Live News

Violée à 11 ans : Kimberley, 19 ans, se bat pour que le coupable soit puni

La jeune fille veut que justice lui soit rendue.

L’enfer l’attendait au… paradis. Elle avait 11 ans et était en vacances à Maurice. Mais un proche, de 20 ans son aîné, l’a violée plus d’une fois… Après plusieurs tentatives de suicide, Kimberley a remonté la pente. Aujourd’hui, à 19 ans, elle est déterminée à se battre pour que le coupable soit puni. Le coupable est actuellement en liberté conditionnelle.  

Lorsque Kimberley quitte la Suisse avec ses parents pour passer six mois de vacances chez nous, elle a 11 ans. Elle est toute innocente. Elle ne sait pas qu’elle va vivre un cauchemar.   « C’était en février 2011 et nous étions à Flic-en-Flac quand nous avons rencontré des proches de ma mère, confie-t-elle. Ils sont revenus nous voir régulièrement au bungalow et des fois, ils y restaient. L’un d’eux, qui est le fils de la cousine de ma mère, m’emmenait souvent à la plage. Je le trouvais un peu bizarre car il ne cessait de me dire que j’étais belle et lorsqu’on croisait ses potes, il me présentait comme sa copine. Je n’ai pas osé en parler à mes parents car il était un membre de la famille. » 

La jeune fille passe beaucoup de temps en sa compagnie. « Il était là en permanence et ma famille lui faisait confiance, raconte Kimberley. Un jour, nous étions tous sur le toit à admirer le paysage. Ensuite, mes parents sont descendus dans la cuisine. J’ai voulu les suivre mais il m’a demandé d’attendre. Puis, il m’a plaquée au sol avec force et il m’a violée. J’étais tétanisée. J’ai essayé de le repousser mais je n’arrivais pas à hurler. De plus, j’avais honte. Je ne voulais pas que mes parents me voient dans cet état. Il m’a demandé de ne pas en parler. J’ai saigné énormément. J’avais très mal. Je suis allée aux toilettes puis j’ai couru dans la salle de bains pour me laver. J’ai beaucoup pleuré mais je n’ai rien dit à personne. » 

Face à son silence, son agresseur récidive. Une fois sur la plage alors que la famille campe sous une tente, une autre fois dans le salon et d’autres fois à son domicile. « Sa mère m’avait invitée à venir passer deux jours chez elle, elle voulait me faire découvrir Curepipe. Je ne voulais pas y aller mais je n’avais pas le choix. Ma mère la considérait comme une sœur car elles avaient grandi ensemble. Pendant ces deux jours, il m’a violée plusieurs fois. Je dormais au salon où sa mère avait placé un matelas à côté du canapé mais sans gêne, il venait à côté de moi pour me caresser. »

Images horribles 

Kimberley se mure dans le silence jusqu’à son retour en Suisse. Elle n’arrive pas à chasser ces images horribles de sa tête. Elle se renferme, fugue et fait une tentative de suicide. Finalement, elle se confie à sa meilleure amie qui en parle à la police. De là, les policiers compilent un dossier, font une enquête et réfèrent le cas aux autorités mauriciennes. Ils apprennent alors qu’il s’agit d’un récidiviste. Il n’en est pas à son premier viol. « Il a été arrêté et condamné pour un cas similaire. » 

Kimberley ne peut supporter l’inaction des autorités locales. Elle sombre dans la déprime. Elle fait plusieurs tentatives de suicide. « Je voulais mourir. Je me disais à quoi bon vivre quand il y a tellement d’injustice. Je me demandais ce qui clochait chez moi ». Elle tente de « se taillader les veines et de se jeter sous un train ». Ses amis interviennent à temps. Elle devient incontrôlable et ses parents décident de faire appel au service de la Protection de l’Enfance qui la place dans un centre spécialisé. 

Dès lors, elle se sent mieux. «J’ai appris à revivre normalement et à retrouver confiance en moi.» Aujourd’hui, Kimberley est une autre personne. Elle ne veut plus sombrer même si elle n’a rien oublié. D’ailleurs, elle souhaite se battre jusqu’au bout pour que le coupable soit puni. Elle encourage d’autres victimes à venir de l’avant pour dénoncer leur agresseur. « Il ne faut pas se taire car sinon il recommencera. » 


La police montrée du doigt 

Kimberley est à Maurice avec ses parents depuis le 7 juillet. « Chaque année nous venons à Maurice pour savoir où en est l’enquête », explique sa mère. Mais nous sommes toujours déçus et nous devons toujours nous préparer au pire. La dernière fois, la police avait perdu les photos d’identification prises et nous avons dû les refaire. Cette fois-ci, les policiers nous ont informé qu’ils ont perdu le rapport du psychologue de la Suisse. Nous ne comprennons pas pourquoi ils n’arrivent pas à boucler cette enquête. Pendant ce temps, nous ne vivons plus. Nous souffrons et ma fille encore plus ! »

Par contre, elle indique qu’au niveau du bureau de l’Ombudsperson for children, il y a eu « une meilleure approche ». Dans une semaine, la famille reprend l’avion pour la Suisse. Elle se demande jusqu’à quand elle va devoir attendre. « Cette fois ci, on nous a assuré que le dossier est au bureau du Directeur des poursuites publiques. Nous espérons qu’il y aura une suite. Nous sommes très déçus de la manière dont on traite les cas de viol, surtout sur des mineures, à l’île Maurice. » Du côté de la police, on nous a précisé que l’enquête est bouclée.