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Vente de produits psycho-actifs : le ministère serre la vis

Les pharmaciens sont les seuls habilités à délivrer les produits psycho-actifs.

La circulaire émise par le ministère de la Santé le 30 avril 2019 pour mieux contrôler la vente de produits psycho-actifs listés dans le Schedule III de la Dangerous Drugs Act, est diversement commentée parmi les pharmaciens. Si pour certains il s’agit d’une bonne initiative, d’autres estiment que ce contrôle devrait aussi concerner les médecins. 

Le 20 mai 2019. C’est la date à laquelle prendront effet les mesures contenues dans la circulaire émise par le ministère de la Santé le 30 avril dernier pour mieux réglementer la vente de produits psycho-actifs (qui ont un effet sur le cerveau) listés dans le Schedule III de la Dangerous Drugs Act. Cette initiative a été prise suivant des allégations de pratiques frauduleuses entre grossistes (wholesale pharmacies), revendeurs et pharmacies. 

Que dit la circulaire ? Désormais, les bons de commande émis par les pharmacies doivent prendre la forme d’un requisition form tel que mentionné dans la circulaire. Celui-ci doit porter un numéro de série, le nom de la pharmacie, le nom, l’adresse ainsi que le numéro de téléphone du pharmacien responsable, sans oublier le sceau du ministère de la Santé. Le requisition form ne doit contenir que la liste des produits listés dans le Schedule III de la Dangerous Drugs Act. 

Tous les items doivent être vérifiés au moment de la livraison. Tout doute doit être rapporté au ministère. Celui-ci doit être informé de toutes les demandes considérées comme étant exagérées ou démesurées. Autre changement : chaque  pharmacie pourra être livrée uniquement deux fois par mois. La circulaire stipule aussi que le pharmacien sera le seul habilité à réceptionner les produits et signer le bon de livraison.  
Ce qui est une bonne chose, confie un pharmacien du service public sous le couvert de l’anonymat. « Il y a pas mal de problèmes avec les officines dont le pharmacien n’est pas le propriétaire », dit-il. Notre interlocuteur se dit convaincu que ces mesures garantiront un plus grand contrôle des produits psycho-actifs. « Les pharmaciens seront désormais au courant de toutes les transactions concernant les produits listés sous le Schedule III ainsi que les produits en stock », précise-t-il. 

Pour ce pharmacien, le ministère ne fait qu’appliquer les mesures de la Dangerous Drugs Act. Il martèle que les produits psycho-actifs doivent être placés sous le contrôle des pharmaciens qui sont les seuls habilités à les délivrer.  

Si notre intervenant accueille favorablement ces mesures, la pilule est plus dure à avaler pour Siddique Khodabocus, président de l’Union des pharmaciens. « De nombreux pharmaciens ne sont pas propriétaires de l’officine où ils exercent. Ce n’est pas eux qui décident de ce qu’il faut acheter. Pourquoi la responsabilité devrait-elle incomber uniquement au pharmacien et non au propriétaire ? » s’interroge-t-il. Il est d’avis que les propriétaires des pharmacies devraient eux aussi être sommés d’apposer leur signature sur les bons de livraison. 

En ce qui concerne la limite du nombre de livraisons à deux par mois, il estime que le ministère ne peut imposer une telle mesure vu que les pharmacies ont une licence pour vendre des produits pharmaceutiques. « Cela pénalisera à la fois les pharmacies et les patients qui risquent de se retrouver sans médicaments », martèle-t-il. 

Siddique Khodabocus se demande aussi pourquoi ce contrôle ne s’applique qu’aux pharmaciens qui ne sont que des exécutants. Ces derniers délivrent des produits sur ordonnance des médecins. « Pourquoi les médecins ne sont-ils pas tenus de fournir un rapport sur le nombre d’ordonnances de produits psycho-actifs ? » lance-t-il. 

Le président de l’Union des pharmaciens recommande une réunion entre toutes les parties prenantes afin que des solutions plus viables soient trouvées. Selon lui, ces mesures ne viennent résoudre que partiellement le problème de pratiques frauduleuses. 

Avis partagé par Arshad Saroar, ancien président de la Pharmaceutical Association of Mauritius (PAM). S’il applaudit la démarche du ministère, il estime que les mesures ne résoudront pas totalement le problème. Il est d’avis que certaines pharmacies auront tendance à se constituer un stock de produits psycho-actifs pour être parées à toute éventualité. Ce qui va à l’encontre du contrôle que  veut exercer le ministère. Il considère que ces règlements doivent être ajustés avant d’entrer en vigueur. 

Nous avons aussi sollicité la présidente et le Public Relations Officer de la PAM nous ont fait comprendre que les mesures de la circulaire doivent être discutées dans le comité avant de pouvoir être commenté.

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