Vente de 200 millions de dollars : l’impact de l’intervention de la BoM sur l’économie
Par
Leena Gooraya-Poligadoo
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Leena Gooraya-Poligadoo
La Banque centrale est intervenue sur le marché des changes en vendant 200 millions de dollars, soit l’équivalent de Rs 8,6 milliards, le 13 avril. C’est afin de régler la pénurie de devises sur le marché. Quelles seront les conséquences de cette intervention importante ? Explications.
Une amélioration à court terme
Pour Alexandre Sanchini, CEO de Blue Ship Capital, les 200 millions de dollars injectés sur le marché par la Banque centrale est un signal fort que le pays est en voie de redressement économique. Cependant, il estime que le montant vendu aux banques commerciales sera rapidement absorbé et que la pénurie de devises pourrait refaire surface. Car il y a une forte demande pour le dollar actuellement.
« Toutes les banques n’ont pas eu le même volume de devises de la BoM. Ainsi, si un importateur est client d’une banque qui a eu un petit volume de devises, il aura toujours des difficultés pour en avoir », explique-t-il.
L’économiste Rajeev Husnah abonde dans le même sens. « L’intervention importante de la Banque centrale peut régler le problème de pénurie de devises sur le marché, mais ce sera à court terme », avance-t-il. Il fait ressortir que s’il n’y a pas suffisamment de devises étrangères qui entrent dans le circuit local, les 200 millions de dollars vont s’épuiser rapidement et le pays se trouvera de nouveau avec un manque de devises. Il est primordial qu’il y ait des entrées soutenues de devises pour que le marché de change retourne à la normale, affirme l’économiste Pierre Dinan. Selon lui, au niveau des banques commerciales, il n’y aura pas de pénurie. « Mais il faut savoir que la Banque centrale a puisé de ses réserves pour pouvoir injecter des devises sur le marché. Ce qui fait qu’elle a désormais moins de réserves », dit-il.
Pas de baisse des prix
Le CEO de Blue Ship Capital avance qu’avec une appréciation de la roupie, les importations vont coûter moins cher. « Les matières premières, les carburants ainsi que les produits de consommation seront relativement moins chers. » Toutefois, il n’est pas sûr que cette baisse se voit sur les prix des produits dans les rayons. Pour Rajeev Husnah, une appréciation de 1 % à 2 % ne fera pas une grande différence sur les importations. « Les hausses des prix dans les pays producteurs sont beaucoup plus élevées par rapport à l’appréciation de la roupie. » Pierre Dinan partage l’avis de ce dernier. « Les prix des importations dépendent largement de facteurs externes sur lesquels Maurice n’a pas de contrôle. Si les prix sur le marché international continuent de grimper, nos importations coûteront toujours cher. »
Une légère appréciation attendue
L’intervention de la BoM va certainement permettre à la roupie de s’apprécier vis-à-vis du dollar, estime Alexandre Sanchini. « La BoM a vendu aux banques au taux déterminé par le marché de Rs 42,95 le dollar, contre Rs 43,15 le dollar lors de sa précédente intervention, ce qui représente une appréciation continue de la roupie », dit-il.
Selon lui, il y a une tendance pour faire remonter la valeur de la roupie même si l’appréciation n’est pas conséquente. Pour sa part, Rajeev Husnah est d’avis que cette appréciation est temporaire. « Au fait, tout dépendra du marché des changes dans les jours voire les semaines à venir », explique-t-il. Pour sa part, Pierre Dinan, est d’avis que cette démarche de la BoM n’aura pas vraiment d’impact sur la valeur de la roupie.