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Triste réalité : Rose-Marie démarre l’année comme squatteuse

Les années passent et se… ressemblent pour bon nombre de personnes qui vivent dans la précarité. Chaque année, ils espèrent pouvoir vivre plus décemment. Comme des centaines de squatteurs, c’est aussi le rêve le plus cher de Rose-Marie. Verra-t-elle enfin la lumière au bout du tunnel en 2020 ? 

Tant qu’il y a de la vie, il y a de l’espoir, dit-on. Rose-Marie Frivolle, de Résidence Atlee, Curepipe, qui a élu domicile sur un terrain de l'État depuis 2006, se nourrit d’espoir depuis de longues années. Étant consciente de vivre dans l’illégalité, la mère de famille n’a pas hésité à frapper à plusieurs portes pour tenter de régulariser sa situation. En vain !  Rose-Marie, 57 ans, est mère de trois enfants et grand-mère d’une petite-fille de huit ans. Elle ne détient aucun contrat du terrain qu’elle occupe. De ce fait, la squatteuse se retrouve sans issue et ne peut entamer aucune démarche administrative. C’est donc un parcours du combattant ! 

Sa famille n’a donc pas accès à l’eau et au réseau électrique puisque, pour faire ses démarches, il lui faut un contrat en bonne et due forme. Elle explique : « J’habite ici depuis bientôt 14 ans maintenant. Auparavant, je louais une maison mais le loyer a régulièrement augmenté et nous n’avons eu d’autre choix que de quitter les lieux. » C’est le début du calvaire pour les Frivolle. Pas facile de trouver une maison dans un budget abordable. Avec l’aide de son père, d’un frère et de deux habitants de la région de Résidence Atlee, Rose-Marie et ses proches construisent une petite maison de deux pièces en tôle sur un terrain qui ne leur… appartient pas. C’est un abri de fortune qui les protège à peine des intempéries et qui est plutôt une source de danger. « En temps de grosses pluies, de vents forts et de cyclones, il faut consolider la maison et prier qu’elle ne s’envole pas. » 

La rivière pour la toilette

Émue, Rose-Marie ajoute : « Nous étions soulagés après la construction de la ‘maison’ mais nous ne savions pas que le plus dur nous attendait. Nous n’avons pas le strict nécessaire : pas de toilettes ni d’électricité. Nous buvons l’eau des gouttières et, pour la toilette, nous devons nous rendre chez un autre membre de la famille qui habite un peu plus loin ou utiliser l’eau de la rivière. » Pour la lumière, elle se servait de lampes à huile mais elles représentaient un danger. « Heureusement qu’un voisin nous a offert une connexion d’électricité à l’aide d’une rallonge mais nous n’utilisons qu’une ampoule, car nous ne voulons pas abuser de sa gentillesse. » 

Cette femme se bat depuis des années pour régulariser sa situation de squatteuse mais ne voit rien venir de concret.
Cette femme se bat depuis des années pour régulariser sa situation de squatteuse mais ne voit rien venir de concret.

Le long combat de Rose-Marie depuis septembre 2006 ne semble pas prêt de prendre fin. Elle s’est rendue à maintes reprises au ministère des Terres et du Logement pour obtenir un contrat, mais ses efforts n’ont jamais abouti. Le cas de Rose-Marie a été référé à l’attaché de presse du ministère des Terres et du Logement, Reema Meetoo, depuis la dernière semaine de juillet 2019. Une équipe d’arpenteurs du ministère s’est même rendue à son domicile.  Il n’y a eu aucun développement jusqu’ici. 

Rose-Marie est désespérée. « Nous avons reçu un papier du ministère des Terres et du Logement, mais il ne nous permet pas de faire une demande de connexion pour l’électricité ou l’eau. Mon petit-enfant me demande quand elle habitera dans une ‘jolie maison’.» La famille Frivolle vit dans l’attente d’obtenir son contrat et de voir sa condition régularisée comme d’autres familles dans la localité. Pendant ce temps, elle s’accroche à tout ce que la vie veut bien lui offrir en attendant…

La famille Frivolle lance un appel au ministère des Terres et du Logement 

Une nouvelle correspondance a été envoyée au ministère des Terres. Dans sa lettre, la famille Frivolle demande de considérer sa situation, expliquant qu'elle veut surtout vivre de manière décente et ne plus être en situation d’irrégularité. « Nous voulons faire des progrès, avancer et donner le bon exemple à nos enfants. Malheureusement, nous vivons comme des voleurs, dans la peur, dans l’obscurité et une attente insoutenable. Nous ne cessons de nous convaincre que les choses vont changer et de dire à nos enfants que notre situation va s’améliorer. Mais jusqu’à quand ? »

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