Une escroquerie de 14,5 M - la victime : «Se ban dimoun assoiffé, ki sans pitié, mo ti népli ena larzan»
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Le Défi Plus
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Le gérant d’une société de management et d’offshore s’est fait escroquer Rs 14,5 millions en raison de son intérêt pour l’acquisition de voitures auprès de la douane (Cargo Handling Corporation). Il a cru aux promesses du policier Yashwantsing Prayagsing, arrêté par la Financial Crimes Commission (FCC) le 2 avril. Il est accusé d’être le cerveau d’un mécanisme d’escroquerie. De septembre 2024 à décembre 2025, cet expert en sociétés de management a été escroqué.
« Business la paret genuine, la façon ki bann dimoun la inn fer li », dit le gérant. Ce professionnel de l’offshore et du management a cru aux promesses d’un groupe de faiseurs de rêves qui ont mis sur pied une combine pour le dépouiller de toutes ses ressources financières. Au banc des accusés, le policier Yashwantsing Prayagsing, arrêté par la FCC au début d’avril. Il répond de blanchiment d’argent et a été libéré sous caution cette semaine.
La bande à Yashwantsing Prayagsing a fait croire au gérant de sociétés offshore qu’il deviendrait propriétaire d’une série de voitures. Il a aveuglément cru à leurs promesses et a déboursé Rs 14,5 millions.
Il avait plus de Rs 10 millions à son compte. Il a confirmé que la provenance de ce pactole provenait d’activités licites.
En 2024, le gérant de sociétés offshore joue au football sur le terrain du Gymkhana lorsqu’il fait la connaissance du policier Yashwantsing Prayagsing. Une amitié s’installe et très vite, ils deviennent partenaires en affaires… portant sur de grosses sommes.
Yashwantsing Prayagsing s’est présenté comme un intermédiaire pour la vente de voitures sous contrôle douanier. « C’est ban loto ki ban dimoun ine exporter mais qu’ils n’ont pas les moyens de dédouaner. Yashwantsing dire ki la douane li a la recherche de ban acheteur et ki li ene agent pour Cargo Handling Corporation, et ki c’est ban loto l’année 2022, 2023 ki pou vender enn prix reduit », explique le directeur de sociétés offshore.
En tant que directeur averti d’une entité opérant dans l’offshore, Hans voulait s’assurer de la légalité de l’activité. Il a obtenu la garantie du policier. « Policier la dire moi c’est ene zafer completement legal. Li enn policier. Pou ban paiement li dire moi faire transfert bancaire. Monn fini comprend ki c’est ene zafer extraordionaire. Mo enn dimoune ki travay dans secteur finance, mo pa le okenn magouille, mo le tout zafer propre ».
Le directeur effectue un dépôt pour l’acquisition d’un Honda Vezel, année 2022. Le lendemain, il reçoit un appel téléphonique provenant de la ligne +206 1700. À l’autre bout du fil, un certain Jean Pascal, de la compagnie Cargo Handling Corporation, confirme ce dépôt de paiement et réclame à l’acheteur ses documents : « Li dir moi avoy mo carte identité, mo certificat incorporation, BRN, etc. »
Le directeur démarre les procédures et il est vite invité par le policier à acquérir une seconde voiture, une BMW Série 4, année 2022. « Mo dire zot mo penkor gagn premier loto la, mais zot dire moi faire ene deposit pou second loto la, to pou korek. »
Il a vu ces deux voitures en photo et pas en réalité. Il n’a pas été invité à se rendre dans la zone portuaire pour constater ces véhicules de visu. « Mo dire zot mo pe asté loto, mo besoin vin la douane pou get loto. Policier Prayagsing dire moi ki la douane c’est enn place very restricted ».
Le policier a assuré au directeur qu’une fois les paiements concrétisés, il pourrait se rendre sur place pour récupérer ses deux voitures. Mais à l’approche de la date, d’autres problèmes surgissent, notamment des paperasseries administratives portant sur le « Bill of Lading ».
Le policier met une astuce en place pour amadouer le directeur afin qu’il acquière une troisième voiture. « Zot dir ti ena pou dedoaunne cinq loto mais ene client inn decommandé pour so loto et ki la douane pe donne ene meilleur prix, zot propose moi ene troisième loto ».
