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Une mère dupée par deux femmes : de la magie noire pour sortir son fils de l’emprise de la drogue

shabinaz Shabinaz a déboursé Rs 127 000 mais, au final, sa situation a empiré.

Shabinaz (prénom modifié), 46 ans, est une mère désespérée. Prête à tout pour ramener son fils de 17 ans sur le droit chemin, elle s’est laissée manipuler par deux femmes qui ont prétendu pouvoir l’aider à travers la sorcellerie. Pendant plusieurs mois, elles lui ont soutiré Rs 127 000 mais, au final, sa situation a empiré. Mercredi, cette habitante du Sud a dénoncé les charlatans à la police.

« J’aimerais que mon fils cesse de se droguer et d’agir violemment », lâche cette mère éplorée. Son cadet, dit-elle, était un élève brillant il n’y a pas longtemps. « Au collège, il faisait très bien. Son enseignant ne tarissait pas d’éloges à son encontre », se souvient Shabinaz. C’est en 2017 que son fils a changé d’attitude, poursuit-elle.

« Il y a certaines personnes qui lui ont monté la tête contre moi. Depuis, il a changé. Il se montre irrespectueux envers moi. Il n’a plus voulu aller au collège », se désole la maman. Les soucis de Shabinaz ne faisaient que commencer. « Dans les mois qui ont suivi, mon fils a fini par abandonner ses études ».

Les nombreuses supplications de la mère pour qu’il revienne sur sa décision n’y changeront rien : « Li pa ouler ékoute mwa ». Puis, un jour l’année dernière alors que son benjamin, âgé de 9 ans, jouait dans la chambre, il a fait une découverte. « Son petit frère a retrouvé une bouteille dans laquelle il y avait de la drogue », relate Shabinaz. Elle en a alors parlé à son fils cadet, ce qui a suscité des tensions entre mère et fils. « Kan koz ek li, li zourer, li tire couto ek mwa », lâche-t-elle. L’adolescent a également déserté la maison familiale. « Il ne voulait plus rester à la maison. Il partait chez des proches », poursuit-elle.

Puis, peu après, son fils a trouvé un emploi dans un supermarché. « Une dame qui habite le même village travaille aussi dans ce supermarché. Un jour, elle m’a accostée dans le village. Elle m’a dit que mon fils avait de mauvaises influences. Je lui ai raconté mon malheur », explique Shabinaz. Très vite, cette dame lui révèle qu’elle sait ce qui est en train de mettre en péril l’avenir de son fils. « Linn dire mwa ki mo garson ena enn djinn ki pe fatigue li. Ek li dire ki li conne enn dimoune ki kapav aide moi », relate Shabinaz. D’abord septique, Shabinaz lui a dit qu’elle ne croyait nullement en la magie noire. Avec le comportement de son fils qui devenait de plus en plus violent, la dame a fini par la convaincre. «Linn fini vire mo la tete ».

« Elle m’a dit qu’une personne connaissait des incantations pour guérir mon fils ». Mais ce n’était pas gratuit. « Au départ, elle m’a réclamé Rs 3 000. Elle m’avait assuré que dès que mon fils retrouvera ses esprits, elle allait me rembourser mon argent », se rappelle la maman. Une semaine est passée, il n’y avait aucun changement dans l’attitude de l’adolescent. « Monn all kot madam la pou conner ki pé arriver. Li dire ki l’etat mo garson bien grave. Djinn la fort ek ki bizin plis cass. Linn demane mwa Rs 12 000 ».

Sacrifier quatre chèvres

Après hésitation, Shabinaz a fini par accepter de lui remettre l’argent dans l’espoir que son fils retournerait à de meilleurs sentiments. « Je ne voulais pas que mon époux sache ce qui se passait », dit-elle. La dame lui a présenté une autre femme qui disait que son père pouvait régler son problème. Désespérée, la mère pensait que cela allait fonctionner, mais voilà que les deux femmes lui font une nouvelle révélation. «Alors que j’étais en visite chez l’une d’elles pour voir où en étaient les choses, elles m’ont annoncé qu’en plus de mon fils, qui risquait le pire, elles m’ont dit que mon époux avait rencontré une autre femme et qu’il allait bientôt me quitter pour l’autre. Elles m’ont dit qu’il fallait sacrifier quatre chèvres ».

Elle en a perdu le sommeil. « Zot dire donne Rs 30 000 sinon mo mari pou kit mwa. Monn fini retombe dans lak. Monn bizin prend prêter ek fami pou kapav paye zot ». D’octobre 2017 à juin 2018, la maman a puisé dans ses économies. « Elles sont parvenues à me soutirer Rs 127 000 », dit-elle. Sa situation familiale n’a pas changé pour autant. L’état de son fils « a empiré. Je leur ai demandé de me rendre mon argent, mais depuis ce jour, elles me disent de revenir plus tard », lâche Shabinaz qui dit être à bout. Après avoir attendu pendant tout ce temps, elle a finalement décidé de rapporter le cas à la police le 24 avril dernier pour sorcellerie.

«  Mo pou rann so cass »

Pour les deux femmes impliquées par Shabinaz dans cette histoire, son argent lui sera restitué dans peu de temps. « Moi, je n’ai fait que la mettre en relation avec une personne pour l’aider avec le problème de son fils. Mais, aux dernières nouvelles, cela fonctionnait et le garçon allait bien. Cela nécessite des dépenses et c’est pourquoi elle a pris de l’argent. La maman a préféré arrêter pour que son fils se rétablisse. Jamais je ne l’ai dupée. J’ai remis son argent à l’autre dame. Je n’ai eu rien en retour. Un arrangement avait été trouvé avec la mère », insiste cette dernière. Pour l’autre dame, « enn erreur inn arriver. Madam la dire ki so garson pann bien meme. Mais monn fini koz avec li, mo pou rann li so cass », dit-elle.

Quoi qu’il en soit, une enquête policière est en cours et les deux femmes doivent être entendues afin de tirer au clair cette affaire.

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