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Verdict de la cour intermédiaire : «L’argent de Sada Curpen pas lié à des activités criminelles»

Sada Curpen et son avocat, Me Assad Peeroo. Sada Curpen et son avocat, Me Assad Peeroo.

Deux ans après son acquittement dans le meurtre de Denis Fine, Sada Curpen a connu une autre victoire devant la justice le lundi 15 avril 2019. Il a été acquitté à l’issue d’un procès pour blanchiment d’argent.

Neuf ans après les faits, Sada Curpen, 40 ans, le directeur du salon de coiffure d’Imagine Hair, a été blanchi devant la cour intermédiaire. Il faisait face à un procès sous deux accusations de blanchiment d’argent.

Cela pour avoir été notamment en possession de 28 800 euros et Rs 43 550 lorsqu’il a été interpellé, le 7 mars 2010, à l’aéroport Sir Seewoosagur Ramgoolam de Plaisance. La police lui reprochait aussi d’avoir été en possession de Rs 285 000, le 9 mars 2010, à sa demeure à Terre-Rouge.

Sada Curpen avait plaidé non coupable dans l’affaire. Il était défendu par Me Assad Peeroo.

Dans son verdict, la magistrate Navina Parsuramen a notamment statué que la police a failli à mettre Sada Curpen en présence des accusations de blanchiment d’argent. Aussi la cour a souligné que la poursuite dans l’affaire, « a failli à établir le lien entre l’argent de Sada Curpen et toute activité criminelle ».

La cour note que « les enquêteurs ont été unanimes à dire qu'ils n’ont jamais enquêté sur l’origine de l'argent de Sada Curpen pour voir si c’était de l’argent sale ». La cour a retenu l’argument de la défense à l’effet que Sada Curpen détient des business à Maurice et en France et pouvait ainsi percevoir des revenus de ces affaires.

Le sergent Jeanneton, policier à la retraite, avait lors de son témoignage dans l’affaire soutenu que, le 7 mars 2010, alors qu’il était de service à l'aéroport de Plaisance, il a été informé par le Deputy Commissionner of Police, Rampersad Sooroojbally que Sada Curpen s’apprêtait à embarquer sur le vol MK 034 à destination de Paris Charles-de-Gaulles. Le témoin affirme avoir reçu l’ordre du surintendant de police, Yousouf Soopun, de la Major Crime Investigation Team (MCIT) d’arrêter Sada Curpen dans le cadre d'une affaire de meurtre.

C’est ainsi que Sada Curpen est interpellé et conduit dans les locaux de l’Anti Drug and Smuggling Unit (ADSU). Lors d’une fouille, 28 800 euros et Rs 43 550 en espèces sont saisis de son sac. Interrogé sur l'argent, l'accusé a répondu qu'il a retiré l’argent de la banque et avait l'intention de le déclarer au bureau de douane à l'immigration.

Retraits importants

Toujours dans le cadre du procès, Clifford Allet, manager à la Mauritius Commercial Bank (MCB), a aussi été entendu. Le témoin a présenté des relevés bancaires pour la période 2006-2010 du compte en euros et du compte en roupies mauriciennes que détenait Sada Curpen à la MCB. Il ressort que le compte en euros de Sada Curpen affichait un solde d’un montant de 110 000 euros en octobre 2006.

Le témoin a par ailleurs indiqué que les comptes bancaires de Sada Curpen ont été gelés par le passé. Toutefois, l’ordre de gel a été annulé en décembre 2007. Il a déclaré que, de décembre 2007 à août 2008, l’accusé a fait des retraits en espèces substantiels des deux comptes.

Sada Curpen avait déposé un chèque de la banque Crédit Lyonnais, de France, d’un montant de 110 000 euros à son compte à la MCB avant octobre 2006. Dans son verdict, la cour souligne que les relevés bancaires montrent des retraits importants des comptes de Sada Curpen, s'élevant à environ 57 000 euros et Rs 2 millions à partir de décembre 2007 à août 2008. Le témoin Clifford Allet a affirmé que les transactions de Sada Curpen consistaient en de l’argent propre.

Réaction

Sada Curpen : «Je suis soulagé»

Sollicité pour une déclaration après son acquittement, Sada Curpen a soutenu que « c’est une grande satisfaction. Je suis soulagé. Je remercie mon homme de loi et son équipe. Cette affaire remonte à 2010. J’ai un grand regret: qu’on ne m’ait pas autorisé à voyager pour pouvoir assister aux funérailles de mon père. J’ai toujours clamé mon innocence et j’ai toujours fait confiance en la justice mauricienne. Aujourd’hui, la vérité a triomphé »