Pour le directeur, à ce moment, la proposition semble être une bonne affaire et il projette de se lancer dans le commerce automobile. « Li pe paret ene bon business loto mone accepter, mo dire mo expand et mo diversifier mo business, mon fini update mo BRN pou commence business vente de voiture », ajoute-t-il.
Ses paiements atteignent Rs 4,5 millions et il attend la livraison de ses voitures. Mais encore une fois, les facilitateurs trouvent des excuses pour repousser l’échéance. « Zot dir moi sak loto besoin gagne approval MRA et qui MRA ine trouver ki mone gagne tro bokou discount. »
Ils réclament à l’acheteur des sommes additionnelles. Mais l’attente devient longue pour le directeur. Le policier Prayagsing et d’autres personnes œuvrant pour son compte lui ont réclamé d’autres frais additionnels : « Zot dir moi MRA pe exiger ki mo paye storage fee ».
Il accepte d’en faire les frais. Une nouvelle date de livraison est prévue, mais il est de nouveau mis en attente. « Zot dir moi ki sa bann loto la ti detenir par enn dimoun ki dan bann transaction illicite. »
Les jours et les nuits commencent à devenir longs et stressants pour Hans, qui se montre nerveux face au policier Prayagsing ainsi qu’à ses facilitateurs en liaison avec lui. « Mo dir zot ki zot pe arnaque moi parski a sak foi ena livraison ena issue. »
Las de cette situation, dans laquelle l’attente pour la réception de ces voitures devient insupportable, le directeur réclame au policier et à ses complices d’annuler toutes ses transactions. « Mo la tet fatigue, komansman zot ti dir moi kan mo pou cancel mo pou gayn mo refund de suite la zot dir moi ki pou ena lanket lor moi. »
Pour faciliter les demandes de remboursement de son investissement de Rs 4,5 millions, d’autres complices du policier Prayagsing entrent en jeu, dont de pseudo-hauts cadres de la douane. Mais très vite, le pseudo-douanier gagne la confiance de l’investisseur et parvient à lui vendre deux voitures additionnelles, notamment une Toyota Allion et une Mercedes GLA.
Le compte du directeur atteint sept voitures, avec un investissement de Rs 8 millions. Les paiements sont effectués, mais aucune livraison. « Kan date livraison pe kost, ca missier la douane la li dir so madame ki ti bien malade ine decede. » À deux reprises, le directeur se rend dans la zone portuaire pour s’entretenir avec ce haut cadre de la douane, mais sans succès. « Mo dir sa dimoun la ine faire moi met enkor kass ar li oussi pa pe gayn livraison. »
Le feuilleton de cette escroquerie bien ficelée est loin de prendre fin pour ce directeur, qui se fait dépouiller progressivement sans s’en rendre compte. Le policier Yashwantsing Prayagsing délègue un autre cadre de la douane pour être à son service afin qu’il soit remboursé.
Au lieu d’être remboursé, le haut cadre de la douane lui propose une gamme de voitures de luxe comprenant un lot de douze « luxury cars » : BMW, Mercedes et Range Rover. Le directeur accepte de remplacer les voitures déjà acquises par ces véhicules haut de gamme. Mais ce n’est pas sans frais. « Monn soizir 8 loto, zot dir ena enn réajustement bizin faire. Mo kas komanss fini, monn bizin pran ban paiement lavanss ar kliyan e monn komans pran kass dans mo madam so ban ekonomi. »
Le policier Prayagsing et ses complices parviennent à soutirer au directeur Rs 14,5 millions, avec à chaque fois de nouvelles offres de voitures auxquelles il adhère.
À l’approche de la livraison, les escrocs font faux bond au directeur. « Zot dir moi pena travayer koter la douane, mo dir zot pena problème mo amen 8 sofer, mo pren mo ban loto mo aller, mo commence agacer. »
Toutes ses économies s’évaporent. D’homme aisé, le directeur fait face à la précarité. « Mo ti nepli ena larzan pou pey location mo ban bureau ni pou roule mo business, zot vin avec lot strategie pou tir larzan avec moi », ajoute le directeur.
Il a saisi la Financial Crime Commission, qui a arrêté le policier Prayagsing pour le délit de blanchiment d’argent. Il espère que les complices de celui-ci soient arrêtés pour l’avoir roulé dans la farine.