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Violence au travail : 675 cas rapportés depuis janvier 2025

Par Patrick Hilbert
Publié le: 26 avril 2026 à 11:30
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La Prosecution Unit du bureau du Travail a déposé 16 cas devant l’Industrial Court.

Quatre cent dix femmes sont concernées par ces cas de violence au travail. Pour défendre les victimes, le ministère du Travail accélère sa riposte numérique.

Entre janvier 2025 et mars 2026, les services du ministère du Travail ont traité 675 cas de violence au travail. Dans une réponse écrite déposée au Parlement, le ministre du Travail et des Relations industrielles, Reza Uteem, a communiqué un état des lieux détaillé sur les cas de violence au travail enregistrés à Maurice, en réponse à une question envoyée par la députée Babita Thannoo (Rezistans ek Alternativ). 

Ces 675 cas traités par les services du ministère concernent 265 hommes et 410 femmes. Parmi ceux-ci, 328 dossiers ont été clôturés à ce jour. Par ailleurs, 19 affaires sont en cours au niveau de la Prosecution Unit, dont 16 déjà déposées devant l’Industrial Court et trois en phase finale de préparation. Le ministère précise également que trois affaires (deux cas d’abus verbal et un cas de harcèlement sexuel) ont été entendues par la justice, sans toutefois aboutir à des condamnations.

Reza Uteem précise que la notion de labour exploitation n’est pas définie explicitement dans la législation mauricienne. Elle peut toutefois recouvrir plusieurs formes graves d’abus, notamment le travail forcé, la servitude pour dettes, le travail des enfants dans ses pires formes, la rétention de documents d’identité, le non-paiement des salaires, ainsi que des violences physiques, sexuelles et psychologiques en milieu professionnel.

Concernant le harcèlement au travail, il est encadré par l’article 114 de la Workers’ Rights Act relatif à la violence at work. Celle-ci inclut le bullying, qui se définit comme un ensemble de comportements offensants, humiliants ou intimidants. Il peut également s’agir d’un abus d’autorité visant à affaiblir progressivement la confiance et les capacités d’un individu ou d’un groupe.

Du terrain au numérique 

Sur le plan opérationnel, le ministère indique que toute victime peut déposer plainte auprès des 17 bureaux régionaux du travail. Les travailleurs migrants peuvent, quant à eux, s’adresser à la Special Migrant Workers’ Unit. Les plaintes font ensuite l’objet d’enquêtes internes, pouvant déboucher sur des poursuites pénales après avis du Director of Public Prosecutions.

Sur le plan préventif, 1 651 inspections ont été menées dans les lieux de travail, couvrant 18 718 employés masculins et 12 621 employés féminins. Ces contrôles visent à vérifier l’ensemble des conditions d’emploi, y compris les situations de violence ou de harcèlement. En parallèle, 78 sessions de sensibilisation ont été organisées auprès de 1 143 travailleurs, tandis que 37 formations ont été dispensées aux agents techniques du ministère.

Enfin, le ministère indique qu’une plateforme numérique, LabourConnect, est en phase de test. Une fois opérationnelle, elle permettra aux travailleurs de signaler en ligne les cas de violence au travail et de harcèlement, facilitant ainsi l’accès aux mécanismes de plainte et de suivi.

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