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Vikash Tatayah : «La mesure concernant les voitures électriques et hybrides comporte de nombreuses failles»

Que pensez-vous des mesures en faveur du développement durable ?
Au vu de la situation actuelle, il était difficile de penser à de fortes actions environnementales. J’ai, toutefois, été agréablement surpris par les multiples propositions du ministre des Finances. Les annonces faites pour le développement durable démontrent, néanmoins, la portée économique des actions environnementales. Beaucoup de personnes pensent que l’environnement, la conservation et autres sont coûteux et qu’il n’y a pas de retour financier. Le ministre démontre que le développement durable a une portée économique importante. Il y a des économies qui peuvent être faites, si on protège notre environnement. Il faut maintenant qu’on réduise notre dépendance des produits pétroliers. 

On espère atteindre 60 % d’énergie propre d’ici 2030. Est-ce réalisable, selon vous ? 
J’aurais espéré qu’on puisse être moins dépendant du charbon à l’horizon 2030. Il y a des sources classiques qu’on peut exploiter : hydraulique, éolien, solaire et bagasse, entre autres, pour la production électrique. Un changement de mentalité est aussi de rigueur. On ne peut pas continuellement allumer la climatisation. Ensuite, il y a plusieurs options, comme le co-voiturage, le télétravail et les bâtiments écologiques.

Quand il y a une bonne planification, on peut atteindre cet objectif. Il faut, cependant, une volonté politique et des mesures qui l’accompagnent. 
 
Justement, on n’est pas encore arrivé à notre objectif en matière d’énergie renouvelable, mais voilà que le gouvernement propose des voitures hybrides et électriques exemptées des droits d’accises à partir de juillet prochain. Une mesure à priori contradictoire, car les propriétaires devront charger leur voiture avec de l’électricité produite à base de charbon, n’est-ce pas ? 
Cette mesure comporte de nombreuses failles. Tout d’abord, le prix de ces voitures n’est pas à la portée de tout le monde. Si un véhicule électrique coûtait Rs 1,9 million, elle sera proposée en juillet prochain à Rs 1,7 million. Ensuite, il y a, en effet, un problème environnemental, si on doit charger la voiture avec de l’électricité sur le réseau produit avec de l’huile lourde ou du charbon revenant à Rs 5 000 à Rs 6 000 par mois. Cela n’a pas de sens. 

Inciter les Mauriciens à se tourner vers des véhicules écologiques, c’est bien, mais il faut proposer d’autres mesures, comme des incitations afin qu’ils puissent installer un système solaire à domicile pour charger leur voiture et revendre le surplus au CEB, ce qui aurait un sens écologique. On doit penser de façon holistique et non pas présenter une mesure isolée pour atteindre un objectif qui est, en fait, réalisable.  

Mais je me répète, on doit boucler la boucle.  De plus, il est vital de penser à la sécurité énergétique, vu la vulnérabilité du pays dans ce secteur. C’est pourquoi je pense qu’il faut une réflexion dès maintenant, surtout que le pays possède de nombreux atouts, comme le soleil et le vent. On doit capitaliser dessus. La Chine est l’un des plus grands producteurs de panneaux solaires et dispose des technologies et des expertises. On pourrait user de nos relations diplomatiques pour demander une coopération technique à ce niveau. 

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