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UK Alumni Awards - Neelam Ramsaram-Jogeea, avocate : des défis relevés et de belles réussites

Neelam Ramsaram-Jogeea Elle estime que sa profession requiert une forte détermination et un dur labeur.

Neelam Ramsaram-Jogeea a décroché le Professional Achievement Award, le 20 février 2018. Cette avocate de 32 ans raconte son combat et sa réussite.

« Les femmes avocates se donnent à fond pour tracer leur voie et faire honneur à la profession »

Le Professional Achievement Award est une récompense attribuée à une personne qui a montré un sens de leadership exemplaire et qui a réalisé de belles réussites dans son secteur professionnel. 

Neelam Ramsaram-Jogeea, avocate, a obtenu son award, le 20 février 2018, à la State House, au Réduit, de la présidente de la République, Ameenah Gurib-Fakim.

Cadette de deux enfants, Neelam Ramsaram-Jogeea a fait sa scolarité primaire à l’école Mohabeer-Foogooa à Montagne-Longue. Elle a ensuite poursuivi des études secondaires au St Andrew’s College, à Rose-Hill.

Après ses études secondaires, elle s’envole pour l’Angleterre pour poursuivre son rêve. « Mon père m’a prédestinée à une carrière d’avocate. Il avait estimé que cela me conviendrait, vu mon caractère et mon éloquence dès mon jeune âge », indique-t-elle.

« Mon père m’a prédestinée à une carrière d’avocate. Il avait estimé que cela me conviendrait, vu mon caractère et mon éloquence dès mon jeune âge »

L’avocate Neelam Ramsaram-Jogeea, le jour de la remise du Professional Achievement Award.

Ainsi, elle a entamé ses études de droit à l’université de Greenwich, à Londres. Après trois ans d’études, elle a obtenu son LLB. Puis, elle a suivi des cours de Bar Vocational Course à la BPP Law School, à Londres.

En octobre 2010, elle a été « called to the Bar of England and Wales » à l’ Honorable Society of the Middle Temple. Puis, elle a prêté serment comme avocate en Angleterre.

Vers novembre 2010, elle rentre dans son pays natal. Elle veut poursuivre sa carrière et être auprès de sa famille. Ainsi, elle fait son pupillage chez l’avoué André Robert et les Senior Counsels Antoine Domingue et Gavin Glover et Clarel Benoit, avant de prêter serment comme avocate à Maurice en janvier 2012 pour réaliser son rêve d’enfance.

Déterminée

Neelam Ramsaram-Jogeea est une battante. Elle atteint ses objectifs et rien ne l’effraye. C’est ainsi qu’en 2015, elle a obtenu gain de cause dans un procès en appel devant le Privy Council. Pour une jeune qui porte la toge depuis trois ans, c’était un défi de plaider devant les Law lords. Et cette mère de deux enfants âgés de quatre ans et de deux ans et demi l’a fait brillamment !

« J’étais enceinte et il me fallait vraiment avoir un moral de battante pour préparer le dossier et aller à Londres. Le Senior Counsel Antoine Domingue, qui est mon pupil master et mon mentor, m’a offert un soutien extraordinaire et m’a beaucoup encouragée à prendre l’affaire en charge. Je l’ai fait avec passion et je m’y suis consacrée. J’en ai récolté les fruits en remportant le procès », raconte-t-elle.

Pour elle, le métier d’avocat nécessite un investissement personnel considérable. « Je dois comprendre le problème de chaque client avant d’agir comme porte-parole. La détermination et le dur labeur sont de mise. Même si je me passionne beaucoup pour mon travail, ma famille a aussi une grande place dans ma vie.

Malgré un emploi du temps chargé, je sais faire la démarcation entre ma vie professionnelle et personnelle. J’assume pleinement mon rôle de maman et d’épouse. Je consacre aussi beaucoup de temps à mes parents.

Je dois dire que le plus dur, c’est que mes enfants sont en bas âge et que je dois leur accorder beaucoup de temps et d’attention. Mais il n’y a rien de plus précieux en ce monde que de chouchouter ses enfants et leur faire plaisir », explique-t-elle.

En plus d’être maman et avocate, Neelam Ramsaram-Jogeea a voulu se lancer un autre défi en participant au UK Alumni Awards, en octobre 2017, organisé par le British Council à Maurice.

« Je suis heureuse d’être la gagnante de ce concours. C’est la consécration d’un long parcours : des années d’études et six ans au barreau. Mais je dois admettre que c’était une surprise, parce qu’il y avait de jeunes finalistes brillants avec des parcours remarquables », indique-t-elle.

Neelam Ramsaram-Jogeea note qu’aujourd’hui un tiers de la profession légale est composé de femmes. Elle souligne « qu’il y a une bonne représentation féminine, que ce soit à la magistrature, au parquet ou dans le privé. Et je dois dire que les femmes avocates se donnent à fond pour tracer leur voie et faire honneur à la profession. »

« Cependant, nous constatons qu’il existe toujours des personnes qui préfèrent retenir les services d’un homme, simplement parce qu’elles ont la perception qu’il se débrouillera mieux qu’une femme et a plus de probabilité de remporter un procès.

Bien qu’on ait exactement la même expérience et les mêmes diplômes, on fait face à cette inégalité de traitement. Il ne s’agit pas de vouloir homogénéiser les deux sexes de la profession, mais de reconnaître la femme avocate, par sa performance. »

Neelam Ramsaram-Jogeea a une préférence pour les cas criminels. Elle compte faire honneur à son père et pourquoi pas, demain être le mentor de jeunes avocats !