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[Vidéo] Retrouvée morte à son domicile : Aisha ou l’histoire d’une femme martyre

En treize ans, sa vie a basculé du tout au tout. Passant de secrétaire d’un légiste à une victime de l’enfer de la drogue, Aisha Ooduruth a connu une vie rythmée sous les coups d’un compagnon toxicomane, selon les proches de la victime. Le calvaire de la jeune femme a pris fin le 21 juin, quand son corps sans vie a été retrouvé à son domicile. Les photos témoignent de la terrible agression qu’elle a subie, deux semaines avant sa mort, soit le 9 juin. Aisha Bibi Ooduruth bénéficiait alors d’une ordonnance de protection. Elle a été retrouvée morte à son domicile, à Plaine-Verte, dans la soirée du mardi 21 juin. L’autopsie, pratiquée par le Dr Sudesh Kumar Gungadin, a attribué le décès à un œdème cérébral.
[[{"type":"media","view_mode":"media_large","fid":"19689","attributes":{"class":"media-image size-full wp-image-33985","typeof":"foaf:Image","style":"","width":"1281","height":"720","alt":"Aisha Ooduruth"}}]] Les photos de l’agression qu’a subie Aisha Ooduruth deux semaines avant sa mort. Nous les publions avec l’autorisation de ses parents.

[row custom_class=""][/row] La police a écarté l’hypothèse d’un foul play. Cependant, des prélèvements effectués sur la victime ont été envoyés au Forensic Science Laboratory à des fins d’analyses. En attendant les résultats, la police de Plaine-Verte poursuit son enquête sous la supervision de l’ASP Salim Hosseny. Mais pour la famille de la victime, les circonstances entourant la mort d’Aisha sont louches… Sa mère Rooksana Dinally, âgée de 57 ans, raconte la descente aux enfers de sa fille, durant les treize années que cette dernière a passées avec son présumé bourreau. Aisha est issue d’une famille de sept enfants, dont quatre garçons. Elle a étudié jusqu’à la Form V, au London College, avant d’être embauchée comme secrétaire dans le cabinet d’un avocat. À 21 ans, elle a épousé civilement un dénommé Noordin. Pendant un an, le couple a mené une vie stable, affirme la quinquagénaire. Toutefois, poursuit l’habitante de Vallée-Pitot, la vie d’Aisha a été chamboulée lorsqu’elle a fait la connaissance d’un certain Bashir. La jeune femme a alors décidé de vivre en concubinage avec cet homme, contre l’avis de ses parents, après avoir quitté son époux. Yasseen, le frère de la victime, confie que tout se passait bien pendant les quatre premières années durant lesquels ils ont vécu ensemble. Aisha et Bashir ont eu une fille, qui est aujourd’hui âgée de dix ans. Toutefois, souligne Yasseen, la vie du couple a pris une autre tournure quand Bashir, qui était chauffeur d’autobus, a perdu son emploi. « Linn koumans bat mo ser ek mo finn aprann osi ki zot ti koumans tous ladrog », relate le jeune homme.

22 jours dans le coma

Le couple se serait alors engouffré dans la spirale infernale de la drogue, de la violence et des démêlés avec la police. « Souvan, mo bofrer finn gagn case lapolis ek mo ser al tir li lor kosyon. Plizir fwa Aisha finn vinn lakaz avek bann mark lor li. Li dir Bashir kinn fer li sa. Me apre li retournn kot li. Linn mem fer mo ser al mandie lor sime pou gagn larzan pou droge », raconte Yasseen. En 2010, les parents d’Aisha se sont réveillés sous le choc. Des voisins ont découvert la jeune femme gisant dans une mare de sang devant leur porte. « Mo finn aprann ki Bashir finn bat mo tifi lor sime ver 7 er sa zour-la, ek li finn vinn zet li inkonsian divan nou  laport. Nou finn bizin fer SAMU vinn pran li », poursuit Rooksana Dinally. Aisha avait eu plusieurs côtes fracturées. Elle est restée pendant 22 jours dans le coma. À son réveil, elle a porté plainte contre Bashir. Elle est ensuite retournée vivre chez sa mère. La police de Plaine-Verte s’est alors mise à la recherche du concubin pour procéder à son arrestation. Toutefois, deux semaines plus tard, déplore Yasseen, sa sœur a décidé de retourner vivre avec Bashir et de retirer la plainte qu’elle avait faite contre lui. Par la suite, soutient le frère, les va-et-vient d’Aisha chez sa mère à chaque fois qu’elle se faisait tabasser ne se comptaient plus. Comme un malheur ne vient jamais seule, la jeune femme a été victime d’un accident de la route, en mai dernier, alors qu’elle était à moto avec Bashir. Elle a eu la vessie éclatée et a dû être hospitalisée pendant une dizaine de jours. Aussitôt rétablie, elle est retournée vivre chez son concubin. Dans la nuit du dimanche 5 juin, Aisha a débarqué chez sa mère en compagnie de sa fille. Elle a raconté avoir de nouveau été tabassée par Bashir. Deux jours après, elle est retournée avec lui. « Mo pa kompran. Li ti retournn ar li a sak fwa, malgre li gagn bate kouma zanimo. Mo ti dir li kit sa boug-la parski enn zour li pou trouv lamor », précise la quinquagénaire. Quatre jours plus tard, soit le 9 juin, Aisha, qui était dans un sale état, s’est présentée une fois de plus chez ses parents. Il était aux alentours de 5 heures du matin. Rooksana Dinally et ses enfants débutaient le jeûne du Ramadan. Aisha était accompagnée de sa fille. Elle avait le visage défiguré et arrivait à peine à se tenir debout. « Li dir Bashir finn bat li depi merkredi apremidi ziska zedi. Linn pil so latet lor miray, bril li partou ek sigaret ek bat li ek kourwa motosiklet », affirme la quinquagénaire.

Défigurée par les coups

Yasseen a alors eu le réflexe de prendre quelques photos de sa sœur avec ses blessures, avant de la conduire à l’hôpital où elle a été admise. La police de Plaine-Verte est venue enregistrer la plainte d’Aisha qui était sur son lit d’hôpital. Dans sa plainte, elle a incriminé une fois de plus Bashir. Six jours après, elle est rentrée chez sa mère où elle est restée jusqu’au mardi 21 juin. « Linn ale. Li dir li bizin al depoz so tifi lekol. Li ti byen. Me ver 18h30, lapolis vinn inform nou ki Aisha inn mor. Nou oule lazistis. Mo tifi ti byen kan linn kit mo lakaz. Bizin ena kitsoz lous. Nou swete ki lapolis menn so lanket pou konn laverite. Bashir bizin paye pou linn agres Aisha le 9 juin osi, parski mo tifi ti sou Protection Order », conclut Rooksana Dinally.