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Travaux d’excavation à Calodyne : bras de fer entre le propriétaire et l’Environnement

Par Sharone Samy
Publié le: 26 May 2026 à 12:20
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Des policiers sur le site, la semaine dernière, pour l’émission du « Stop Order ».
Des policiers sur le site, la semaine dernière, pour l’émission du « Stop Order ».

Un « Stop Order » du ministère de l’Environnement contre des travaux d’excavation à Calodyne cristallise un conflit ouvert entre un propriétaire foncier déterminé à faire valoir ses droits et des autorités qui n’entendent pas céder.

D’un côté, un ministre de l’Environnement, Rajesh Bhagwan, qui lâche un lapidaire « Enough is Enough ». De l’autre, un propriétaire qui brandit le droit et parle d’« acharnement ». Entre les deux, un terrain à Calodyne, des pelleteuses à l’arrêt, et une bataille juridico-administrative qui ne fait peut-être que commencer.

Tout s’est accéléré le 21 mai 2026, lorsqu’une visite conjointe du ministère de l’Environnement, de la Geotechnical Unit et de la Police de l’Environnement est venue constater sur place l’étendue des travaux. Les inspecteurs décrivent des excavations atteignant entre cinq et dix mètres de profondeur, un bouleversement notable de la topographie du site, des nuages de poussière et un niveau sonore jugé incompatible avec la tranquillité des riverains. 

Le diagnostic des autorités est sans appel : ces opérations s’apparentent à du « rock quarrying » (de l’extraction de roche), une activité soumise à des autorisations strictes, notamment une étude d’impact environnemental (EIA), absentes en l’occurrence. Un « Stop Order » est immédiatement émis, simultanément contre le propriétaire du terrain, le « contracteur » et l’opérateur de l’excavatrice. Mais le document ne trouvera pas preneur ce jour-là. Les trois destinataires refusent de le réceptionner officiellement. Le ministère doit se résoudre à l’envoi postal et à l’affichage sur site.

« On ne fait pas de rock quarry »

Le propriétaire, lui, conteste point par point la qualification retenue par les autorités. À l’entendre, la réalité du chantier n’a rien à voir avec une carrière clandestine : il s’agit, dit-il, d’un simple nettoyage de terrain préalable à la construction d’un mur de clôture. 

« Le ministère de l’Environnement fait erreur », assène-t-il, ajoutant que le « derocking » de surface – le débarrassage mécanique des roches affleurantes – ne requiert, selon lui, aucun permis EIA. Une position que le conseil de district aurait, selon ses dires, validée.

L’homme n’en est pas à sa première escarmouche avec les autorités environnementales sur ce dossier. Dans un premier temps, rappelle-t-il, c’est la présence supposée d’un habitat de pailles-en-queue, oiseau emblématique et protégé, qui avait motivé les premières objections. Des vérifications conduites, assure-t-il, auraient conclu à l’absence de toute nidification sur le site. 

Il récuse également l’idée que des nuisances durent depuis « plusieurs années ». L’acquisition du terrain ne remontant qu’à 2025, l’argument lui semble juridiquement infondé et factuellement absurde. « Comment peut-on venir dire que cela dure depuis plusieurs années ? » s’interroge-t-il. Les travaux, précise-t-il, devaient être bouclés en quinze jours. L’arrêt forcé des opérations lui inflige désormais des retards et des pertes financières qu’il entend ne pas laisser sans réponse : un recours judiciaire est désormais à l’étude. 

Le ministère, de son côté, dispose d’un argument de poids pour étayer sa thèse. Le « contracteur » mobilisé sur le chantier, S.O.S Pride Co. Ltd, ne serait pas un inconnu des services de l’environnement. La société aurait déjà fait l’objet de deux « Stop Orders » antérieurs, en avril 2024, puis en juillet 2025, pour des travaux similaires conduits sans autorisation dans le Nord de l’île. Un profil qui, aux yeux du ministre Rajesh Bhagwan, justifie la fermeté de la réponse institutionnelle.

La Police de l’Environnement a, par ailleurs, déposé une plainte au poste de Grand-Gaube après avoir obtenu des informations indiquant que les travaux se poursuivaient malgré les directives émises. Une transgression du « Stop Order » qui pourrait faire basculer le litige du terrain administratif vers le pénal. Le bras de fer est donc loin d’être terminé. 

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