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Trois questions à…Michael Sik Yuen, ministre du Commerce : «Nous avons évité une hausse de 40 % du prix du diesel»

Par Leena Gooraya-Poligadoo
Publié le: 25 mars 2026 à 11:30
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Pourquoi avoir maintenu le prix de l’essence alors que celui du diesel augmente ?
Il faut bien comprendre que ce n’est pas parce que le prix de l’essence reste inchangé qu’il n’y a pas eu de hausse. En réalité, il y a une augmentation d’environ 18 %, mais celle-ci est entièrement absorbée par le Price Stabilization Account. Aujourd’hui, ce fonds affiche un surplus d’environ Rs 400 millions pour l’essence. Ce qui nous permet de maintenir le prix à Rs 58,45 à la pompe sans répercuter cette hausse sur les consommateurs. C’est un mécanisme qui joue pleinement son rôle de stabilisateur. À l’inverse, pour le diesel, la situation est beaucoup plus compliquée, car nous faisons face à un déficit important. 

Justement, pourquoi une hausse de 10 % pour le diesel ?
Pour le diesel, le déficit du PSA atteint environ Rs 2,3 milliards. Dans ces conditions, une augmentation était inévitable. Mais nous avons volontairement limité cette hausse. En réalité, si nous avions appliqué la hausse réelle des coûts sur le marché international, le prix du diesel aurait dû augmenter d’environ 40 %. Ce qui aurait été extrêmement lourd pour les ménages, les transporteurs et les entreprises. Sur recommandation du PPC, nous avons plafonné cette augmentation à 10 %, faisant passer le prix de Rs 58,95 à Rs 64,80 le litre. Ce qui montre clairement notre volonté d’amortir le choc et de protéger au maximum le pouvoir d’achat, tout en tenant compte des contraintes économiques. 

Faut-il s’attendre à d’autres hausses et à des répercussions économiques ?
Nous évoluons dans un contexte international très incertain, marqué par des tensions géopolitiques inédites qui impactent directement les prix des produits pétroliers. C’est une situation à laquelle tous les pays sont confrontés. Il est évident qu’une hausse du diesel peut avoir des répercussions sur les coûts de production et, par ricochet, sur certains prix. Cependant, sans la limitation que nous avons imposée, l’impact aurait été bien plus sévère. Nous suivons la situation de très près, pratiquement au jour le jour. Le PPC se réunit régulièrement, mais il peut aussi être convoqué à tout moment si la situation l’exige. Je demande aux Mauriciens de faire preuve de compréhension et de s’adapter à cette réalité mondiale.

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