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Vente d’avions à l’Iran : Ravatomanga soupçonné de blanchiment de 5 M d’euros à Maurice

La nouvelle enquête dans laquelle se retrouve impliqué Mamy Ravatomanga nécessite une collaboration entre la FCC et le FBI.
  • Collaboration FCC-FBI dans le cadre de cette nouvelle enquête
  • Souffrant, l’homme d’affaires retourne à l’hôpital après une nuit au Moka Detention Centre

La FCC enquête sur la vente de cinq Boeing 777 à une compagnie aérienne iranienne sanctionnée par les États-Unis. Le milliardaire Mamy Ravatomanga est soupçonné d’avoir touché 5 millions d’euros de commission.

Parmi les investigations menées par la Financial Crime Commission (FCC) mauricienne figure une transaction aussi opaque que stratégique : la vente de cinq Boeing 777 immatriculés à Madagascar à la compagnie iranienne Mahan Air. Cette opération, orchestrée via Udaan Potentials Ltd – une société incorporée à Maurice en 2019 et dirigée par Khushwinder Singh et Rahul Chawla Mahan –, aurait permis de contourner les sanctions américaines contre l’Iran. Les responsables sont accusés d’avoir présenté des documents falsifiés pour obtenir les certificats d’enregistrement nécessaires.

C’est dans ce contexte que le nom de Mamy Ravatomanga apparaît. À la tête du Sodiat Group fondé en 1990 et considéré comme le « Shadow President » sous l’ère du président malgache Andry Rajoelina, il est soupçonné d’avoir joué un rôle central dans cette transaction. Les enquêteurs de la FCC estiment qu’il aurait bénéficié d’une somme de 5 millions d’euros à titre de commission pour son rôle de facilitateur allégué dans ce scandale. La FCC soupçonne que ces 5 millions d’euros en provenance de Hong Kong ont été injectés dans le circuit financier mauricien.

Pour établir les communi-cations entre Khushwinder Singh et Mamy Ravatomanga liées à ces transactions, la FCC collabore désormais avec le FBI (Federal Bureau of Investigation). L’enquête s’élargit au-delà de la seule affaire des Boeing : les autorités mauriciennes soupçonnent également que Mamy Ravatomanga, via ses sociétés à Maurice et à l’étranger, aurait orchestré des opérations de blanchiment de capitaux issus de cas de corruption, d’escroquerie ou de trafic de bois de rose. Quelque vingt entreprises liées au milliardaire font l’objet d’un examen approfondi de leurs transactions.

Contexte judiciaire chargé

Cette affaire s’inscrit dans un contexte judiciaire déjà chargé pour le chef d’entreprise malgache. Trois plaintes ont été déposées à son encontre devant la FCC, ces dernières semaines. La première, enregistrée le 13 octobre, émane de Paul Sylvestra Koufali Daya, un Malgache d’origine mozambicaine qui accuse Mamy Ravatomanga d’être impliqué dans des transactions financières illicites. 

À l’appui de sa plainte, il a produit un document daté du 23 juin 2017 et émis par le Parquet national financier (PNF) de France portant sur la dissimulation et le blanchiment de fonds publics. Ce document comporte une demande d’entraide pénale internationale à destination des autorités judiciaires de Madagascar, le PNF ayant démarré une enquête préliminaire portant sur des cas de corruption, d’évasion fiscale et de blanchiment d’argent à l’encontre de Mamy Ravatomanga.

Six jours plus tard, le 19 octobre, c’est Fanirisoa Ernaivo, ministre de la Justice de Madagascar, qui a déposé une deuxième plainte. Elle accuse Mamy Ravatomanga de transactions financières frauduleuses via des compagnies basées à Maurice, qui seraient mêlées à des délits allégués de blanchiment d’argent, de corruption et de fraude à l’échelle mondiale. 

Enfin, le 21 octobre, la FCC a enregistré une troisième plainte émanant de Ramana Anthelème Ramparany, ancien ministre malgache de l’Environnement, qui accuse Mamy Ravatomanga et Andry Rajoelina d’être mêlés à des exportations illicites de bois de rose.

Depuis le 24 octobre, Mamy Ravatomanga est sous le coup d’une arrestation et fait face à deux accusations provisoires de blanchiment d’argent portant sur 6,4 millions et 858 489 298 roupies mauriciennes, en violation du Financial Crimes Commission Act, ainsi qu’à une troisième accusation provisoire de trafic d’influence.

Nouvelle hospitalisation pour le magnat

Back to Hospital… Après une nuit au Moka Detention Centre, samedi matin (29 novembre), le milliardaire malgache Mamy Ravatomanga s’est plaint de troubles de santé. Transporté à l’hôpital Victoria de Candos, il a été examiné par un spécialiste et admis à la Cardiac Unit. La veille, il avait passé ses premières heures en cellule policière.

Vendredi 28 novembre, le personnel médical du secteur public avait jugé Mamy Ravatomanga apte à séjourner en cellule policière. Sur ordre du bureau du commissaire de police, les enquêteurs de la Financial Crimes Commission (FCC) l’ont transféré de sa chambre privée à la cellule n° 14 du Moka Detention Centre. 

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