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Victime de violence domestique : Bibi Amreen veut divorcer mais son mari est introuvable

Quand on n’arrive pas trouver une personne pour lui servir une notice, il existe des procédures au niveau de la Cour.

Lasse de subir la violence de son époux, Bibi Amreen, qui a trois enfants, a entamé une procédure de divorce en 2016. Sauf que son mari est introuvable. Même la police n’arrive pas à le retracer…

Que faire pour se protéger d’un mari violent qui, de surcroît, menace de vous jeter de l’acide au visage ? La première réaction est de fuir loin de lui. C’est ce qu’essaie de faire Bibi Amreen, âgée de 29 ans, qui souhaite divorcer de son époux Dhanirajsing B., 40 ans. Encore faut-il qu’elle arrive à le retrouver, car à en croire l’habitante de Camp-Fouquereaux, il est introuvable depuis 2016.

C’est en mars 2009 qu’ils se sont mariés. Un mariage d’amour et rare… Si seulement elle avait su que cet amour se transformerait en cauchemar. Le couple a eu trois enfants, âgés de cinq, six et huit ans. « Dès la naissance de notre premier enfant, mon mari a commencé à devenir violent. Il s’est mis à me battre. J’ai été hospitalisée à plusieurs reprises. Une fois, il m’a frappée à coups de briques dans le dos. Il est devenu accro à l’alcool puis au cannabis », relate Bibi Amreen.

Le 24 juin 2018, il aurait tenté de l’agresser avec de l’acide alors qu’elle sortait de l’hôpital (où elle avait été admise après qu’il l’a frappée). Il lui en voulait à elle et à ses enfants. « Un cousin de mon mari, m’entendant hurler, est intervenu. Il nous a sauvés d’un acte odieux, mes enfants et moi… »

Deux ans plus tôt, Bibi Amreen avait fui la maison pour se réfugier chez SOS Femmes. Elle y avait passé une dizaine de jours avec ses trois enfants, avant de s’installer chez ses parents qui habitent aussi Camp-Fouquereaux. « En 1997 déjà, j’avais obtenu un Protection Order contre lui », relate la jeune femme, qui est asthmatique. « Il s’en est pris plusieurs fois aux enfants. » Il semble, selon elle, détester le benjamin. « Il a refusé de le reconnaître et de le déclarer à sa naissance. Je l’ai inscrit sous mon nom », confie Bibi Amreen.

Mandats d’arrêt  

Ne pouvant plus supporter cette situation, elle a entamé une procédure de divorce en 2016. La jeune femme veut à tout prix tourner la page. Le hic est que son mari s’est évanoui dans la nature. Il ne s’est jamais présenté en Cour, puisque l’huissier chargé de lui remettre la lettre de convocation ne l’a pas vu à son domicile à Royal Road, Camp-Fouquereaux. L’huissier a collé une notice sur la porte avant de s’en aller. Mais le mari ne s’est jamais manifesté.

Bibi Amreen a porté plainte contre son mari introuvable au poste de police de Phœnix et à celui de Vacoas. « Un policier m’a dit que mon mari était toujours introuvable », déclare-t-elle dépitée. Elle rappelle que plusieurs mandats d’arrêt ont été émis contre lui pour divers délits. Dhanirajsing n’a toujours pas refait surface…

La jeune femme : « Mon aîné veut devenir policier et les deux autres soldats »

Comme si un malheur ne suffisait pas, Bibi Amreen n’arrive pas à trouver du travail. « C’est un boulet supplémentaire que je traîne en sus de cette souffrance physique. Je crains de ne pas pouvoir avancer dans la vie alors que j’ai trois enfants à ma charge. » Son fils ainé, âgé de huit ans, veut devenir policier. Quant aux deux autres, ils veulent être soldats. « Pour eux, l’ordre, la protection et la discipline importent beaucoup. Ils m’ont tellement vu souffrir », confie Bibi Amreen. Mais alors que ses enfants ont des rêves plein la tête, elle se demande comment elle pourra leur offrir une vie et une scolarité décentes pour qu’ils puissent les réaliser. « Vu que leur père est absent, comment leur offrir la stabilité émotionnelle et affective dont ils ont besoin ? Je ne sais pas si j’aurai la force nécessaire pour être à la fois leur mère et leur père ? »

Les options

De quel recours dispose Bibi Amreen ? La rédaction a consulté Me Bala Mukan, avocat. « Normalement, quand on n’arrive pas à retrouver la personne recherchée pour lui servir une notice, il existe des procédures au niveau de la Cour. L’avoué de la plaignante demandera la permission au juge, vu qu’il n’arrive pas à retracer la personne, de faire une publication dans la presse ou de poster le document à la dernière adresse connue de la personne. La Cour prendra alors une décision si la personne ne donne toujours aucun signe de vie. La procédure de divorce pourra alors être enclenchée », précise l’avocat. « L’avoué pourrait aussi demander au Passport and Immigration Office de vérifier si la personne s’est rendue à l’étranger. »