Valérie Lemaire : «Cette décoration est aussi pour José Thérèse, Marsel Poinen et Mo’Zar»

Par Le Défi Quotidien
Publié le: 13 mars 2026 à 13:00
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Depuis 11 ans à la direction de cette institution, Valérie Lemaire veille à la pérennité de cet héritage.

Décorée du titre de Officer of the Order of the Star and Key of the Indian Ocean (OSK), Valérie Lemaire est très contente de cette distinction. Pour la directrice de l’Atelier Mo’Zar, cet honneur dépasse sa propre personne. « Je suis très émue. Cette décoration est aussi pour José Thérèse, Marsel Poinen et Mo’Zar. C’est un beau cadeau, surtout que l’atelier fête ses 30 ans cette année. C’est une reconnaissance pour le parcours de Philippe Thomas et de toute l’équipe. Mo’Zar est un ensemble dont je fais partie », confie-t-elle.

Depuis 11 ans à la direction de cette institution, Valérie Lemaire veille à la pérennité d’un modèle unique fondé par le regretté José Thérèse. Plus qu’une école de musique, l’Atelier Mo’Zar s’est imposé comme un moteur de reconstruction sociale. Ici, le jazz devient un outil pour aider des enfants issus de milieux vulnérables à se définir au-delà de leur contexte d’origine. D’une petite classe de 10 élèves à ses débuts, l’atelier compte aujourd’hui 108 élèves encadrés par douze enseignants. En trois décennies, plus de 1 000 jeunes sont passés par les bancs de l’école. Le succès de la méthode Mo’Zar dépasse désormais les frontières mauriciennes. À ce jour, six anciens élèves ont décroché des bourses prestigieuses pour intégrer le Berklee College of Music aux États-Unis et l’école Jazz à Tours en France.

« Je suis là depuis 11 ans, mais le modèle fonctionne depuis 30 ans. Un travail colossal est abattu par les professeurs, avec une dimension pédagogique et psychologique énorme », explique la directrice. Son rôle, elle le décrit comme une action de l’ombre : « Je travaille pour faire en sorte que nos projets fonctionnent, mais les à-côtés sont tout aussi importants car nous encadrons des enfants dont les familles vivent des situations difficiles. »

Maman de trois enfants à qui elle a transmis ces valeurs, Valérie Lemaire a toujours placé l’altruisme au centre de sa vie. Elle se remémore ses débuts et les mots du fondateur : « Quand j’ai rejoint Mo’Zar, José m’avait dit qu’il ne fallait pas chercher à tout comprendre, mais simplement essayer de faire quelque chose. Même à petite échelle, cela peut contribuer à beaucoup. »

Pour elle, l’indifférence n’est pas une option. « Il est important de s’ouvrir aux autres, on ne peut pas ignorer ce qui se passe à côté. Si nous faisons tous un geste, même modeste, cela fera la différence. »

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