son mari.

Mais le dimanche 13 mai, cela a été le coup de trop. Reena, habitant Grande-Rivière Nord-Ouest a été victime d’un nouveau déchaînement de violence de son mari, Rajen. Après son hospitalisation, elle a décidé de porter plainte. Le mari s’est retrouvé derrière les barreaux.

Vers 20 heures, alors qu’elle était avec ses deux fils, leur père est arrivé. « Il était saoul comme d’habitude. Il a commencé à nous insulter et cela sans aucune raison. Nous avons essayé de le calmer. Mais finalement il a pris un couteau pour me menacer ». Paniquée, Reena s’est enfuie et a alerté la police de Line Barracks.

Une fois sur place, les policiers lui ont parlé. « Après le départ des policiers, il s’est mis au lit. » Mais c’était loin d’être terminé. « Mon époux s’est réveillé vers 1 heure du matin. Il a attendu que je sois seule pour s’en prendre à moi. Il m’a agressée. J’ai été blessée aux lèvres. Mes fils sont intervenus et nous avons une nouvelle fois informé la police. J’ai dû cette fois le dénoncer », dit Reena.

Rajen a été arrêté le soir même. Il est provisoirement accusé de violence domestique. La police a objecté à sa remise en liberté sous caution. Il a expliqué qu’il n’a jamais voulu faire de mal à son épouse. Il n’y a rien eu de nouveau dans la conduite de Rajen. La femme avait, avant cette soirée, choisi de garder le silence. Elle aime son mari et Reena ne voulait surtout pas que ses enfants sachent ce qu’elle subit depuis 25 ans. « Depi mo kon mo misier, li bwar e li  violan », dit Reena. Elle a employé tous les moyens pour le ramener à la raison. En vain. Malgré tout, elle est restée auprès de lui pour pouvoir s’occuper de leurs fils.

Au fil des années, les enfants se sont aperçus que leur mère était une femme battue. Leur père, lui, évitait de lever la main sur sa femme en leur présence. Mais dès que les garçons avaient le dos, Rajen trouvait toujours les moyens pour laisser libre cours à ses accès de colère.