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Umair Milatre prend sous son aile une quarantaine d’enfants de Plaine-Verte : le Chef altruiste

Umair Milatre a abandonné sa carrière pour se lancer dans le social.

Chef cuisinier de profession, il a beaucoup voyagé. Mais c’est dans son quartier, à Plaine-Verte, qu’il s’est senti investi d’une mission. Umair Milatre a pris en charge 43 enfants livrés à eux-mêmes. Il leur prépare chaque jour à manger et offre également des repas chauds à des SDF.  

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Âgé de 39 ans, Umair Milatre (Umair Mungroo de son vrai nom) avait une vie de rêve. Chef cuisinier, il a officié dans de somptueux hôtels à Maurice et à l’étranger. Cet habitant de Plaine-Verte a également travaillé pour Murano, un restaurant étoilé où il faisait des séances de « live cooking » et de « side table cooking ». Il aussi été employé sur des bateaux de croisière naviguant dans les Caraïbes et en mer Méditerranée. Cependant, lors de son dernier séjour à Maurice, il a décidé de ne plus partir à l’aventure pour se mettre au service des autres. 

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« Il y a eu la pandémie de Covid-19 et le confinement national. J’ai vu la misère et la détresse des gens. Particulièrement des enfants de Plaine-Verte qui n’avaient rien à se mettre sous la dent. Cela m’a frappé au cœur. J’ai décidé de mettre ma profession au service de ceux qui ont besoin d’aide. J’ai pris en charge 43 enfants du quartier. Des larmes coulent sans le vouloir quand je vois ces enfants qui sont de tous âges », dit-il.

Dans son élan de solidarité, il leur a non seulement ouvert son cœur mais aussi les portes de sa maison. « Chaque jour, ces enfants viennent chez moi. Ils sont issus de familles brisées, abandonnés, dépendent d’une grand-mère, ont des parents drogués ou en prison. Il y a aussi ceux qui traînent les rues. En venant ici, ils ont au moins une distraction. On parle, on rigole, on joue. Ils m’aident à préparer des repas chauds qu’ils mangent mais que l’on distribue aussi ensemble à d’autres enfants en situation difficile et à des SDF. » Avec ses petits camarades, ils préparent entre 115 et 125 « take-away » par jour tout au long de l’année. 

Mettant ses talents culinaires gratuitement au service de ses petits protégés et des autres personnes en détresse, Umair Milatre compte beaucoup sur la générosité des Mauriciens. « Je publie des photos sur Facebook. C’est ainsi que des gens me contactent pour faire des dons. Une personne offre de la viande, une autre du riz, une autre encore du sel, par exemple. Je concocte des plats en fonction des ingrédients disponibles pour ensuite les distribuer », poursuit notre interlocuteur. Il a notamment un mot de remerciement pour la société Al Ihsaan qui l’épaule dans sa démarche philanthropique. 

Issu d’une fratrie de trois enfants, il est le benjamin. Un de ses frères vit en Chine et l’autre au Canada. Umair Milatre habite avec ses parents dont il fait la fierté. « Mes parents m’encouragent beaucoup dans ce que je fais. Ils sont contents que les enfants viennent à la maison. Je tiens cela de mon grand-père paternel qui faisait du social aussi. Il faisait du bénévolat pour des enfants handicapés. Il avait été décoré par la reine Elisabeth en 1991. J’ai hérité de lui la fibre sociale », confie-t-il. 

Éducateur de vie 

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Il est conscient de ne pas avoir les compétences requises pour faire l’éducation de ses protégés. Mais qu’importe ! « I make them feel home. Je suis un éducateur de vie pour ces enfants qui vivent dans la précarité. Je leur apprends des valeurs pour qu’ils ne s’égarent pas et qu’ils puissent développer leur autonomie. Et puis, des enseignants que j’ai sollicités ont accepté de leur donner des cours pour apporter leur pierre à l’édifice. » 

Umair Milatre veut élargir son soutien à d’autres enfants d’autres régions. « Je n’ai pas d’ONG. Je tente le tout pour le tout pour apporter un sourire sur le visage de ces enfants. Je souhaiterais avoir un bâtiment où je pourrais accueillir plus d’enfants. J’ai entrepris des démarches en ce sens auprès des autorités mais elles n’ont pas abouti. J’aimerais que nos gouvernants prennent conscience que nos enfants représentent l’avenir et que c’est notre devoir de les encadrer », estime le trentenaire qui n’est pas près de jeter les armes. 

 

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