Vincent Hardy, Group CEO Mont Choisy : «Le manque de talents dans plusieurs secteurs est un frein à la croissance»
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Ajagen Koomalen Rungen
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À l’approche du Budget 2026-2027, quelles devraient être, selon vous, les quatre grandes priorités pour assurer l’avenir économique de Maurice ?
À l’approche du Budget 2026-2027, il me semble essentiel que Maurice se positionne avec une vision claire et ambitieuse pour la prochaine phase de son développement économique. Le contexte mondial devient de plus en plus compétitif et incertain, ce qui exige aujourd’hui des décisions capables de renforcer à la fois notre attractivité, notre résilience et notre capacité de croissance à long terme.
Selon moi, quatre grandes priorités doivent guider ce budget.
Maurice doit continuer à créer un environnement favorable à une croissance portée par le secteur privé. Ce qui implique d’accélérer les investissements stratégiques dans les infrastructures, de simplifier davantage les procédures administratives et d’améliorer continuellement la facilité de faire des affaires.
Dans un contexte régional et international très concurrentiel, il devient également essentiel d’attirer des investissements étrangers à forte valeur ajoutée, capables de créer de l’emploi, de transférer des compétences et de renforcer durablement les écosystèmes économiques locaux.
Le manque de talents dans plusieurs secteurs est un frein à la croissance. Maurice doit renforcer l’adéquation entre la formation et les besoins du marché, encourager davantage la montée en compétences et adopter une approche plus proactive pour attirer et retenir des talents internationaux dans des secteurs stratégiques. La productivité doit également occuper une place centrale dans les années à venir.
Les PME demeurent un pilier fondamental de l’économie mauricienne et doivent continuer à bénéficier d’un accompagnement adapté. Dans le même temps, les mesures visant à atténuer l’impact du coût de la vie pour les plus vulnérables restent importantes pour maintenir la cohésion sociale et la confiance économique. Une croissance durable ne peut exister sans équilibre social.
Enfin, Maurice doit continuer à renforcer la qualité de ses institutions, sa gouvernance et sa capacité d’exécution. La confiance des investisseurs repose de plus en plus sur la stabilité réglementaire, la cohérence des politiques publiques et la crédibilité des institutions. Ce sont des éléments qui ont largement contribué à la réputation de Maurice au fil des années et qu’il est essentiel de préserver et de consolider.
Dans cette dynamique, les partenariats public-privé auront un rôle de plus en plus important à jouer. Le Boulevard de Mont Choisy illustre la manière dont une collaboration stratégique entre le secteur privé et les autorités peut contribuer au développement d’infrastructures utiles au pays tout en soutenant le développement régional et l’amélioration de la qualité de vie.
Plus largement, les projets intégrés comme Mont Choisy reflètent le type d’approche que Maurice gagnerait à encourager davantage : des environnements cohérents où résidences, commerce, loisirs, mobilité et durabilité s’inscrivent dans une vision à long terme capable de renforcer l’attractivité globale du pays auprès des investisseurs, des résidents et des entreprises internationales.