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Une injection le rend aveugle - Vikash : « Mo zis anvi retrouv kler »

Vikash travaillait à son propre compte.

Il croquait la vie à pleines dents. Dynamique et ambitieux, Vikash Ramlekha, 27 ans, père d’un enfant de 4 ans, s’est, du jour au lendemain, retrouvé avec une nouvelle vie dans l’obscurité. Cet habitant de la NHDC de Camp-Ithier a consigné une plainte au poste de police de Moka le 24 janvier pour négligence médicale.

La dernière fois que Vikash a pu contempler le monde de ses yeux, c'était le 31 octobre 2018. Ce peintre en bâtiment pensait avoir des problèmes de vision. Il explique qu’il ne pouvait bien voir à une distance de 75 mètres. 

Pour en avoir le cœur net, il décide alors ce jour-là de se rendre à l’hôpital de Moka pour se faire examiner.  « Vers 9 heures, je me suis rendu à l’hôpital. J’ai expliqué à un médecin mon problème de vue. Il m’a examiné et m’a dit qu’il ne voyait aucun problème. Il m’a conseillé de me faire admettre en salle pour des examens plus poussés. Ce que j’ai fait. Cela a éte la plus grande erreur de ma vie », dit-il.

Serintandan la inn dir mwa ki mo pa pou retrouv kler ankor e ki zot pa pou kapav fer nanie pou mwa"

Selon Vikash, il a été alors admis en salle A14 et a été mis sous perfusion. « Zot ti fer de pikir dan serom la. Zot pa ti dir mwa kiete sa. Apre monn dormi. Monn leve ver 16 err, tou ti korek. Mo ti pe trouve normal. Mais mo ti pe gagn doulerr latet », raconte-t-il.

Le lendemain, soit le 1er novembre, les maux de tête se font plus persistantes. Vikash est conduit à l’hôpital Dr A.G. Jeetoo où il subit un scan. Le résultat de cet examen démontre que tout est normal. Il est reconduit à nouveau en salle de A14 où il est de nouveau placé sous sérum. Un infirmier lui administre deux injections. Vikash se rendort. « Vers 17 h 30, quand je me suis réveillé, je n'y voyais plus rien. Puis, tout est retourné à la normale. L’infirmier m’a dit que c’est l’effet des médicaments. Linn dir ki medsinn la pe koumans travay la.  Aswar zot ti refer de pikir e landemin kan monn leve mo pa ti pe trouve ditou », déclare Vikash.

Il fond en larmes.  Ses proches sont  informés et accourent à son chevet. Le médecin lui a expliqué que c’est le side effect du médicament qui a fait que les nerfs de ses yeux ont été affaiblis. Il devrait graduellement retrouver la vue. Douze jours après avoir été hospitalisé, Vikash est autorisé à rentrer chez lui, mais il ne voit plus.  Son médecin traitant de l’hôpital lui dit de poursuivre son traitement.

« Mes parents m’ont conduit à la clinique Agarwal où un spécialiste m’a examiné. Il m’a expliqué que mes yeux n'étaient pas abîmés et qu’il faudra que je poursuive un traitement pour faire baisser la tension des yeux dans une clinique à Chennai, en Inde, pour que je puisse retrouver la vue. Selon le médecin, l’injection qu’on m’a faite est pour la tension des yeux et le dosage était trop fort. J’ai gardé espoir », dit-il.

Mais, selon lui, le 24 novembre 2018, il rencontre le surintendant de l’hôpital de Moka qui lui dit qu'il n’y avait aucun espoir pour lui de retrouver la vue. « Serintandan la inn dir mwa ki mo pa pou retrouv kler ankor e ki zot pa pou kapav fer nanie pou mwa. Monn desid pou fer enn deposision la polis e mo swete ki minis Husnoo ed mwa. Mo ankor zen, mo anvi retrouv kler pou mo kapav repran mo lavi dan mo lame », dit-il.  

Issu d’une fratrie de trois enfants, Vikash est l’aîné de la famille. Depuis qu’il est devenu aveugle il vit chez sa mère à Bonne-Mère, Flacq. 

Vikash aujourd’hui se retrouve à vivre avec une pension d’invalidité. Pourtant, ce jeune homme faisait tout pour se construire un meilleur avenir. Il avait pris une maison de la NHDC depuis deux ans. Il a 28 ans pour rembourser ses dettes. Déjà, il a des arrérages de Rs 34000. « Mo ti pe travay e mo ti pe gagn ant Rs 30 000 à Rs 40 000 par mwa. Zordi kouma mo pu pei mo bann det », dit-il
Sollicité, Jameer Yeadally, l’attaché de presse au ministère de la Santé, dit qu’il va prendre connaissance du dossier et qu'il va  contacter Vikash pour voir comment le ministère peut l’aider.

Du côté de la police, l’enquête suit son cours.