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Un mineur de 17 ans dit avoir été roué de coups : «J’ai cru que les policiers allaient me tuer»

Quatre policiers ont maîtrisé et embarqué un adolescent de 17 ans, vendredi, à la gare du Nord de Port-Louis. La scène a été filmée et la vidéo montre un acte de brutalité. Selon le mineur, il aurait ensuite été battu à coups de poings au poste de police de Plaine-Verte. Ses parents envisagent de porter plainte.

Scène inhabituelle, vendredi, à la gare du Nord de Port-Louis. Vers 16 h 15, Yaël Begue, 17 ans, qui travaille dans un magasin de vêtements, a été maîtrisé et embarqué par quatre policiers en uniforme, devant une foule de collégiens qui huaient les forces de l’ordre. L’interpellation a été filmée par un téléphone portable. Le Dimanche/L’hebdo dispose d’une copie de la vidéo, sur laquelle on voit un policier porter des coups à l’adolescent.

Christine, la mère de Yaël, affirme que son fils était en train de parler à son ami. « À un moment, ils se sont lancé des jurons. Lerla bann lapolis inn vinn ar mo garson ek inn rod pran li pou amen li stasyon », dit-elle. Sur les images de la vidéo, on comprend que les policiers cherchaient à immobiliser le jeune homme en le tenant par les épaules, mais qu’il ne s’est pas laissé faire.

Des coups au visage et dans le dos

« J’ai tenté de me défendre », déclare Yaël dans un entretien téléphonique, samedi après-midi, ajoutant qu’il aura payé le prix fort pour sa résistance. Un 4x4 de la police stationnait sur la gare et l’adolescent a été sommé de prendre place sur la banquette arrière. Le mineur allègue qu’au moment d’entrer dans le véhicule, le conducteur lui a assené des coups. Cet épisode est effectivement visible sur la vidéo.

Mais, selon Yaël, la suite aurait été bien pire. « On m’a conduit au poste de police de Plaine-Verte. En route, les policiers m’ont dit ceci : ‘Nou pou touy twa zordi la. To pou kone ki nou la. To pa pou sape la twa’. Une fois au poste, ils m’ont demandé de dire que j’avais 19 ans. Ils m’ont ensuite emmené dans une pièce, où ils m’ont frappé à coups de poings sur le visage et dans le dos. Ces policiers se déchaînaient sur moi à tel point que j’ai cru qu’ils allaient me tuer », raconte-t-il.

Une accusation de vagabondage pèse sur la mère

Le mineur a pu regagner son domicile le soir même, à la suite de l’intervention de ses parents auprès des policiers du poste de Trou-Fanfaron. Yaël a quand même comparu au tribunal de Pamplemousses, samedi matin. L’accusation de « rogue and vagabond » proposée par la police n’a toutefois pas été retenue contre lui par la justice.

La mère de Yaël devra également se présenter devant la cour, lundi, pour une éventuelle mise en accusation. Le même délit lui est reproché par les policiers. « Je me suis rendue au poste de police de Trou-Fanfaron afin de réclamer justice pour mon fils et voilà que je suis accusée de vagabondage ! » s’indigne-t-elle. 

La cellule de presse de la police a été sollicitée pour une déclaration. « Nous invitons les individus qui se disent victimes de brutalité policière à consigner une plainte auprès de l’IPCC. Cette commission indépendante initiera une enquête sur le bien-fondé des allégations et des sanctions seront prises, si besoin est, contre les policiers », explique-t-on.

 

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