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Une semaine après son arrestation : les dettes de Bruneau Laurette décryptées

Bruneau Laurette et son fils, Ryan, arrêtés vendredi dernier.

Les enquêteurs en attente des résultats de l’analyse des drogues pour démarrer l’audition

Une semaine s’est écoulée depuis que Bruneau Laurette a été arrêté par la Special Striking Team. Il n’a pas encore été interrogé. Les enquêteurs de la Major Crime Investigation Team (MCIT) attendent d’obtenir le rapport du Forensic Science Laboratory (FSL) sur les analyses pratiquées sur les drogues saisies.

En attendant, les avoirs de l’activiste devraient probablement les intéresser, comme c’est le cas pour toute affaire présumée de drogue. Le Défi Plus s’est renseigné sur les biens immobiliers de Bruneau Laurette.

Le 17 octobre 2003, il crée la société AND Higi-Pro Ltd. Cette dernière contracte un emprunt de Rs 700 000 auprès de la Development Bank of Mauritius (DBM) trois ans plus tard. C’est en décembre 2006 que l’entreprise, basée à Quatre-Bornes, obtient l’argent du prêt.

Le 23 août 2004, Bruneau Laurette contracte un emprunt de Rs 1 185 000 auprès de la Vacoas Popular Multi Purpose Co-operative Society qui offre des aides financières. Faute de ne pas avoir honoré le paiement des mensualités, un terrain de 443 mètres

carrés à La Louise sera saisi. La somme de Rs 118 000 ne sera jamais remboursée.

En avril 2007, Bruneau Laurette contracte un emprunt auprès de la DBM pour informatiser sa société de nettoyage et d’entretien. En sa qualité de directeur, il approche l’institution bancaire pour lui demander un financement pour l’achat d’équipements informatiques. Il obtient un prêt de Rs 108 000.

Le 4 juin 2018, il fait l’acquisition d’une maison de trois pièces à Quatre-Bornes pour la somme de Rs 1,2 million. Le bâtiment est alors évalué à Rs 700 000 et le terrain à Rs 500 000. Ce bien appartenait à une tante, qui avait accepté de le lui vendre. Il avait acheté cette propriété conjointement avec son épouse d’alors.

Le 4 juin 2018, un autre terrain appartenant à Bruneau Laurette est saisi puis vendu à la barre. Il s’agit d’un bien s’étalant sur une superficie de neuf perches. Bruneau Laurette, alors marié, fait l’acquisition de ce terrain, maison incluse, pour un montant de Rs 1,2 million. Le couple d’alors contracte aussi conjointement un emprunt de Rs 500 000 pour faire l’acquisition d’une maison mise en vente par une proche de Bruneau Laurette.

En février 2019, il est dépossédé d’un lopin de terre d’une superficie de dix perches et demie à La Louise. Le terrain sera vendu à Rs 925 000 lors d’une vente à la barre. Ce sont les dettes non honorées de Bruneau Laurette qui le conduisent à perdre ce bien.

Ryan Luca Laurette : « J’étais en congé maladie le jour de la perquisition »

Le vendredi 11 novembre 2022, la MCIT a démarré l’audition de Ryan Luca Laurette, le fils de Bruneau Laurette. C’est en présence de son avocat, Akil Bissessur, que l’employé de banque de 23 ans a été entendu. Il a soutenu que le 4 novembre, il était chez lui à Petit-Verger car il était souffrant : « J’étais en congé maladie le jour de la perquisition. » Le jeune homme est lui aussi maintenu en détention policière.

Le rapport du FSL attendu avant son audition 

L’enquête sur le trafic de drogue présumé dont est provisoirement accusé Bruneau Laurette se poursuit. Les limiers attendent le rapport du FSL pour démarrer l’audition de l’activiste suivant son arrestation le vendredi 4 novembre 2022. Les 46,2 kilos de résine de cannabis (haschisch) et les 700 grammes de drogue synthétique, dont la valeur marchande totale est estimée à Rs 230 millions, que la Special Striking Team dit avoir saisis ont, en effet, été soumis à des analyses au laboratoire basé à Réduit. Deux laptops, des téléphones portables et un téléphone satellitaire ont été sécurisés.

Les clés auto peuvent être piratées

Les clés de voitures avec télécommande ne sont pas sans faille. Elles sont aujourd’hui très répandues dans le secteur automobile. Elles permettent de déverrouiller à distance un véhicule et éventuellement le démarrer s’il est équipé d’un système de démarrage sans clé (keyless). Ces clés peuvent être piratées selon une récente étude de l’association allemande Adac. Il suffit pour une personne mal intentionnée d’intercepter le signal de la clé en s’y approchant suffisamment avec un appareil spécial. Elle peut alors utiliser ce signal pour déverrouiller le véhicule et éventuellement le démarrer via le système de démarrage sans clé. Selon Adac, seulement 5 % des clés sont équipées d’un système antipiratage.

L’énigme du coffre de la berline

Les hommes du surintendant Hayman Dass Ghoora, patron de la Major Crime Investigation Team, estiment avoir résolu l’énigme du coffre de la berline JR 12 dans laquelle la Special Striking Team dit avoir trouvé la drogue. Les enquêteurs estiment avoir détruit la thèse avancée jusque-là par Bruneau Laurette, à l’effet que la drogue aurait, selon lui, été planquée par des policiers eux-mêmes dans le coffre. Dans un « statement » fait devant le tribunal de Port-Louis le week-end dernier, l’activiste a dit que la drogue a été « planted » chez lui afin de le piéger. « Kan laverite pou sorti, sistem la pou sanze. Mo kone ki finn arive. 48 er avan mo ti gagn linformasion ki pou ena enn desant kot mwa », a-t-il déclaré.

« Ti pe rod fer sinema. Me li mem linn vinn montre ki box la pa ouver san lakle ‘remote’ », tonnent des limiers. Ce serait l’activiste lui-même qui aurait aidé les enquêteurs à ouvrir le coffre. Aux Casernes centrales, les policiers se targuent de détenir un joker : en l’occurrence un enregistrement vidéo de la perquisition du 4 novembre. Ces images auraient été versées au dossier à charge.

Selon la MCIT : l’activiste n’a pas de permis de port d’arme à Maurice

Les enquêteurs de la MCIT ont aussi obtenu la confirmation du Central Armory que Bruneau Laurette ne détient pas de permis de port d’arme à Maurice. L’activiste, qui s’affiche sur son profil Facebook comme un « snipper » qui exerce à l’étranger, sera poursuivi par les autorités pour possession d’armes et de munitions. La Special Striking Team dit avoir saisi à son domicile, le 4 novembre, deux armes à feu, dont un pistolet artisanal, ainsi que six balles qui se trouvaient sous un lit.

 

 

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