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Venue de Rodrigues pour étudier à Maurice : les rêves brisés de Sandrine Marla

Sandrine Marla crie à l’arnaque.

Fille aînée, Sandrine Marla était l’espoir de sa famille, mais tous les projets de cette jeune femme sont tombés à l’eau. Pour quitter Rodrigues et venir étudier à Maurice, elle s’est endettée jusqu’au cou. Désormais, ses parents sont confrontés à des difficultés financières. Elle crie sa colère face à son impuissance de ne pas pouvoir aider les siens.  

Depuis son adolescence, Sandrine Marla caresse un rêve : celui de travailler dans l’administration de l’Assemblée de Rodrigues. Fréquentant alors le collège Mont-Lubin, elle en parle sans cesse à ses camarades. En 2013, une fois son certificat du Higher School Certificate en poche, elle se renseigne sur les études tertiaires à entreprendre pour concrétiser son rêve. 

La jeune fille décide de tout quitter : la scène musicale, les activités sociales, les mouvements de jeunesse, ainsi que ses engagements, pour venir étudier à Maurice. Au cours de ses recherches, elle est séduite par l’annonce d’une Ecole de Management. « Je téléphone pour me renseigner et un certain Patrice me répond. Il me  parle des cours offerts par cet établissement. Je suis ravie, mais au niveau financier, cela posera problème. Les cours coûtent Rs 170 000. » 

Mais elle se dit que cela en vaut la peine car cela lui permettra de décrocher un Higher Diploma in Business Administration. C’est alors un pas de plus qu’elle fait vers son rêve de toujours. 

Il ne reste plus qu’à trouver la somme nécessaire. Ses parents la soutiennent à fond. « Pou zot, se inportan fer sa pou mwa pou ki dime mo kapav fer pou mo bann ser. » Après avoir entamé des démarches, Sandrine obtient un prêt étudiant. 

« Mon père demande à un ami de se porter garant. Il propose aussi son moyen de transport en garantie, si je me souviens bien. À l’époque, je n’ai pas de grandes difficultés à obtenir le prêt », relate-t-elle. 

Elle est consciente que c’est une grande responsabilité, mais elle est motivée et sûre d’elle, convaincue qu’elle réussira. Elle fait le paiement, débarque à Maurice et commence ses cours. 

Fermeture de l’école en 2016 

Pendant deux années, la situation est parfois chaotique, mais les cours ont quand même lieu. « Après les examens, on ne recevait jamais nos résultats. Quand on s’en plaignait à la direction, elle nous disait toujours que c’était la faute de la maison-mère. On trouvait cela étrange, mais nous étions loin de nous douter de la catastrophe qui nous attendait », relate la jeune fille.

Le 5 décembre 2016, Sandrine Marla reçoit un coup de massue. Lorsque Sandrine et les autres élèves se rendent à l’institution qui se trouve à Saint-Jean, les portes sont closes. Il n’y a qu’une notice qui indique : « The ... School of Management is officially closed as at 5th December 2016. »

Les élèves sont consternés. « Nous sommes alors au nombre de 50 dans ma classe. Je pense qu’il y avait une centaine d’autres élèves. Quand nous avons essayé de contacter les responsables, personne n’a répondu à nos appels. On s’est rendu à la police et les officiers nous ont accompagnés sur place. »

La jeune femme ajoute qu’après leurs appels, la directrice est venue avec deux autres personnes. « Puis, comme la tension est montée d’un cran, car les élèves étaient remontés, la police a décidé de les évacuer. Depuis cet incident, nous n’avons plus de contact avec la directrice. La plainte que nous avons déposée à la police est restée sans suite », explique-t-elle.

Quand elle a pris contact avec la directrice via Facebook, cette dernière lui a donné l’assurance que tous les élèves seraient remboursés. « Elle nous a demandé de revenir vers elle parce qu’elle avait, selon elle, à cœur que l’affaire soit résolue au plus vite », raconte la jeune femme. 

Depuis, cinq longues années ont passé. Sandra Marla doit désormais se rendre à l’évidence qu’il se peut qu’elle ne soit jamais remboursée, alors qu’elle est endettée. « Quand j’ai exposé mon problème à la banque, elle a fait la sourde oreille. Zot pa pran par dan nou maler ek zot zis kone nou bizin ranbours zot », se plaint-elle. 

De plus, elle a eu des problèmes avec la personne qui s’est portée garante, car l’argent a été déduit de son compte. « Quand mon père a appris ce qui s’est passé, il est tombé gravement malade. Linn koumans gagn bann problem tansion ek linn koumans trouv som. Linn vinn Moris pou opere ek li vinn aveg », avoue-t-elle, très émue. 

Depuis l’année dernière, elle se bat pour rembourser le prêt étudiant et aider sa famille. « Ma maman est seule à devoir veiller sur mon père et mes petites sœurs, âgées de six et 14 ans. Quel avenir les attend ? », se demande-t-elle, inquiète. 

Elle se souvient que ses parents ont accepté de l’aider afin qu’elle puisse à son tour faire la même chose pour ses petites sœurs. Elle est restée à Maurice et travaille dans une société d’archivage. 

Mais elle est révoltée et elle a un énorme poids sur le cœur. « Mo gagn enn koler ek enn tristes. Mo pa kapav explik ou sa santiman ki mo resanti la », dit la jeune fille, qui malgré tout, peut encore compter sur le soutien de ses parents. Plus que jamais, elle cherche désespérément l’aide d’un homme de loi pour obtenir justice et demander aux autorités de faire la lumière sur cette affaire qui a brisé ses rêves. Elle est consciente qu’il lui sera impossible de financer d’autres études, du moins pour le moment. Elle garde au fond de son cœur son rêve le plus cher : travailler au sein de l’Assemblée de Rodrigues. 

Sollicitée pour une déclaration, l’ex Directrice de la PR School of Management, Shaleena Callichurn explique « Les étudiants ont choisi de contacter toutes les institutions, y compris la presse, sauf la bonne personne. Sachez qu’un médiateur a été nommé et qu’ils peuvent s’adresser à lui. Sinon elle peut m’adresser un courrier et je le lui ferai parvenir. Nous avons également une équipe d’hommes de loi en charge de cette affaire qui s’assure que nous puissions obtenir justice contre les autorités pour la fermeture de l’école. Quant à moi, j’ai toujours respecté ma partie du contrat. »

 

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