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Travailler après 60 ans : le quotidien de Santee et Santa, deux soeurs courage

Santa, 64 ans, compte travailler jusqu’à ce que sa santé lui permet et Santee a perdu son époux en février 2020.

Elles ont toutes deux la soixantaine et pourtant hors de question pour elle de ne pas travailler. La vie est bien trop dure. Ces deux sœurs, qui sont très proches, sont toutes les deux mères de famille et veuves. Elles se soutiennent mutuellement. Malgré les difficultés, travailler ensemble leur apporte beaucoup de courage. Ces deux femmes éboueuses nous invitent à nous immerger dans leur quotidien.

Habituées à passer inaperçues la plupart du temps, Santee Deegan et Santa Luckeeram sont très contentes à chaque fois qu’une personne les aborde pour un brin de causette. Âgées de 60 et 64 ans respectivement, ces deux habitantes de Camp Créole, Albion, travaillent pour une compagnie de nettoyage de la région. Leur mission quotidienne est de contribuer à ce que leur village reste propre. Chaque jour, dès 6 heures du matin, elles sont sur le pied de guerre, et ce jusqu’à 14 heures. Loin de se plaindre, elles considèrent que c’est une aubaine de pouvoir encore travailler à leur âge, surtout que la pension de vieillesse ne suffit pas pour arrondir les fins de mois.  « Ou kone, souvan dimoun tret ban vie dimounn kouma ban ki pena valer. Kou nou pou ale, zot pou pous nou. Me kan pena personn lerla zot zon pans nou. Si zenes ti fer sa travay la zame pa ti pou pran nou », indique les deux sœurs.

Elle veut soutenir ses enfants

Santee, mère de quatre enfants, explique que cela fait deux ans qu’elle a décidé de travailler, plus précisément quand son mari, décédé en février 2020, est tombé malade. « J’ai décidé de travailler et comme on recrutait dans la région, j’ai tenté ma chance. Les premiers jours étaient difficiles. Mes enfants sont grands, mais mes deux fils travaillent comme maçon et c’est un métier compliqué. Parfwa ena travay parfwa pena et je me dois de les soutenir. Mo zanfan sa. Tonbe leve, mo bizin la pou zot », relate-t-elle.

Santee se dit triste des commentaires de certaines personnes à son égard : « Zot pran ou pou plu inferior. Ena dimounn guet ou ek degou. Zot pa anvi koste kot ou. Zot fer enn figir, lev nene, zot krwar nou senti pi ». Mais pas question pour elle de se laisser décourager par des mots blessants. « Parski kan ariv lafin dimwa zis nou mem ki konn nou problem. Nou pa kapav demann dimounn kan nou kapav fer enn zefor », ajoute Santee.

Même son de cloche de la part de Santa qui a perdu son mari il y a de nombreuses années de cela. Mais contrairement à sa sœur, elle a toujours travaillé, surtout qu’un de ses quatre enfants, âgé de 43 ans a des problèmes cardiaques. Vu qu’il tombe souvent malade, elle veille sur lui. Elle indique qu’elle habite sur un terrain de l’État. « Nou pa ti ena swa parey kouma boukou habitan, nou finn aranz enn lakaz laba. Mo travay pur pay ban det ek couver ban depens du kotidien. Mo bizin okip mo garson. Mo tifi ed mwa boukou, selma mo pa kapav abize. Ena mo garson. Mo bizin guet manze ».

Elles accomplissent leur mission avec sourire.
Elles accomplissent leur mission avec sourire.

Forte et courageuse

Elle a décroché son travail grâce à un éboueur qui a lui a proposé de se joindre à lui. Un soulagement pour elle. « Tou zafer inn vinn ser. Nou bizin debat par nou mem. Nou pa kapav bes lebra », ajoute Santa, connue dans la région comme étant une femme forte et courageuse. Quant aux personnes qui la critiquent à cause de son métier, elle préfère s’attarder uniquement sur ce qu’il y a de positif dans sa vie. « Parfois, les gens nous arrêtent dans la rue pour nous proposer quelques biscuits, un verre de jus, du thé et même quelques provisions. Cela nous touche beaucoup, car ce sont des gestes qui comptent et qui font une grande différence pour nous. La dernière fois, une dame nous a offert du poulet, des oeufs et des nouilles, surtout que nous n’avons pas reçu de colis alimentaire jusqu’à l’heure. Ce jour-là, j’ai préparé un bon repas et on s’est régalé », dit Santa qui a pour motto : « Si lame lipie ankor bon e kapav travay bizin travay parski pa kapav net zis atann ki dimounn donn nou ».

Avant de quitter la maison pour aller travailler, les deux sœurs s’occupent de leur maison respective. « Bizin kwi, fer louvraz, donn zanfan so manze, apre nou sorti pou al travay. Nou nettoy bordir simin et kan mank dimoun bannla dir nou vinn lor kamion pou tir bann poubel devan laport dimoun. Nou pa refize. Seki dir nou fer, nou fer. Nou la pou travay », disent les deux femmes, le sourire aux lèvres.

Comme elles, de nombreux retraités, de nos jours,  continuent à travailler. Ils ne le font ni par plaisir ni pour retrouver une vie sociale, mais par nécessité.

 

 

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