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Un passeur entre avec de la drogue en prison : des détenus s’injectent de l’héroïne pure et frôlent l’overdose

Une douzaine de prisonniers en détention préventive (On remand) à la prison centrale de Beau-Bassin ont frôlé la mort après avoir consommé de l’héroïne pure par voie intraveineuse. Ils auraient obtenu cette drogue des mains d’une des présumées mules britanniques interceptées à l’aéroport de Plaisance en novembre. Le personnel médical a dû intervenir d’urgence afin de les réanimer. Le commissaire des Prisons, Vinod Appadoo, dans une déclaration, a confirmé que des détenus s’étaient retrouvés « sous l’influence d’une substance » et qu’un rapport médical est attendu.

L’état-major du milieu pénitentiaire et son personnel médical ont eu des sueurs froides, le 9 janvier dernier, après qu’ils ont eu vent qu’une douzaine de détenus risquaient de faire une overdose d’héroïne à la prison de Beau-Bassin. Selon nos renseignements, les prisonniers auraient reçu cette drogue des mains d’une des présumés mules interceptées le lundi 18 novembre 2019 à l’aéroport SSR de Plaisance, « en échange de quelques denrées alimentaires de base ».

Pour rappel, trois britanniques ont débarqué à Maurice avec 284 boulettes d’héroïne – 3 320 grammes – dans leur estomac. Mais il s’avère, selon nos sources, que l’un des trois hommes n’aurait pas purgé toutes les boulettes de drogue ingurgitées. Dès lors, son estomac contenait toujours de la drogue au moment de son admission à la prison centrale.

C’est en prison, lieu où ils sont actuellement incarcérés dans l’attente d’être traduits en cour, que le présumé passeur aurait troqué sa drogue avec des détenus. Selon des témoins, « les détenus se seraient ensuite injecté la drogue par voie intraveineuse sans se douter qu’ils avaient à faire à de l’héroïne pure ». Ils se seraient senti mal en point après l’injection et se seraient donc rendus à l’hôpital de la prison, avance une de nos sources. Un gradé basé à la prison centrale de Beau-Bassin indique, pour sa part, que « d’autres détenus ont dû été réanimés, tandis que d’autres ont immédiatement été pris en charge à l’hôpital Jawaharlall Nehru de Rose-Belle, car leur état de santé inspirait de vives inquiétudes ». Et de préciser que « le SAMU a même été sollicité ».

Substance analysée

L’état-major de la prison a, dans le courant de la journée, monté une opération musclée afin de passer le centre pénitentiaire au peigne fin. Deux Lead Prisons Officers (LPO) ont même eu la tâche « de filmer le déroulement de l’opération ».

Dans une déclaration accordée à Le Dimanche/L’Hebdo samedi après-midi, le commissaire des Prisons, Vinod Appadoo, fait ressortir que « des (NdlR : ene-dé) détenus ont été retrouvés dans un état second et la prison n’a aucune idée de ce qu’ils ont pu consommer ». Il n’a pas confirmé qu’il s’agissait de la drogue dure. Mais comment les détenus ont-ils pu se trouver en situation de consommer cette substance ? « Nous n’avons aucune idée. Difisil pou konfirme », a indiqué Vinod Appadoo.

Le commissaire des Prisons a toutefois indiqué qu’une « demi-boulette de drogue » a été retrouvée dans la cellule de la présumé mule britannique lors de la fouille initiée après la découverte des détenus en état second. L’Adsu, soutient Vinod Appadoo, a été alertée et une enquête a démarré. 
Selon le commissaire des Prisons, le détenu britannique aurait peut-être dissimulé la substance illicite dans son orifice anal au moment d’être admis en prison. « Nous faisons tout notre possible pour éradiquer le trafic de drogue en prison. D’ailleurs, la loi nous autorise à mener des fouilles à la prison, à n’importe quelle heure, sur les prisonniers tout comme sur les gardiens », conclut Vinod Appadoo.

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