Tremblement de terre : Maurice face à un risque sismique modéré, mais réel
Par
Patrick Hilbert
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Patrick Hilbert
Bien que l’activité soit jugée faible, le Premier ministre Navin Ramgoolam prévient que Maurice n’est pas à l’abri des séismes. Un renforcement de la surveillance et de la prévention est annoncé.
Le Premier ministre, Navin Ramgoolam, a indiqué dans une réponse écrite déposée récemment au Parlement que Maurice et ses dépendances ne sont pas totalement à l’abri des séismes. « Maurice et ses îles extérieures ne sont pas entièrement exemptes de risques sismiques et de secousses, bien que la région soit généralement considérée comme ayant un niveau d’activité sismique relativement faible », avance-t-il dans une réponse écrite qui fait suite à une question du député de Rodrigues Jacques Edouard.
Ces explications interviennent dans un contexte de préoccupations croissantes concernant Rodrigues, régulièrement affectée par des tremblements de terre. Le chef du gouvernement a précisé que la surveillance est assurée en continu par les services météorologiques. « Les services météorologiques de Maurice sont l’autorité officielle responsable de la surveillance étroite, 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, des tremblements de terre et de la progression des vagues de tsunami », affirme-t-il.
Le dispositif repose sur une coopération internationale, notamment avec des réseaux tels que l’USGS et le CISN. En cas de séisme significatif dans l’océan Indien, un protocole précis est activé. « Lorsqu’un tremblement de terre de magnitude supérieure à 5,0 se produit dans l’océan Indien, une alerte est déclenchée et le Centre national d’alerte est activé », explique le Premier ministre. Des bulletins d’information sont alors diffusés selon la distance de l’épicentre et l’intensité du séisme.
Depuis 2009, Maurice participe également aux exercices régionaux de simulation de tsunami. Le dernier exercice, réalisé le 15 octobre 2025, a concerné Maurice, Rodrigues et Agaléga, avec des campagnes de sensibilisation dans plusieurs zones côtières. À Rodrigues, des habitants ont été formés aux procédures d’alerte, notamment à travers l’utilisation de sirènes dédiées.
Le Premier ministre a également évoqué dans sa réponse un séisme récent pour illustrer la réactivité des autorités. « À ma demande, une équipe des services météorologiques a été déployée à Rodrigues » après le tremblement de terre de magnitude 5,4 survenu le 6 janvier 2026, à environ 77 kilomètres au nord-est de l’île. Cette mission a donné lieu à des campagnes de sensibilisation et à des consultations avec les autorités locales, les écoles et les acteurs économiques.
Sur le plan technique, Rodrigues dispose d’un équipement de mesure depuis plus d’une décennie. « Un sismomètre est opérationnel à Rodrigues depuis 2012 », installé avec le concours de l’Institut de Physique du Globe de Paris. Les données sont transmises en temps réel à des centres internationaux.
Enfin, plusieurs recommandations ont été formulées pour renforcer la préparation du pays face aux risques sismiques et aux tsunamis. Les autorités préconisent d’abord « la conduite de campagnes de sensibilisation régulières et continues sur les aléas météorologiques et naturels », avec l’objectif d’ancrer une culture du risque au sein de la population, notamment dans les zones côtières et les établissements scolaires. Cette approche vise à améliorer les réflexes en cas d’alerte et à réduire la vulnérabilité des habitants.
Par ailleurs, il est recommandé « la mise en place d’un réseau local de capteurs sismiques et de marégraphes pour Maurice, Rodrigues et Agaléga », afin de permettre une détection plus rapide des secousses et une diffusion plus efficace des alertes. Des discussions sont en cours avec des organisations internationales, notamment l’UNESCO et la Commission océanographique intergouvernementale, pour obtenir un appui technique et financier dans ce domaine stratégique.
Les autorités insistent également sur « la mise en œuvre d’un système de communication efficace avec toutes les parties prenantes », incluant les services d’urgence, les autorités locales et les médias, afin d’assurer une circulation fluide et rapide de l’information en situation de crise. L’expérience des exercices de simulation et des événements récents a mis en évidence la nécessité de renforcer cette coordination.
Enfin, le gouvernement recommande « le développement de protocoles clairs et de procédures opérationnelles standardisées (SOP) » pour améliorer la préparation aux catastrophes. L’objectif est de structurer davantage la réponse institutionnelle, en définissant précisément les rôles et responsabilités de chaque acteur, tout en garantissant une meilleure anticipation des scénarios de crise. Ces mesures s’inscrivent dans une stratégie plus large visant à consolider la résilience de Maurice face aux risques naturels.