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Violence domestique - Kalpana Koonjoo-Shah : «La violence domestique est une maladie qu’il faut traiter à la base»

Des centaines d’hommes et de femmes ont marché dans les rues de Port-Louis le samedi 23 novembre pour appeler à l’éradication de la violence à l’encontre des femmes. Kalpana Koonjoo-Shah, ministre de l’Égalité des genres.

Non à la violence domestique. C’est le cri de cœur lancé le samedi 23 novembre, dans les rues de Port-Louis, lors de la marche silencieuse organisée pour dénoncer la violence à l’égard des femmes. Tous ceux présents ont eu en mémoire le nom des huit femmes ayant succombé à la violence subie.

Des centaines d’hommes et de femmes ont marché dans les rues de Port-Louis pour appeler à l’éradication de la violence à l’encontre des femmes. à travers une marche silencieuse, organisée par le bureau de l’Union européenne à Maurice, les participants ont lancé un cri du cœur pour que se développe une meilleure prise de conscience de ce problème de société et pour appeler à des mesures et actions plus concrètes afin de mieux protéger les femmes. 

Présente pour l’occasion, la ministre de l’Égalité des genres, Kalpana Koonjoo-Shah, a plaidé pour le respect des femmes dès le plus jeune âge. Elle a soutenu que la violence domestique est devenue une maladie. Il faudrait donc comprendre d’où elle vient et prendre le problème à la base. « Il faut commencer par les enfants qui grandissent. Ils doivent comprendre qu’ils doivent respecter la femme, qu’elle est une grande personne et qu’ils n’ont pas le droit de l’insulter, l’agresser et lui faire violence. »

Kalpana Koonjoo-Shah a aussi expliqué que la violence domestique n’est ni normale ni acceptable. « Ce n’est pas une société où nous, les Mauriciens, nous voulons vivre. Ce n’est pas une société que les instances internationales vont vouloir saluer pour dire que le pays est en train de progresser. Le pays progresse, oui, mais à quel prix ? Est-ce que nous accordons assez d’importance à ce problème ? » s’est-elle demandé. La ministre de l’Égalité des genres a ainsi donné l’assurance que, malgré l’immense tâche à accomplir, elle est disposée à apporter les mesures nécessaires. Outre un renforcement de la loi et une meilleure sensibilisation de la population, elle a aussi évoqué la réhabilitation des agresseurs. 

L’ambassadeur de l’Union européenne à Maurice, Vincent Degert, a expliqué que c’est par l’engagement de la société qu’il sera possible de mettre un frein à la violence contre les femmes. Il a expliqué que cette marche, organisée en marge de la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, qui sera observée le lundi 25 novembre, avait pour objectif de faire comprendre que cette violence est inacceptable. 

« Nous pouvons agir, que ce soit au sein de la famille, des juges avec les mesures de protection, des policiers en accueillant les femmes victimes de violence dans les stations de police, et au niveau du Parlement avec des lois pour mieux protéger les femmes », a-t-il dit. Vincent Degert a aussi fait comprendre qu’il fallait briser le silence et ne pas considérer cette violence faite aux femmes comme un sujet tabou. 

Anushka Virahsawmy, de Gender Links, a, pour sa part, plaidé en faveur d’autres initiatives de ce genre pour que, par un effet boule de neige, davantage de Mauriciens soient informés et sensibilisés sur ce problème de société. Pour elle, la violence domestique ne doit pas être considérée comme un simple fait divers, mais comme un véritable problème de société qu’il faut régler. 

La marche a vu la participation de plusieurs parlementaires de la majorité gouvernementale comme de l’opposition, de membres du corps diplomatique et d’organisations non-gouvernementales, ainsi que de nombreux anonymes.

 

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